Économie

Les producteurs de champignons mettent en garde contre le risque de nouveaux droits de douane américains

Les producteurs de champignons canadiens exportent presque exclusivement vers les États-Unis.

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Mushroom farm Les producteurs de champignons canadiens affirment que les nouveaux droits de douane pourraient entraîner des licenciements et une baisse de la production. (Carleton Mushroom Farms via CTV News)

Alors que la date limite du 1er juillet pour la révision de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) approche à grands pas, de nouveaux droits de douane américains doivent entrer en vigueur la semaine prochaine, visant cette fois-ci les champignons canadiens.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

«Cela représente environ 4300 pieds carrés de surface de culture», a expliqué Mike Medeiros, propriétaire de Carleton Mushroom Farms à Osgoode, en Ontario, alors qu’il faisait visiter ses installations samedi.

Il s’agit d’une exploitation de champignons gigantesque et moderne, mais familiale, qui cultive, récolte et emballe ses champignons sur place.

La ferme de M. Medeiros produit l’impressionnante quantité de «300 000 livres par semaine», ce qui en fait l’un des principaux acteurs du marché canadien des champignons.

Mais les nouveaux droits de douane américains qui doivent être imposés lundi sur les champignons canadiens vont nuire à son entreprise, même si ses champignons restent au Canada.

«40 % des champignons du Canada sont expédiés aux États-Unis, et ce qui va se passer, c’est qu’à mesure que les droits de douane vers les États-Unis augmenteront, il pourrait y avoir plus de champignons au Canada, ce qui inonderait notre marché», a indiqué M. Medeiros.

Une fiche d’information publiée cette semaine par le département américain du Commerce a révélé que les champignons canadiens seront soumis à de nouveaux droits de douane pouvant atteindre 5 %, en raison de subventions gouvernementales jugées déloyales.

«C’est la même chose aux États-Unis qu’au Canada», a déclaré Ryan Koeslag, vice-président exécutif de l’Association canadienne des producteurs de champignons, lors d’une entrevue avec CTV News.

«Nous avons toujours respecté les règles et les règlements du commerce équitable entre le Canada et les États-Unis, et je pense que s’ils ont soulevé ce point, c’est parce qu’ils n’ont rien trouvé d’autre.»

—  Ryan Koeslag, vice-président exécutif de l’Association canadienne des producteurs de champignons

Connues sous le nom de droits compensateurs, ces mesures sont les mêmes que celles utilisées pour taxer le bois d’œuvre canadien; elles sont imposées aux importations que les États-Unis jugent injustement subventionnées.

Mais les champignonnières canadiennes ne sont que le dernier exemple en date d’un signal clair envoyé par l’administration Trump, qui vise le secteur agricole canadien.

«En fin de compte, les agriculteurs américains sont très puissants sur le plan politique», a souligné William Pellerin, avocat spécialisé en commerce international chez McMillan LLP à Ottawa.

«Il y a une tendance générale à examiner les produits agricoles entrant aux États-Unis et à appliquer des droits de douane lorsque les États-Unis jugent qu’il est important de le faire», a-t-il ajouté.

M. Medeiros affirme que cette mesure pourrait le forcer à réduire sa production.

«Si nous commençons à réduire la production, nous devrons certainement envisager de réduire nos effectifs pour maîtriser les coûts salariaux», a précisé M. Medeiros.

Les producteurs de champignons canadiens exportent presque exclusivement vers les États-Unis, et bien que l’industrie affirme qu’elle contestera ces nouveaux droits de douane, cela prendra encore du temps.