Économie

Le patron de Metro anticipe une inflation supérieure à la moyenne

«Les consommateurs sont sous pression.»

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L’inflation alimentaire risque d’être supérieure à la moyenne, mais elle n’atteindra pas les sommets observés durant la pandémie, prévient le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche. Photo prise à Verdun le lundi 19 janvier 2026. L’inflation alimentaire risque d’être supérieure à la moyenne, mais elle n’atteindra pas les sommets observés durant la pandémie, prévient le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche. Photo prise à Verdun le lundi 19 janvier 2026. (Christinne Muschi/La Presse canadienne)

L’inflation alimentaire risque d’être supérieure à la moyenne, mais elle n’atteindra pas les sommets observés durant la pandémie, prévient le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche.

«On n’est pas dans les folies de la COVID», répond le dirigeant en conférence de presse, mardi, en marge de l’assemblée annuelle de la société montréalaise derrière les marques Metro, Super C et Jean Coutu.

Sans vouloir donner de chiffres précis, M. La Flèche indique qu’en temps normal, les augmentations de prix avoisinent les 2 % à 3 % en moyenne. «On va être un petit peu en haut de ça cette année.»

Beaucoup de facteurs jouent un rôle dans l’inflation, a expliqué l’homme d’affaires. Il cite le prix des denrées, les frais de transport, le prix du carburant et la variation des devises. «Ce sont des facteurs hors de notre contrôle.»

Le bœuf, le cacao et le café sont des denrées où l’inflation a été plus intense, donne en exemple M. La Flèche.

Il assure que Metro tente de limiter le plus possible les hausses de prix dans les négociations qu’il mène avec ses fournisseurs, mais que ceux-ci doivent également composer avec des augmentations de coûts.

«Les consommateurs sont sous pression, répond-il. Il faut que les prix augmentent le moins vite possible.»

Une concurrence plus forte

À mainte reprise par le passé, M. La Flèche a défendu que l’industrie canadienne de l’épicerie était concurrentielle, en réponse aux critiques qui estiment que le manque de concurrence est responsable de l’inflation alimentaire.

«Nous devons attirer les clients en magasin», insiste-t-il mardi.

Les résultats financiers du premier trimestre, dévoilés le même jour, laisseraient entrevoir une hausse de la concurrence, selon certains analystes. «Les marges et les ventes comparables sont moins vigoureuses, malgré une accélération de l’inflation», estime l’analyste John Zamparo, de Banque Scotia.

En évoquant un «contexte économique difficile», la direction vient renforcer «les craintes des investisseurs sur une intensification de la concurrence, tandis que le nombre de magasins augmente», croit M. Zamparo.

L’analyste Michael Van Aelst, de TD Valeurs mobilières, croit que Metro a été plus combatif avec ses promotions après avoir perdu des parts de marché aux mains de Loblaw à la même période l’an dernier.

«Ce n’était pas nécessaire, selon nous, car Loblaw n’a pas répété (son offensive promotionnelle avec la même vigueur)», avance M. Van Aelst.

Des résultats inférieurs aux attentes

Metro a d’ailleurs dévoilé des résultats inférieurs aux attentes des investisseurs, tandis que son bénéfice net a reculé de 12,8 %.

Outre le contexte concurrentiel, la panne de son centre de distribution à Toronto a eu des coûts plus élevés que prévu au cours du premier trimestre clos le 20 décembre.

La société montréalaise a indiqué que l’incident a coûté 20,8 millions $ au cours du trimestre. C’est au sommet de la fourchette de 15 millions $ à 20 millions $ qu’avait donnée la direction, souligne l’analyste Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, dans une note.

M. La Flèche a déclaré que Metro avait augmenté son bénéfice par action et ses revenus, malgré la fermeture temporaire de son centre de Toronto et la persistance de l’inflation alimentaire, lors de son discours d’introduction au cours de l’assemblée annuelle.

M. Van Aelst croit que les résultats décevants sont liés à des éléments temporaires. «Nous ne pensons pas que les chiffres sont aussi mauvais que ce que les chiffres laissent entendre», réagit l’analyste de Valeurs mobilières TD.

La société montréalaise a dévoilé un bénéfice de 226,3 millions $ par rapport à 259,5 millions $ à la même période l’an dernier.

Le bénéfice ajusté par action s’établit à 1,16 $, par rapport à 1,10 $ à la même période l’an dernier. Les revenus, pour leur part, ont augmenté de 3,3 % à 5,3 milliards $.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice ajusté par action de 1,20 $ et des revenus de 5,3 milliards $, selon la firme de données financières LSEG.

Le chiffre d’affaires des magasins d’alimentation comparables a augmenté de 1,6 % d’une année à l’autre, ou de 1,9 % en tenant compte du fait que le 21 décembre n’était pas inclus dans le trimestre cette année. Celui des pharmacies comparables a progressé de 3,9 %.

L’action de Metro perdait 6,42 $, ou 6,53 %, à 91,90 $ à la Bourse de Toronto en après-midi.

Entreprise dans cette dépêche: (TSX: MRU)

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste