Économie

Selon un ancien gouverneur de la Banque du Canada, le risque que le pays entre en récession est de 30 %

Stephen Poloz — qui est désormais conseiller spécial chez Osler, Hoskins et Harcourt — a affirmé que la croissance au Canada n’était que d’environ 1 % et que l’économie était encore en train de «digérer» le régime tarifaire du président américain Donald Trump.

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Une loupe agrandit l'image holographique de la Tour de la Paix de la colline du Parlement figurant sur un billet de 20 $, exposé dans une vitrine du Musée de la Banque du Canada à Ottawa, le mercredi 4 septembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang... Une loupe agrandit l'image holographique de la Tour de la Paix de la colline du Parlement figurant sur un billet de 20 $, exposé dans une vitrine du Musée de la Banque du Canada à Ottawa, le mercredi 4 septembre 2024. (Justin Tang/La Presse Canadienne)

Un ancien gouverneur de la Banque du Canada estime que le Canada a environ 30 % de chances d’entrer en récession, dans un contexte de pressions économiques mondiales croissantes.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

La guerre qui fait rage au Moyen-Orient — avec les blocages dans le détroit d’Ormuz et les dégâts causés aux installations de production — pèse lourdement sur l’économie mondiale, faisant flamber les prix des carburants et faisant planer la menace d’une crise énergétique mondiale.

Le Fonds monétaire international a quant à lui lancé cette semaine un avertissement sévère, indiquant que l’économie mondiale pourrait frôler la récession si le conflit au Moyen-Orient persistait, précisant dans ses dernières perspectives économiques mondiales que « les risques de ralentissement sont considérables ».

Stephen Poloz — qui est désormais conseiller spécial chez Osler, Hoskins et Harcourt — a affirmé que la croissance au Canada n’était que d’environ 1 % et que l’économie était encore en train de «digérer» le régime tarifaire du président américain Donald Trump.

«Il ne s’agit pas d’éviter tout cela d’une manière ou d’une autre», a indiqué M. Poloz à Vassy Kapelos, animatrice de l’émission CTV Question Period, lors d’une entrevue diffusée dimanche. «Et en plus de cela, nous avons ce choc pétrolier.»

«Pouvons-nous mettre en place des mesures compensatoires? Par exemple, le gouvernement pourrait modifier la structure fiscale sur l’essence. C’est une mesure d’atténuation, une sorte de compensation à court terme», a-t-il ajouté.

«Mais en réalité, pour les droits de douane de Trump, ce dont nous avons besoin, c’est de trouver des substituts, plutôt que des compensations.»

—   Stephen Poloz, ancien gouverneur de la Banque du Canada

Il a cité l’expansion du secteur des énergies conventionnelles et le renforcement de l’industrie de défense nationale comme exemples de mesures compensatoires potentiellement efficaces.

Dans ses perspectives, le FMI présente ses scénarios économiques de base, défavorable et grave. M. Poloz a déclaré que même si l’économie mondiale semble actuellement s’orienter vers un scénario défavorable, il est possible qu’elle revienne finalement au scénario de base si le conflit au Moyen-Orient s’apaise rapidement.

«Le Canada pourrait s’en sortir un peu mieux que d’autres, car nous sommes un grand producteur et exportateur net de pétrole», a ajouté M. Poloz. «Cela ne signifie pas que nous pouvons soudainement nous en sortir sans connaître de récession comme tout le monde, mais cela signifie que les flux de recettes provenant du pétrole atténuent l’impact.»

«Mais au Canada», a-t-il ajouté, «nous serions dans une situation où nous aurions la tête dans le four et les pieds dans le congélateur, avec de très grandes divergences entre les secteurs, les ménages et les entreprises, les régions, etc.»

Les libéraux, quant à eux, ont mis en avant d’autres données récentes du FMI, prévoyant que le Canada sera la deuxième économie à la croissance la plus rapide du G7 d’ici l’année prochaine. S’adressant aux journalistes sur la Colline du Parlement cette semaine, le ministre des Finances François-Philippe Champagne a estimé qu’il y avait là une raison de « se réjouir un peu ».

Dans une entrevue accordée cette semaine à l’émission Question Period de CTV, le secrétaire d’État (ARC et institutions financières) Wayne Long a également cité ces données et soutenu que le gouvernement se concentrait sur la croissance économique. Il a laissé ouverte la possibilité d’autres mesures pour améliorer l’accessibilité financière, lorsque Mme Kapelos lui a demandé si le gouvernement fédéral était prêt à en faire davantage pour aider les Canadiens.