Les Canadiens qui prévoient une escapade cet automne pourraient trouver des vols moins chers, car les compagnies aériennes se disputent les passagers après la saison estivale très chargée, même si elles abordent l’automne dans une situation vraiment difficile à cause du coût du kérosène.
Les experts du secteur aérien s’attendent à ce que cette concurrence accrue débouche sur une guerre des prix cet automne, car la demande ralentit généralement une fois que les Canadiens reprennent le travail et la rentrée scolaire.
Mais la baisse des tarifs pourrait aggraver les problèmes auxquels sont confrontées les compagnies aériennes canadiennes, qui doivent déjà faire face à une forte hausse du coût du kérosène.
«C’est vraiment une période très difficile pour l’ensemble du secteur aérien», a déclaré Lorn Sheehan, expert en gestion du tourisme à l’université de Dalhousie. «Et ce secteur a dû s’adapter encore et encore face à ces chocs mondiaux.»
Air Transat exposée
Les petites compagnies aériennes sont les plus touchées
Les prix du kérosène ont doublé depuis février, lorsque les États-Unis sont entrés en guerre contre l’Iran, ce qui a accru la pression sur les compagnies aériennes.
Cette pression est particulièrement forte pour les transporteurs de loisirs comme Air Transat, qui sont plus exposés aux fluctuations des prix du kérosène et comptent moins de voyageurs d’affaires à forte marge pour aider à compenser la hausse des coûts. Transat a annoncé une perte de 106,6 millions de dollars pour le trimestre clos le 31 juillet.
Transat A.T. Inc., la société mère d’Air Transat, a annoncé jeudi avoir obtenu un financement fédéral supplémentaire de 250 millions de dollars pour aider à compenser la flambée des coûts énergétiques. Ça fait suite à un prêt fédéral de 150 millions de dollars annoncé en juillet.
Porter Airlines a aussi reçu une aide du gouvernement, sous la forme d’un prêt de sauvetage fédéral de 125 millions de dollars, selon la Société de financement d’urgence des entreprises canadiennes.
Les experts estiment que la plupart des compagnies aériennes ont amorti le choc de la flambée des coûts du carburant en augmentant leurs tarifs et qu’elles pourraient s’en sortir pendant la saison estivale, les Canadiens étant enclins à prendre l’avion.
«On est maintenant dans une situation où tout le monde est de retour au boulot, de retour à l’école», explique John Gradek, maître de conférences au programme de gestion aéronautique de l’Université McGill.
«Maintenant, c’est le marasme.»
— John Gradek, maître de conférences au programme de gestion aéronautique de l’Université McGill
M. Gradek s’attend à ce que les compagnies aériennes n’aient d’autre choix que de baisser leurs tarifs pour attirer les passagers, même si les coûts du carburant grèvent lourdement leurs bénéfices. «Il y aura des guerres de prix au Canada, ce qui signifie que les recettes vont baisser, et ce n’est pas ce dont tu as besoin quand tu es confronté à une facture de carburant qui ne cesse de grimper», a-t-il déclaré.
Les prix des vols sont particulièrement cruciaux pour les transporteurs, a expliqué M. Sheehan, en raison de la fidélité à la marque – ou de son absence – lorsque les Canadiens recherchent des vols pas chers. «En général, les clients n’hésitent pas à changer de compagnie aérienne si le prix est moins cher», a-t-il déclaré.
M. Gradek a indiqué qu’il observait déjà ce qu’il qualifie de tarifs «alléchants» pour les voyages d’automne.
C’est une bonne nouvelle pour les voyageurs, mais potentiellement une mauvaise nouvelle pour les compagnies aériennes. Selon les experts, les petits transporteurs, en particulier, pourraient se retrouver en grande difficulté. «Cela pourrait conduire certains transporteurs à ne pas survivre à l’automne et à l’hiver», dit M. Gradek.

