Le responsable des questions commerciales du président américain Donald Trump a indiqué que des droits de douane seraient appliqués au Mexique et au Canada, même si ces pays font partie d’un accord commercial continental.
Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a déclaré mardi que la plupart des pays du monde avaient accepté «à contrecœur» que les droits de douane fassent partie des politiques actuelles de l’administration Trump et se sont montrés disposés à poursuivre les négociations.
«L’approche du Canada a été différente», a souligné M. Greer lors d’un événement organisé par le Council on Foreign Relations.
M. Greer a été interrogé sur l’état des négociations avec Ottawa concernant l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM).
Il a avancé que le Canada se trouvait dans une «situation différente» quant à l’acceptation des droits de douane de M. Trump et qu’il était «difficile de voir où cela mènera».
L’administration Trump a entamé des négociations officielles sur l’ACEUM avec le Mexique, mais pas encore avec le Canada.
La révision de l’ACEUM offre à chaque pays trois options à choisir en juillet. Ils peuvent renouveler l’accord pour 16 années supplémentaires, s’en retirer ou signaler à la fois le non-renouvellement et le non-retrait, ce qui déclencherait une révision annuelle susceptible de prolonger les négociations jusqu’à une décennie.
M. Greer a déjà laissé entendre que l’administration Trump était peu susceptible d’approuver sans discussion un renouvellement. Il est tenu d’informer le Congrès américain de cette décision la semaine prochaine.
M. Trump a gelé les négociations avec le Canada, irrité par une publicité commanditée par l’Ontario citant l’ancien président Ronald Reagan critiquant les droits de douane.
Un dégel semblait s’être produit dans les relations après que le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, accompagné de la négociatrice en chef d’Ottawa, Janice Charette, et du nouvel ambassadeur aux États-Unis, Mark Wiseman, ait rencontré M. Greer en mars.
M. Greer a précisé mardi qu’il s’entretenait régulièrement avec ses homologues canadiens, mais que «nous avons le sentiment qu’il existe, avec le Canada, certains défis commerciaux».
L’accord commercial continental a largement protégé le Canada et le Mexique des pires répercussions des droits de douane de M. Trump. Les droits de douane mondiaux actuels de 10 % ne s’appliquent pas aux marchandises conformes à l’ACEUM.
M. Greer a mis en avant les échanges dans les domaines de l’énergie, des minéraux critiques et des engrais entre les pays, affirmant qu’ils étaient restés «épargnés» par les droits de douane de M. Trump, car il s’agissait de domaines communs présentant un intérêt économique.
Le Canada est durement touché par les droits de douane sectoriels distincts imposés par M. Trump sur des produits tels que l’acier, l’aluminium, les meubles de cuisine et les automobiles.
Signe qu’il n’y a pas de marge de manœuvre pour négocier une baisse des droits de douane sur les automobiles, M. Greer a repris l’argument bien connu du président américain sur les voitures, en déclarant: «Pourquoi fabriquons-nous des voitures au Canada?»
«Je pense que sur certaines de ces questions, les négociations s’annoncent difficiles, mais dans certains secteurs de l’économie, tout s’est bien passé et tout ira bien», a soutenu M. Greer.
L’administration Trump souhaite donner la priorité aux chaînes d’approvisionnement en Amérique du Nord pour des raisons de sécurité nationale, selon M. Greer.
Si les États-Unis parviennent à obtenir des conditions favorables, l’administration envisage d’accorder un traitement préférentiel sur le continent, a-t-il ajouté, mais les droits de douane resteront en vigueur.
Par ailleurs, M. LeBlanc a rencontré lundi les ministres provinciaux et territoriaux du Commerce. Un communiqué de presse a été publié et indique qu’ils ont discuté de l’évolution du contexte commercial nord-américain et de la révision de l’ACEUM.

