Économie

L’inflation en août devrait se maintenir à 3 % avec la baisse du prix du pétrole

«Nous constatons toujours que la pression inflationniste provient exclusivement des prix de l’essence et de l’énergie.»

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Une loupe agrandit l’image holographique de la Tour de la Paix de la colline du Parlement figurant sur un billet de 20 $ exposé dans une vitrine du Musée de la Banque du Canada à Ottawa, le mercredi 4 septembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang Une loupe agrandit l’image holographique de la Tour de la Paix de la colline du Parlement figurant sur un billet de 20 $ exposé dans une vitrine du Musée de la Banque du Canada à Ottawa, le mercredi 4 septembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE (Justin Tang)

Les économistes s’attendent à ce que l’inflation soit restée stable en août, les prix de l’essence ayant baissé par rapport au début de l’été, mais la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis devrait exercer une certaine pression sur le pouvoir d’achat des consommateurs à l’avenir.

Statistique Canada doit publier lundi son indice des prix à la consommation pour le mois d’août.

Selon un sondage Reuters mené auprès d’économistes et relayé par LSEG Data & Analytics, l’inflation devrait s’être maintenue à 3 % le mois dernier.

«Nous nous attendons à ce que le chiffre global ne dépasse pas 3 %», affirme Tu Nguyen, économiste chez RSM Canada.

«Nous constatons toujours que la pression inflationniste provient exclusivement des prix de l’essence et de l’énergie. Le reste de l’économie est plutôt stable.»

La volatilité des prix de l’essence tout au long du printemps et de l’été a été alimentée par la guerre en Iran. Les hostilités entre ce pays et les États-Unis ont été «moins intenses» en août, indique Mme Nguyen, mais ces derniers jours, les cours du brut ont oscillé autour de 100 $ US le baril.

«Cette période de relative accalmie est donc terminée», ajoute-t-elle.

«Plus cette situation perdure, plus elle se répercute sur l’ensemble de l’économie, car tout ce que nous achetons doit passer par un réseau de transport. Si les prix de l’essence sont plus élevés, si les prix de l’électricité sont élevés, alors tout devient plus cher.»

Le prix de l’essence demeure élevé

Malgré un léger soulagement à la pompe en août par rapport au mois précédent, les prix de l’essence restaient en hausse de 23 % par rapport à l’année dernière, indiquent les économistes de la Banque Royale Nathan Janzen et Abbey Xu dans une note.

Au début du mois, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur inchangé à 2,25 %, marquant ainsi la septième décision consécutive de statu quo. La banque centrale surveille si les pressions sur les coûts liées à la guerre en Iran pourraient susciter de nouvelles inquiétudes inflationnistes chez les consommateurs.

Mais l’économie évoluant globalement conformément aux prévisions de la banque, le Conseil de direction a choisi de maintenir le taux directeur inchangé, avait alors précisé le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem.

«La Banque du Canada a de nouveau averti en septembre que des répercussions importantes de la hausse des prix de l’énergie sur l’inflation générale pourraient pousser les décideurs à relever les taux d’intérêt», écrivent M. Janzen et Mme Xu.

«Mais à ce jour, les preuves concrètes de cette répercussion sont restées limitées au-delà de l’impact direct sur les prix de l’essence et des produits à forte intensité énergétique, comme les billets d’avion. Les indicateurs de l’étendue de l’inflation sont restés stables, ce qui suggère que les pressions sur les prix restent concentrées dans un ensemble relativement restreint de catégories.»

La Banque Royale prévoit que la banque centrale maintiendra son taux directeur inchangé jusqu’à la fin de l’année, des hausses progressives étant susceptibles d’intervenir en 2027.

«Mais l’évolution future dépendra essentiellement du maintien de l’inflation sous-jacente près de son objectif et de la poursuite de la reprise générale. Le risque de hausses anticipées s’est accru», disent M. Janzen et Mme Xu.

Risques liés aux droits de douane

Les prix pourraient également subir des pressions à la hausse dans les mois à venir en raison de l’escalade du conflit commercial. Des droits de douane américains ont frappé toute une série de produits canadiens le 22 août, ce qui a incité le Canada à imposer des droits de douane de rétorsion sur les produits américains, entrés en vigueur le 8 septembre.

La hausse des prix à la consommation pourrait se refléter dans les données de septembre, mais Mme Nguyen précise toutefois que ces droits de rétorsion «n’auront pas d’impact considérable sur l’inflation globale».

«Pour bon nombre de ces produits, il existe des substituts; les ménages canadiens peuvent donc choisir d’acheter un produit canadien ou un produit importé d’Europe ou d’Asie, mais qui ne provient pas des États-Unis», explique-t-elle.

«Un droit de douane de 50 % va tout simplement se traduire par le fait que personne n’achètera ce produit en particulier.»

Sammy Hudes

Sammy Hudes

Journaliste