Économie

L’économie s’est contractée au quatrième trimestre, selon Statistique Canada

Selon un sondage Reuters auprès d’économistes, le PIB réel devrait être resté stable.

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Du bois d’œuvre est empilé dans une scierie en Montérégie, le mercredi 22 octobre 2025. Du bois d’œuvre est empilé dans une scierie en Montérégie, le mercredi 22 octobre 2025. (Christinne Muschi)

Statistique Canada indique que l’économie canadienne a clôturé une année volatile par une contraction au dernier trimestre de 2025.

L’agence précise vendredi que le produit intérieur brut (PIB) réel a reculé de 0,6 % en rythme annualisé au quatrième trimestre, ce qui est inférieur aux prévisions de la Banque du Canada et de la plupart des économistes, qui tablaient sur une croissance stable. Le PIB par habitant est resté inchangé au quatrième trimestre.

La principale raison de cette contraction est la réduction des stocks des entreprises, c’est-à-dire la vente de biens ou de matières premières non reproduits au cours du trimestre.

Doug Porter, économiste en chef de BMO, indique vendredi dans une note à ses clients qu’en dehors de la baisse des stocks, les détails des chiffres du PIB du quatrième trimestre sont meilleurs que ne le suggère le titre.

La hausse des dépenses des ménages et l’augmentation des investissements des administrations publiques, en particulier dans les systèmes d’armes, ont également stimulé l’économie au quatrième trimestre. Les investissements des entreprises ont quant à eux diminué en raison de la faiblesse de l’activité résidentielle.

L’économie a oscillé entre gains et pertes chaque trimestre de l’année dernière, les changements brutaux des exportations liés aux droits de douane américains ayant entraîné une volatilité des données du PIB.

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La contraction du dernier trimestre fait suite à une croissance du PIB réel de 2,4 % au troisième trimestre, que Statistique Canada a légèrement révisée à la baisse par rapport aux estimations initiales.

L’économie s’est également contractée au deuxième trimestre, lorsque les droits de douane ont pleinement pris effet, mais Statistique Canada a révisé cette baisse à 0,9 %, contre une estimation précédente de 1,8 %.

L’agence indique que le PIB réel a augmenté de 1,7 % en 2025 dans l’ensemble, soit un ralentissement par rapport à la croissance de 2 % enregistrée au cours des deux années précédentes, ce qui représente le rythme de croissance annuelle le plus lent depuis 2016, hors pandémie de COVID-19.

«La baisse des exportations, notamment celles vers les États-Unis, a été le principal facteur à l’origine du ralentissement de la croissance du PIB en 2025», précise Statistique Canada dans son rapport.

Les exportations ont grimpé pendant plusieurs trimestres consécutifs jusqu’à la fin de 2025, mais les expéditions vers les États-Unis ne se sont pas complètement rétablies après la forte baisse enregistrée au deuxième trimestre.

Rebond du manufacturier en décembre

Selon Statistique Canada, le PIB réel a augmenté de 0,2 % en décembre, le secteur de la fabrication ayant rebondi pour compenser en partie deux mois consécutifs de baisse. Le commerce de gros a également progressé pour la première fois en trois mois, tandis que le secteur de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière, et de l’extraction de pétrole et de gaz a connu un ralentissement d’activité.

Les estimations préliminaires de l’agence suggèrent que le PIB réel est resté stable en janvier. Les premières données indiquent que la dynamique dans le secteur manufacturier a été de courte durée et que l’industrie s’est contractée en début d’année.

Michael Davenport, économiste principal pour le Canada chez Oxford Economics, détaille dans une note que les données publiées vendredi montrent que l’économie a commencé l’année 2026 sur des «bases fragiles». Il s’attend à ce que l’économie évite la récession grâce à une croissance modeste au premier trimestre.

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«Néanmoins, la dynamique économique restera faible à court terme, en raison des droits de douane américains, de l’incertitude élevée en matière de politique commerciale et du déclin démographique. Cela maintiendra les risques de récession à un niveau élevé», affirme M. Davenport.

La Banque du Canada a indiqué dans ses prévisions actualisées le mois dernier qu’elle s’attendait à un rebond de la croissance à 1,8 % en rythme annualisé au premier trimestre de l’année. La banque centrale a maintenu son taux directeur inchangé à 2,25 % en janvier.

M. Porter souligne que ces projections «pourraient être exagérées» compte tenu du poids de l’incertitude persistante liée aux droits de douane américains sur l’économie.

«Tant que cette incertitude persistera, l’économie continuera probablement à connaître des difficultés», ajoute-t-il.

Selon M. Porter, les prévisions de croissance modérée pour 2026 maintiennent la possibilité de nouvelles baisses des taux d’intérêt par la Banque du Canada, «mais nous n’en sommes pas encore là».

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste