Économie

Attaquer Bombardier ferait plus mal aux Américains, selon son patron

«Des droits de douane créeraient probablement plus de problèmes aux États-Unis qu’au Canada en termes d’emplois et de mises à pied.»

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Pour l'ensemble de l'exercice 2025, le chiffre d'affaires de Bombardier s'est fixé à 9,55 milliards $ US, en hausse de 10 % sur un an. Photo prise à Montréal le 4 février 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Pour l'ensemble de l'exercice 2025, le chiffre d'affaires de Bombardier s'est fixé à 9,55 milliards $ US, en hausse de 10 % sur un an. Photo prise à Montréal le 4 février 2025. (Christinne Muschi/La Presse canadienne)

Les récents coups de gueule de Donald Trump n’ébranlent pas le patron de Bombardier, qui souligne que la société montréalaise est un important employeur au sud de la frontière.

Le fabricant des avions d’affaires Challenger et Global a 3000 employés au sud de la frontière. De plus, près de 2800 fournisseurs américains font partie de sa chaîne d’approvisionnement.

En attaquant Bombardier, le président républicain nuirait à l’industrie américaine, selon le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel.

«Des droits de douane créeraient probablement plus de problèmes aux États-Unis qu’au Canada en termes d’emplois et de mises à pied», répond-il en conférence de presse, jeudi, en marge de la publication de ses résultats financiers.

M. Trump a menacé de retirer la certification des avions d’affaires canadiens. Il a aussi évoqué la possibilité d’imposer des droits de douane de 50 % sur les appareils canadiens.

M. Trump a déploré que le Canada prenne trop de temps avant de certifier quatre modèles de Gulfstream de General Dynamics, le rival américain de Bombardier.

La tension semble s’être dissoute, selon les commentaires récents du patron de la Federal Aviation Administration, Bryan Bedford.

L’incertitude persiste toutefois quant à l’avenir de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Le président aurait également eu des discussions avec ses conseillers quant à la possibilité de quitter l’ACEUM, a rapporté l’agence de presse Bloomberg mercredi.

M. Martel croit que le risque que le secteur canadien de l’aérospatiale soit frappé de droits de douane «est relativement faible».

La chaîne d’approvisionnement aéronautique est très intégrée entre les deux pays, souligne-t-il. Dans ce secteur, la balance commerciale est nettement en faveur des Américains.

Des droits de douane seraient nuisibles à l’industrie américaine. «On pense que les choses vont tourner beaucoup de la même façon», prédit M. Martel.

Bombardier dépasse «tous ses objectifs»

Bombardier a dévoilé plus tôt, jeudi, des résultats financiers supérieurs aux attentes, tandis qu’elle affirme avoir dépassé «tous ses objectifs» fixés pour 2025.

La société a également introduit ses prévisions pour 2026. Bombardier pointe vers une rentabilité moins élevée qu’anticipé par le consensus des analystes, alors qu’elle prévoit plus d’investissement et de dépenses en recherche et développement.

Elle s’attend à générer des flux de trésorerie d’entre 600 millions $ US et 1 milliard $ US en 2026, ce qui représenterait une baisse par rapport à 1,1 milliard $ en 2025.

«On rentre dans une étape normale où on va continuer à rembourser de la dette, mais avec moins d’amplitude que dans les dernières années», explique-t-il.

«Ça va nous permettre d’avoir des liquidités disponibles pour faire autre chose que de rembourser de la dette, ajoute-t-il. Ça veut dire améliorer nos produits, réfléchir à de nouveaux produits. Ça veut dire investir dans certaines choses qu’on veut développer pour la défense.»

Bombardier affiche un bénéfice net 653 millions $ US au quatrième, comparativement à 124 millions $ US à la même période l’an dernier.

Le bénéfice ajusté par action s’est établi à 4,80 $ US. Les revenus, pour leur part, atteignent 3,69 milliards $ US, en hausse par rapport à 3,11 milliards $ US à la même période lors de l’exercice précédent.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice par action de 3,40 $ US et des revenus de 3,51 milliards $ US, selon la firme de données financières LSEG.

La société a dévoilé, la veille, une importante commande de la part de Vista Global, un opérateur d’une flotte d’avions d’affaires établi à Dubaï. L’entente pourrait générer des revenus allant jusqu’à 4,72 milliards $ US.

L’action de Bombardier perdait 5,04 $, ou 2,02 %, à 244,69 $ à la Bourse de Toronto en après-midi.

Entreprise dans cette dépêche: (TSX:BBD.B)

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste