Les usagers des transports en commun de Montréal se préparent à d’éventuels retards en raison d’une nouvelle grève de la STM qui s’étendra jusqu’à la nouvelle année, mais ils auront quelque chose à attendre avec impatience en 2026 : les cartes OPUS virtuelles.
Des tests sont actuellement en cours pour permettre aux passagers de monter dans le bus, le métro et le REM en tapant simplement sur leur téléphone intelligent. CTV News a pu avoir un aperçu de cette nouvelle fonctionnalité avant son lancement.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) de Montréal mène actuellement un projet pilote limité avec un petit groupe d’utilisateurs afin de tester la nouvelle fonctionnalité avant de la mettre à la disposition du grand public. Elle permet aux usagers de valider leur titre de transport à l’aide d’une version numérique de leur carte OPUS sur leur téléphone, remplaçant ainsi la carte en plastique utilisée depuis 20 ans.
Ce projet de transformation numérique s’inscrit dans le cadre de l’initiative Concerto de l’ARTM visant à moderniser l’ensemble du système de billetterie. L’été dernier, elle a attribué un contrat de 146 millions de dollars à Masabi, une société britannique qui a lancé des systèmes de tarification virtuelle dans plus de 200 villes.
Cette fonctionnalité est utilisée depuis des années par les agences de transport en commun du monde entier et Montréal rattrape désormais son retard.

Les utilisateurs d’iPhone n’ont pas cette chance, pour l’instant. Seuls les utilisateurs d’Android peuvent participer au projet pilote. Environ 1000 personnes participent actuellement au test avant que la prochaine vague ne l’étende à 4000 utilisateurs dans les semaines à venir.
Au cœur de la transformation de la billetterie se trouve l’application mobile Chrono, qui permettra non seulement aux utilisateurs d’acheter des titres de transport virtuels, mais aussi de stocker leur carte OPUS sur leur appareil. Une fois les fonds chargés, ils peuvent être utilisés immédiatement en passant le téléphone devant les tourniquets.
Pourquoi cela a-t-il pris autant de temps?
Sylvain Perras, directeur général de la transformation numérique de l’ARTM, a déclaré qu’ils devaient tester les nouvelles fonctionnalités de manière progressive avant de les lancer toutes en même temps, et que la transition numérique nécessite l’intégration de plusieurs réseaux de transport dans un même système.
«Nous comprenons que les utilisateurs s’attendent à cela, et nous avons été très transparents à ce sujet. Donc, en gros, ce que nous faisons actuellement, c’est essayer de suivre le rythme», a indiqué M. Perras, soulignant que le projet implique la mise à jour de 12 000 valideurs de titres de transport dans toute la région.
«Il faut donc le faire dans cinq territoires. Cela concerne la STM, la STL, le RTL, l’EXO. Cela inclut également la ville de Montréal. C’est donc un projet de très grande envergure», a-t-il poursuivi.
Trajectoire Québec, un groupe de défense qui promeut les transports en commun dans la province, estime que la véritable raison pour laquelle Montréal a pris du retard est le manque de financement des transports en commun au Québec.
«Nous avons le deuxième métro le plus ancien au monde après celui de Mexico. Toronto remplacera ses wagons après 40 ans. Pour nous, dans le meilleur des cas, ce sera après 60 ans», a mentionné le porte-parole et codirecteur général, Philippe Jacques. «Il n’était donc probablement pas prioritaire d’investir dans ce projet [de transformation numérique].»
Bien qu’il se réjouisse des projets visant à rendre les bus et le métro plus conviviaux, M. Jacques ne pense pas que cela aura un impact important sur l’utilisateur moyen, si ce n’est que cela rendra les transports en commun plus pratiques pour les utilisateurs occasionnels qui les empruntent quelques fois par an.
Trajectoire Québec souhaiterait voir davantage d’investissements afin d’augmenter la fréquence et la fiabilité des bus et du métro sur le réseau de transport.
«Nous avons vu avec la grève ce qui se passe quand il n’y a pas de métro et pas de bus, donc c’est essentiel pour Montréal que le métro fonctionne et soit efficace, ça doit être la priorité du gouvernement»,a ajouté M. Jacques.
Depuis avril 2024, les usagers des transports en commun peuvent charger des titres de transport sur leur carte OPUS physique grâce à l’application mobile Chrono pour iOS et Android. Plus de 40 % des achats de titres de transport sont désormais effectués à l’aide de l’application mobile.
Qu’en pensent les usagers?
Les usagers du métro interrogés par CTV News se sont dits enthousiastes à l’idée de passer à la carte OPUS numérique.
«Je pense que oui, ce sera plus facile que de sortir mon portefeuille, puis ma carte et de la scanner. Ce sera plus facile», a confié un utilisateur à la station Square-Victoria-OACI la semaine dernière.
«Nous sommes à une époque où tout le monde utilise son téléphone pour tout. Apple Wallet ou autre, donc je pense que c’est une bonne idée», a lancé un autre. «Je l’utiliserais. Sans aucun doute.»
Cependant, certains ont encore l’intention de conserver la carte OPUS classique.
«Je suis un peu vieux jeu, donc je préfère avoir la carte, simplement parce que la plupart du temps, mon téléphone n’a pas assez de batterie, pour être honnête», a rapporté une femme à CTV News.
Les transformations numériques au Québec font l’objet d’une surveillance accrue depuis le scandale lié au projet SAAQclic de la Société de l’assurance automobile du Québec, qui coûte plus d’un milliard de dollars aux contribuables, soit plus du double du prix initial, selon le rapport du vérificateur général de la province.
L’ARTM soutient que le projet Concerto est «supervisé par une structure de gouvernance solide, contrôlée chaque mois par la direction de l’ARTM et son conseil d’administration», a écrit le porte-parole Maxime Duchesne dans un courriel. «Un auditeur externe indépendant sera nommé pour garantir une responsabilité transparente.»
Le budget de 146 millions de dollars est également bien inférieur à celui de projets similaires lancés à New York et en Australie, selon M. Duchesne, qui attribue ces économies à la réutilisation des équipements existants, à « des négociations contractuelles rigoureuses qui ont permis de réduire le coût de 95 millions de dollars entre les deux appels d’offres », entre autres mesures.
L’ARTM affirme avoir d’abord renoncé à tester le système sur les iPhones parce qu’Android est un système d’exploitation open source, ce qui facilite le développement de nouvelles applications. L’ARTM indique être en pourparlers avec Apple et espère pouvoir ajouter les utilisateurs d’iPhone au projet pilote l’année prochaine.
Quand le système sera-t-il pleinement accessible au public?
«J’aimerais pouvoir vous donner une date exacte», a dit Sylvain Perras, qui s’est contenté de s’engager pour une date en 2026.
La prochaine phase du projet Concerto consiste à tester la validation des tarifs avec les cartes de crédit Visa et Mastercard aux tourniquets, puis avec les cartes de débit.
Cela sera également testé en 2026 si tout se passe bien et pourrait être lancé la même année.


