Le président américain Donald Trump affirme qu’il travaille sur une «entente colossale» pour acheter de la potasse du Belarus.
«Le prix serait nettement inférieur à ce qu’on paie actuellement au Canada, ce qui est une très bonne nouvelle pour nos agriculteurs et nos éleveurs», a-t-il écrit lundi sur Truth Social.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
Le Canada est le premier exportateur de potasse, avec environ 22,9 millions de tonnes expédiées en 2024, ce qui représente plus de 39 % des exportations mondiales selon le gouvernement du Canada.
La principale destination des exportations canadiennes de potasse, c’est les États-Unis. Les États-Unis importent près de 85 % de leur potasse du Canada.
Le Belarus se classe au troisième rang pour la production de potasse, derrière la Russie et le Canada.
Selon des reportages publiés lundi par les médias biélorusses, le président Alexandre Loukachenko a déclaré que même s’il y avait une volonté de pénétrer les marchés occidentaux, il ne restait plus rien à fournir.
D’après un reportage de Reuters, la potasse bélarussienne reste soumise aux sanctions de l’UE, et ce pays sans accès à la mer n’a plus le droit d’exporter via le port lituanien de Klaipėda depuis février 2022.
La potasse, un levier dans la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada
En juin, Trump a dit aux journalistes que les États-Unis n’avaient besoin de rien venant du Canada. Par contre, l’ambassadeur américain Pete Hoekstra a déclaré que les États-Unis ont besoin d’une «quantité énorme de choses», y compris la potasse canadienne, car il n’y a «pas beaucoup d’autres endroits où tu peux t’en procurer».
Les premiers ministres provinciaux du Canada sont divisés sur la question de savoir s’il faut utiliser ce minéral essentiel comme levier contre les États-Unis dans le contexte des tensions liées à la guerre commerciale.
Alors que le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déjà insisté pour riposter aux tarifs douaniers de Trump en limitant l’accès des États-Unis à l’électricité, au pétrole et à d’autres minéraux, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, et le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, ont dit craindre les conséquences à long terme pour ces industries.
Les dix mines de potasse en activité au Canada sont situées en Saskatchewan. La province fournit aux États-Unis plus de 86 % de leur approvisionnement en potasse provenant du Canada.
Moe a déclaré que la province n’appuierait aucune forme de taxe à l’exportation ni de restriction de l’approvisionnement destiné aux États-Unis, car perdre son plus gros client entraînerait des pertes d’emplois, des hausses de prix et un coup dur pour l’économie locale.
«Les États-Unis d’Amérique se tourneraient très certainement vers d’autres pays du monde pour s’approvisionner en potasse. On perdrait, dans une certaine mesure, un client de longue date», a dit M. Moe.
Mme Smith a aussi abondé dans le sens de M. Moe en juillet, quand elle a dit aux journalistes que l’utilisation du pétrole et de la potasse comme mesures de rétorsion «n’arrivera pas».
La potasse canadienne est restée exemptée des droits de douane de Trump malgré la guerre commerciale en cours. Par contre, le fait que les États-Unis se tournent vers le Belarus pour s’approvisionner en potasse marque la dernière escalade en date.
Cette décision fait suite à l’annonce par le premier ministre Mark Carney de son «ambition» de devenir le premier membre associé de l’Union européenne, ce à quoi Trump a répondu qu’il riposterait s’il considérait cela comme un «acte hostile».
Sanctions contre le Belarus
Les États-Unis, le Canada et l’Union européenne ont tous imposé des sanctions contre le Belarus pour sa répression des droits de la personne et pour avoir permis à la Russie d’utiliser son territoire dans le cadre de son invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022.
Par contre, en décembre 2025, les États-Unis ont accepté de lever les sanctions sur la potasse biélorusse, après que Lukashenko a libéré 123 prisonniers avec l’aide de l’envoyé de Trump.
Avec des informations de La Presse canadienne

