Cette année a été riche en événements, et il est facile d’avoir manqué des nouveautés en matière de finances personnelles, même si elles pourraient se traduire par un gain financier.
Pour vous aider à rester informé, voici un aperçu des principaux changements qui se sont déroulés en 2025.
Taux d’intérêt et inflation
La croissance des prix s’est stabilisée cette année, permettant à la Banque du Canada de réduire son taux directeur d’un point de pourcentage en 2025, à 2,25 %. Cependant, la hausse des prix étant déjà intégrée, un nombre croissant de consommateurs ont eu des difficultés à rembourser leurs dettes.
L’inflation annuelle est restée stable à 2,2 % en novembre, selon les dernières données disponibles, même si des pressions persistent dans certains secteurs clés.
«Les coûts essentiels demeurent élevés, les prix des produits d’épicerie ayant augmenté de 3,4 % sur un an, et le coût des aliments continue de dépasser le taux d’inflation général», a indiqué Natasha Macmillan, directrice principale des services bancaires courants chez Ratehub.ca.
«Avec la hausse des droits de douane et des coûts de la chaîne d’approvisionnement, les dépenses quotidiennes demeurent un défi pour de nombreux ménages», a-t-elle ajouté.
La hausse des coûts a également entraîné une augmentation du nombre de Canadiens en retard de paiement. Equifax Canada a indiqué que le taux de défaut de paiement, hors prêts hypothécaires, a atteint 1,63 % au troisième trimestre, soit une augmentation de 14 % par rapport à l’année précédente.
La dette moyenne, hors prêts hypothécaires, a augmenté de 511 $ par rapport à l’année précédente pour s’établir à 22 321 $.
Impôts
Le gouvernement fédéral a accordé une réduction de 1 % de l’impôt sur le revenu cette année, ramenant le taux marginal le plus bas à 14 %. Puisque cette réduction est entrée en vigueur en milieu d’année, le taux effectif sera de 14,5 % cette année. La réduction complète entrera en vigueur en 2026.
Cela représente des économies d’environ 206 $ cette année et une réduction d’impôt de 420 $ l’an prochain, soit des économies potentielles de 840 $ pour un ménage à deux revenus.
«Pour de nombreux ménages à revenu moyen, cette modification pourrait se traduire par un allègement fiscal appréciable», a expliqué Mme Macmillan.
Le premier ministre Mark Carney a également annulé la hausse du taux d’inclusion des gains en capital proposée par son prédécesseur. Cette hausse aurait rendu les deux tiers des gains en capital imposables, mais le taux demeure plutôt à la moitié.
Les partisans de la mesure avaient souligné que le taux d’inclusion n’aurait été modifié que pour les personnes ayant réalisé des gains en capital de 250 000 $ ou plus et qu’il aurait touché environ 0,13 % des Canadiens. M. Carney a toutefois affirmé que l’arrêt de cette hausse devrait stimuler l’investissement et inciter les entrepreneurs à prendre des risques.
Pour les acheteurs d’une maison, le remboursement de la TPS sur les nouvelles habitations jusqu’à 1 million $ est entré en vigueur en mai. Le gouvernement a indiqué que ce remboursement, offert aux premiers acheteurs, leur permettrait d’économiser jusqu’à 50 000 $. Les maisons vendues entre 1 million et 1,5 million $ bénéficient d’un remboursement partiel.
Dès son entrée en fonction comme premier ministre, M. Carney a aboli la taxe carbone pour les consommateurs le 1er avril, la jugeant trop clivante.
Services bancaires
Un programme élargi de comptes bancaires à faible coût ou sans frais est entré en vigueur début décembre.
Les Canadiens peuvent désormais ouvrir un compte bancaire pour un maximum de 4 $ par mois auprès de 14 institutions financières, ce tarif incluant 50 % de transactions par débit supplémentaires.
Les comptes sans frais doivent être accessibles aux étudiants, aux Canadiens de 18 ans et moins, aux bénéficiaires d’un régime enregistré d’épargne-invalidité et aux aînés recevant le Supplément de revenu garanti. D’autres groupes pourraient également y être admissibles. Les nouveaux arrivants peuvent ouvrir un compte gratuit la première année.
Le gouvernement a également lancé des consultations sur le relèvement de la garantie des dépôts à 150 000 $, contre 100 000 $ auparavant, mais la mesure n’a pas encore été officiellement mise en œuvre.
Intelligence artificielle
L’intelligence artificielle (IA) a été omniprésente cette année, pour le meilleur et pour le pire. Sur les marchés, elle a suscité des inquiétudes quant à une bulle spéculative massive qui menace de frapper les investisseurs particuliers si elle éclate. Cependant, jusqu’à présent, miser sur la croissance continue de l’IA les a largement enrichis.
L’IA a également entraîné une possible diffusion de conseils financiers peu fiables, tout en offrant de nouvelles perspectives à ceux qui ont du mal à parler de leurs problèmes financiers à un humain.
Bruce Sellery, directeur général de Crédit Canada, a mentionné que si l’IA a suscité des inquiétudes quant à la fraude et aux pertes d’emplois, l’organisme sans but lucratif a également constaté des avantages, notamment grâce au lancement de son propre agent virtuel, Mariposa.
«On peut effectuer une consultation complète de conseil en crédit, y compris une évaluation de la dette, sans parler à un humain si on ne le souhaite pas. C’est génial», a-t-il souligné.
Perspectives pour 2026
Parmi les changements majeurs attendus l’an prochain, on note le lancement potentiel des services bancaires ouverts. Ce système permettra aux Canadiens de mieux contrôler leurs données financières, notamment en leur permettant de gérer plusieurs comptes en toute sécurité depuis une seule plateforme.
Les enjeux commerciaux demeureront également une préoccupation majeure à l’approche de la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. Toute nouvelle perturbation des échanges commerciaux pourrait menacer l’emploi au Canada et exercer une pression accrue sur l’inflation, forçant ainsi la Banque du Canada à relever ses taux directeurs.
À l’heure actuelle, les analystes prévoient que la banque centrale commencera à relever ses taux plus tard l’an prochain ou au début de 2027. Toutefois, comme l’a souligné le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, l’avenir est particulièrement difficile à prévoir en ce moment.
«L’incertitude demeure élevée et l’éventail des résultats possibles est plus large que d’habitude», a déclaré M. Macklem lors d’une conférence de presse mercredi.

