Le dossier de la mère montréalaise accusée d’avoir abandonné sa fille de 3 ans sur le bord d’une autoroute en juin dernier était de retour devant le tribunal lundi, avec la présentation de l'évaluation psychiatrique réalisée par l'Institut Philippe-Pinel. À la lumière des conclusions – gardées sous scellé – du rapport, le tribunal a fixé la date du procès au 15 septembre prochain.
La défense a choisi de ne pas demander de contre-expertise pour le moment.
À la date choisie, les deux parties vont présenter leur vision opposée et le juge Bertrand Saint-Arnaud devra donc conclure à la responsabilité criminelle ou non de l'accusée. Les procédures pourront se clôturer le jour même.
«Les faits au niveau de la cause ne sont pas contestés», a expliqué Me Lili Prévost-Gravel, représentant le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) dans ce dossier. «Ce qu'on a à déterminer, c'est si madame était en mesure de savoir ce qu'elle faisait et si c'était mal ou bien, et si c'était en vertu de santé mentale. [....] C'est l'état de mental de madame qui est le point en litige.»
Remise en liberté?
«La seule évaluation qui a été ordonnée par le juge portait sur la responsabilité criminelle de madame en vertu de l'article 16 du Code criminel. [...] Dépendamment de la décision du juge, ce dernier aura à déterminer les modalités de la détention ou de la libération de madame suite à son jugement sur le procès», a aussi commenté Me Prévost-Gravel.
En juillet dernier, le juge Bertrand Saint-Arnaud s'était opposé à la remise en liberté de la mère afin de lui laisser le temps de subir une évaluation psychiatrique. L’accusée est donc restée derrière les barreaux depuis.
Sa petite fille retrouvée en Ontario
La femme de 34 ans avait été arrêtée le 16 juin, un jour après être entrée dans un magasin à Coteau-du-Lac, au Québec, où elle avait déclaré aux employés qu’elle ne se souvenait pas où se trouvait sa fille depuis plusieurs heures.
La petite fille avait été portée disparue pendant plus de trois jours avant d’être retrouvée vivante, mais seule, sur le bord de l’autoroute 417 près de Saint-Albert, en Ontario, par un drone de la police le 18 juin, à l’issue d’une opération de recherche massive menée par plus de 150 policiers du Québec et de l’Ontario.
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À la suite de son arrestation, la mère avait été accusée d’abandon illégal d’un enfant. Après avoir comparu devant le tribunal le 3 juillet, elle a été accusée d’une deuxième infraction: négligence criminelle causant des lésions corporelles, passible d’une peine maximale de 10 ans de prison.
Le nom de la femme ne peut être publié afin de respecter la vie privée de l’enfant, dont l’identité est protégée par une interdiction de publication. Il existe également une interdiction de publication systématique interdisant la divulgation de toute information relative aux preuves présentées lors de l’audience de mise en liberté sous caution.
Avec des informations de Marika Simard pour Noovo Info et de CTV News.

