Le pape Léon XIV a réaffirmé dimanche la position du Saint-Siège en faveur d'une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien. À son avis, il s’agit de la «seule solution» afin de garantir la justice aux deux parties.
Il a fait ces commentaires alors qu'il se rendait d'Istanbul à Beyrouth pour la deuxième et dernière étape de son premier voyage en tant que pape. Bien que Léon XIV ait répondu aux questions des journalistes lors de réunions informelles dans sa maison de campagne, cette brève rencontre a marqué sa première conférence de presse en tant que pape et s'inscrit dans la tradition de ses prédécesseurs, qui utilisaient leurs voyages à l'étranger pour dialoguer avec les médias.
En raison de la courte durée du vol, la conférence de presse s'est limitée à deux questions posées par des journalistes turcs. Lorsque Léon XIV rentrera à Rome mardi, la rencontre sera probablement plus longue.
Le pape américain a été interrogé sur ses entretiens privés avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à son arrivée à Ankara et sur la question de savoir s'ils avaient discuté des guerres dans la bande de Gaza et en Ukraine.
Léon XIV a confirmé qu'ils l'avaient fait et a déclaré que la Turquie avait un «rôle important à jouer» dans les deux conflits, soulignant que le gouvernement Erdogan avait déjà contribué à faciliter les négociations entre la Russie et l'Ukraine pour mettre fin à la guerre.
«Malheureusement, nous n'avons toujours pas trouvé de solution. Mais aujourd'hui, il existe de nouvelles propositions concrètes pour la paix», a-t-il déclaré.
Il a indiqué qu’il espérait que M. Erdogan poursuivrait son dialogue avec l'Ukraine, la Russie et les États-Unis afin de contribuer à un cessez-le-feu et à la fin de cette guerre qui dure depuis près de quatre ans.
Au sujet de Gaza, il a réitéré la position de longue date du Saint-Siège en faveur d'une solution à deux États pour Israël et les Palestiniens. La création d'un État palestinien à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et à Gaza est depuis longtemps considérée par la communauté internationale comme le seul moyen de résoudre le conflit.
Le Saint-Siège avait reconnu l'État palestinien en 2015, mais la promotion d'une solution à deux États a reçu un nouvel élan cette année lors de la guerre entre Israël et le Hamas. Plusieurs pays ont officiellement reconnu l'État palestinien lors de la dernière Assemblée générale des Nations unies, dont le Canada.
«Nous savons qu'à l'heure actuelle, Israël n'accepte pas cette solution, mais nous la considérons comme la seule qui puisse offrir une issue au conflit dans lequel ils sont engagés. Nous sommes également amis avec Israël et nous essayons, avec les deux parties, d'être une voix médiatrice qui puisse les aider à se rapprocher d'une solution juste pour tous», a affirmé Léon XIV.
Le bureau du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou n'a pas immédiatement réagi à ces propos. Il soutient depuis longtemps que la création d'un État palestinien récompenserait le Hamas et conduirait à terme à un État encore plus grand dirigé par le Hamas aux frontières d'Israël.
Au début du mois, M. Nétanyahou a déclaré que l'opposition d'Israël à un État palestinien «n'avait pas changé d'un iota» et n'était pas menacée par des pressions externes ou internes.
«Je n'ai besoin d'aucune affirmation, d'aucun tweet, ni d'aucun sermon de la part de qui que ce soit», a-t-il lancé.
Le pape tend la main aux musulmans
Léon XIV avait évité toute mention directe du conflit à Gaza pendant son séjour en Turquie. De plus, dans ses brèves remarques aux journalistes résumant son voyage jusqu'à présent, il a omis toute référence à sa visite à la Mosquée bleue d'Istanbul, son engagement le plus visible auprès de la majorité musulmane de la Turquie.
Le pape s'est plutôt concentré sur la raison principale de sa venue dans la région: célébrer le 1700e anniversaire d'un important rassemblement d'évêques de tout l'Empire romain, en l’an 325, dans l'actuelle ville d'Iznik, en Turquie. C’est là qu’ils s’étaient entendus sur la profession de foi officielle du christianisme, le Credo de Nicée, qui est encore récité aujourd'hui par des millions de chrétiens à travers le monde.
Malgré les schismes et autres divisions, il constitue un rare point d'accord entre les catholiques, les orthodoxes et la plupart des protestants.
Le souverain pontife a participé à une commémoration du concile de Nicée à Iznik et a passé le reste de son séjour à Istanbul à rencontrer divers patriarches orthodoxes. Lors d'une réunion conjointe samedi, il a proposé qu'ils se réunissent de manière importante en 2033 à Jérusalem pour célébrer le 2000e anniversaire de la crucifixion et de la résurrection du Christ, comme un nouveau signe visible de leur unité.
«Il s'agit évidemment d'un événement que tous les chrétiens veulent célébrer. Nous avons des années pour nous préparer», a-t-il souligné, précisant que les différents patriarches avaient accueilli favorablement sa proposition.
