Le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique a officiellement conclu jeudi que l'Iran ne respecte pas ses obligations nucléaires pour la première fois en 20 ans.
Cette décision pourrait entraîner de nouvelles tensions et déclencher une initiative visant à rétablir les sanctions de l'ONU contre Téhéran dans le courant de l'année.
L'Iran a immédiatement réagi en annonçant la création d'une nouvelle installation d'enrichissement. L'annonce précise que l'installation sera «située dans un endroit sûr» et que «d'autres mesures sont également prévues».
«La République islamique d'Iran n'a d'autre choix que de répondre à cette résolution politique», ont tranché le ministère iranien des Affaires étrangères et l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.
Dix-neuf pays membres du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ont voté en faveur de la résolution, selon des diplomates qui se sont exprimés sous couvert d'anonymat pour décrire le résultat du vote tenu à huis clos.
La Russie, la Chine et le Burkina Faso s'y sont opposés, 11 se sont abstenus et deux n'ont pas voté.
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Dans le projet de résolution consulté par l'Associated Press, le Conseil des gouverneurs renouvelle son appel à l'Iran pour qu'il fournisse «sans délai» des réponses dans le cadre d'une enquête de longue date sur des traces d'uranium trouvées à plusieurs endroits que Téhéran n'a pas déclarés comme sites nucléaires.
Les responsables occidentaux soupçonnent que ces traces d'uranium pourraient prouver que l'Iran a mené un programme secret d'armement nucléaire jusqu'en 2003.
La résolution a été présentée par la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les États-Unis.
Les trois pays européens ont menacé à plusieurs reprises de rétablir les sanctions qui ont été levées dans le cadre de l'accord nucléaire iranien de 2015 si l'Iran ne fournissait pas de réponses «crédibles» aux questions de l'agence de surveillance nucléaire de l'ONU.
Le pouvoir de rétablir ces sanctions à la demande de tout membre de l'accord nucléaire initial de 2015 expire en octobre, ce qui met l'Occident dans l'urgence d'exercer des pressions sur Téhéran au sujet de son programme avant de perdre ce pouvoir.
«Les nombreux manquements de l'Iran depuis 2019 à ses obligations de coopérer pleinement et en temps voulu avec l'Agence en ce qui concerne les matières et activités nucléaires non déclarées dans plusieurs sites non déclarés en Iran [...] constituent un non-respect des obligations qui lui incombent en vertu de son accord de garanties», pouvait-on lire dans le projet de résolution.
En vertu des obligations dites «de garanties», qui font partie du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, l'Iran est légalement tenu de déclarer toutes ses matières et activités nucléaires et d'autoriser les inspecteurs de l'AIEA à vérifier qu'aucune d'entre elles n'est détournée de son usage pacifique.
Ce vote intervient à un moment délicat, alors que les tensions dans la région s'intensifient, le département d'État américain ayant annoncé mercredi qu'il réduisait la présence de personnes jugées non essentielles aux opérations au Moyen-Orient.
Le président américain Donald Trump a précédemment affirmé qu'Israël ou les États-Unis pourraient mener des frappes aériennes contre des installations nucléaires iraniennes si les négociations échouaient.
Les États-Unis et l'Iran ont engagé des pourparlers sur le programme nucléaire de Téhéran, qui progresse rapidement. Le ministre des Affaires étrangères d'Oman a fait savoir jeudi que la sixième série de négociations se tiendrait dimanche dans son pays.
Cette résolution donne suite au «rapport complet» de l'AIEA qui a été diffusé aux États membres le week-end dernier.
Dans ce rapport, l'agence de surveillance nucléaire de l'ONU a plaidé que la coopération de l'Iran avec l'agence avait été «moins que satisfaisante» en ce qui concerne les traces d'uranium découvertes dans plusieurs sites en Iran.
