MONTRÉAL — Bombardier gonfle ses muscles, juste avant la publication de ses résultats trimestriels, en dévoilant une importante commande qui pourrait lui rapporter jusqu’à 4,72 milliards $ US.
Vista Global, un opérateur d’une flotte d’avions d’affaires établi à Dubaï, achètera 40 appareils Challenger 3500 à l’entreprise québécoise. L’entente, dévoilée mercredi, est évaluée à 1,18 milliard $ US, selon les prix courants de 2026.
Si Vista se prévaut de l’option de 120 avions supplémentaires, la valeur estimée serait de 4,72 milliards $ US.
Le contrat démontrerait «la confiance élevée» du marché envers le Challenger 3500, indique Bombardier dans un communiqué.
C’est le deuxième contrat d’importance annoncé par la société en moins d’un an. À la fin juin, Bombardier a signé un autre contrat, qui pourrait se chiffrer jusqu’à 4 milliards $ US, pour des avions des familles Global et Challenger.
Le contrat de mercredi ne risque pas d’être accueilli avec le même enthousiasme que le précédent, croit l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux. L’action avait bondi de plus de 20 % après le dévoilement de juin.
«L’annonce ne devrait pas être perçue comme étant d’aussi grande qualité en raison du profil plus risqué du client (Vista) et de l’incertitude entourant l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM)», écrit M. Poirier.
L’analyste souligne que l’accord a été conclu d’une manière à minimiser les paiements initiaux et à étaler les versements dans le temps. Il rappelle également que Vista est lourdement endettée, même si elle a amélioré sa situation financière dernièrement.
Malgré ces bémols, M. Poirier voit l’annonce d’un œil favorable. «Cette commande surprise améliore grandement la prévisibilité des flux de trésorerie jusqu’à la fin de la décennie.»
L’intérêt de Vista démontrerait également que Bombardier n’a pas besoin de lancer un nouvel appareil à moyen terme pour remplacer le Challenger, ajoute-t-il.
Cette victoire pour Bombardier survient à un moment où les commentaires du président américain Donald Trump accroissent l’incertitude.
Le président républicain a menacé de retirer la certification des avions canadiens. Il a aussi évoqué la possibilité d’imposer des droits de douane de 50 % sur les appareils canadiens.
M. Trump juge que le Canada prend trop de temps avant de certifier quatre modèles de Gulfstream de General Dynamics, le rival américain de Bombardier.
Le président aurait également eu des discussions avec ses conseillers quant à la possibilité de quitter l’ACEUM, rapporte l’agence de presse Bloomberg mercredi, ce qui contribue à alimenter l’incertitude économique, souligne M. Poirier.
La commande de Vista pourrait apaiser les préoccupations, croit l’analyste Tim James, de Valeurs mobilières TD. «Ça vient solidifier un carnet de commandes déjà vigoureux.»
Bombardier doit publier ses résultats du quatrième trimestre jeudi avant l’ouverture des marchés, jeudi.
En hausse en avant-midi, l’action de Bombardier a reculé de 0,80 $, ou 0,32 %, à 249,731 $ à la fin de la séance de la Bourse de Toronto.
Entreprise dans cette dépêche: (TSX:BBD.B)
Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

