L’accès au logement à Montréal demeure relativement plus abordable par rapport aux autres métropoles, mais la situation se détériore plus vite qu’ailleurs, selon un rapport de la firme McKinsey commandé par Centraide du Grand Montréal.
«Si on prend la photo, ce n’est pas si mal, mais si on se projette, ça ne s’en va pas dans la bonne direction», prévient la directrice générale du bureau de Montréal de McKinsey, Laurie Lanoue, en présentant les grandes conclusions de l’étude dans le cadre du Forum stratégique sur les grands projets de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Comparée à une dizaine de villes nord-américaines et européennes, la métropole québécoise demeure l’une des plus abordables et sécuritaires.
La progression des coûts des loyers est toutefois plus forte qu’ailleurs et le taux d’inoccupation, soit les logements disponibles, est beaucoup plus faible, peut-on lire dans le rapport réalisé de manière pro bono.
Le loyer moyen a bondi de 35 % dans la région métropolitaine entre 2018 et 2023. Dans la ville de Montréal, la hausse est de 30 %.
La détérioration est relativement similaire dans les autres grandes métropoles canadiennes, comme Toronto et Vancouver, mais la progression est plus rapide qu’à New York, à 21 %, par exemple.
Près de 17 % des ménages montréalais n’ont d’ailleurs pas suffisamment d’argent pour vivre dignement une fois qu’ils ont payé leur loyer.
Il faudrait mettre les bouchées doubles en logement social, tandis que Montréal est en queue de peloton à cet égard, plaide la présidente et directrice générale de Centraide, Tasha Lackman, en entrevue en marge de la présentation.
«C’est vraiment le moment de passer à l’action pour que la situation ne continue pas à se détériorer», insiste-t-elle.
La part du logement subventionné reste modeste à Montréal, soit 6,7 % en 2023. La grande région métropolitaine est au bas de l’échantillon, à 4,8 %.
En comparaison, cette proportion est de 16,3 % à Boston et de 8,2 % à Vancouver. Reconnue pour son modèle de déploiement du logement social à grande échelle, la ville de Vienne, en Autriche, trône au sommet de la liste à 27,5 %.
Le développement de projets en logement social prend trop de temps, selon les conclusions du rapport.
Au rythme où les projets se concrétisent, il faudrait 250 ans pour offrir un logement subventionné aux quelque 310 000 ménages montréalais qui n’ont pas suffisamment de revenus pour combler leurs besoins essentiels.
«Il y a un manque de logements, souligne Mme Lackman. Il faut construire.»

