Économie

Le phénomène «Tanguy» loin de s’essouffler à Montréal

Les milléniaux sont deux fois plus nombreux à habiter chez leurs parents que les baby-boomers, selon une nouvelle étude de Statistique Canada.

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Montreal, typical victorian house with exterior staircase (Envato Element)

Si les «Tanguy» étaient plutôt marginaux dans les années 90, leur nombre ne fait qu’augmenter au fil des années. Les milléniaux sont deux fois plus nombreux à habiter chez leurs parents que les baby-boomers, selon une nouvelle étude de Statistique Canada publiée mercredi.

En 2021, la proportion de millénariaux âgés de 25 à 39 ans vivant dans une famille avec au moins un parent était de 16,3% au Canada, soit près de deux fois supérieure à celle des baby-boomers en 1991 (8,2 %).

«L’accessibilité au logement est une préoccupation pour une grande partie de la jeunesse canadienne», indique-t-on dans l’étude «Les millénariaux sur le marché canadien du logement: une comparaison intergénérationnelle».

«Le taux d’accession à la propriété est en baisse depuis 2011, tandis que le marché locatif présente des défis financiers pour les jeunes locataires depuis quelques années.»

—  Extrait de l'étude de Statistique Canada sur les millénariaux sur le marché canadien du logement

Un récent rapport de la firme McKinsey commandé par Centraide du Grand Montréal dévoilait d’ailleurs que l’accès au logement à Montréal demeure relativement plus abordable par rapport aux autres métropoles, mais la situation se détériore plus vite qu’ailleurs.

«Si on prend la photo, ce n’est pas si mal, mais si on se projette, ça ne s’en va pas dans la bonne direction», avait d’ailleurs prévenu la directrice générale du bureau de Montréal de McKinsey, Laurie Lanoue

Tanguy : les chiffres

Si en 2021 la proportion de millénariaux vivant avec leurs parents était la plus élevée à Toronto (26,1 %) et à Vancouver (19,3 %), les deux marchés de l’habitation les plus chers, Montréal n’est pas en reste.

En 1991, ce sont 9,1% des jeunes alors âgés de 25 à 39 ans qui vivaient dans une famille de recensement avec leurs parents dans la métropole. Ce taux grimpe à 11,7% pour 2006 et à 14,8% en 2021.

Situation des particuliers dans le ménage et la famille pour les personnes âgées de 25 à 39 ans dans huit grandes régions métropolitaines de recensement, 1991, 2006 et 2021. Statistique Canada, mai 2026
Statistique Canada - Tanguy Situation des particuliers dans le ménage et la famille pour les personnes âgées de 25 à 39 ans dans huit grandes régions métropolitaines de recensement, 1991, 2006 et 2021. Statistique Canada, mai 2026 (Statistique Canada)

De façon plus précise, ce sont les jeunes de 25 à 29 ans qui semblent demeurer chez leurs parents à plus fort pourcentage alors que le taux était de 17,1% en 1991, 22,1% en 2006 et 29,% en 2021.

Si l’on compare seulement la dernière année, le pourcentage de personnes âgées de 30 à 34 ans vivant toujours chez leurs parents était de 11% en 2021 à Montréal et il était de 5,4% pour les personnes âgées de 35 à 39 ans pour la même année.

Plus qu’une question de coût

Selon l’étude de Statistique Canada, le recul de la constitution d’une famille observé au fil des générations, en particulier chez les millénariaux, est un facteur important à considérer dans la lecture des données.

«Les jeunes adultes qui sont des parents vivant au sein d’une famille comptant des enfants sont plus susceptibles d’être propriétaires que ceux faisant partie de tout autre type de ménage», a-t-on expliqué.

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Statistique Canada ajoute que si la hausse du coût du logement est largement en cause dans le phénomène «Tanguy» - surnom donné aux gens qui tardent à quitter le nid familial, et ce, en référence au film français du même nom - les changements démographiques jouent aussi un rôle.

«On a observé des différences persistantes entre les divers groupes ethniques en ce qui concerne le fait de vivre avec ses parents au début de l’âge adulte, lesquelles sont en partie liées à des tendances culturelles différentes. En 2021, 22,1 % des millénariaux racisés vivaient avec leurs parents, comparativement à 13,7 % des millénariaux non racisés et non autochtones», peut-on lire dans le rapport.

Notons que les ventes de propriétés dans la région de Montréal ont reculé de 7% d’une année à l’autre en avril, les acheteurs continuant de faire preuve d’une «certaine prudence».

L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) indiquait dans son plus récent bilan que 4744 propriétés résidentielles ont changé de mains au cours du mois dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, contre 5102 en avril 2025.

Les prix des logements ont augmenté dans toutes les catégories au cours du mois d’avril, avec en tête une hausse de 3,7 % du prix médian d’un plex, qui s’établit à 865 000$.

Le prix médian d’une maison unifamiliale a augmenté de 3,2% d’une année à l’autre pour atteindre 645 000$ en avril, tandis que le prix médian d’un appartement en copropriété a légèrement progressé de 0,2% pour s’établir à 425 000$.