Depuis près de 20 ans, les mots «Pub Burgundy Lion» accueillent les clients à l'angle de la rue Notre-Dame Ouest et de la rue Charlevoix, dans le quartier de la Petite-Bourgogne.
Aujourd'hui, cette enseigne est dans le collimateur de l'Office québécois de la langue française (OQLF). Celui-ci a confirmé avoir visité l'établissement le mois dernier dans le cadre de son processus de «francisation».
Ce texte est la traduction d'un article de CTV News.
Le copropriétaire du pub, Toby Lyle, a déclaré que l'OQLF lui avait ordonné de changer l'enseigne, mais qu'il n'était pas d'accord et qu'il se défendait.
«Pub est un mot français, lion est un mot français et Burgundy est le nom d'un lieu - donc l'anglais ou le français devrait être autorisé», a-t-il soutenu, ajoutant que l'enseigne n'avait jamais été remise en question par l'office auparavant.
Dans une déclaration à CTV News, le porte-parole de l'OQLF, Gilles Payer, a indiqué que l'entreprise était enregistrée auprès de l'Office et qu'elle avait entamé son processus de francisation. Dans le cadre de ce processus, un conseiller spécialisé a visité le pub en juillet pour offrir un «soutien personnalisé», a écrit M. Payer, ajoutant que des discussions avec les propriétaires et une révision du dossier sont toujours en cours. «Aucune décision n'a été prise concernant la conformité de la signalisation», précise le communiqué.
Bien que le nom officiel du quartier de l'arrondissement du Sud-Ouest soit Petite-Bourgogne, M. Lyle a mentionné que de nombreux Montréalais le connaissent sous le nom de Little Burgundy - et qu'ils apprécient le pub qui porte son nom. Il a également souligné les profondes racines culturelles et musicales du quartier.
«Nous sommes fiers d'être dans Little Burgundy, et fiers de Little Burgundy dans son ensemble - c'est un quartier historique de Montréal», a-t-il ajouté. «C'est ce qui a vraiment mis notre ville sur la carte en ce qui concerne le jazz.»
M. Lyle a affirmé que l'entreprise s'était efforcée d'établir des liens dans le quartier et que tout changement forcé de l'enseigne irait au-delà d'une décision commerciale.
«J'ai l'impression que nous avons été acceptés par la communauté ici, donc ce serait un mauvais service non seulement pour nous, mais aussi pour la communauté dans son ensemble d'être obligé de changer notre enseigne.»
Bien que l'OQLF ait souligné que cet examen spécifique de l'affichage est en cours, le gouvernement provincial a resserré les lois linguistiques au cours des dernières années, en renforçant le français comme langue commune dans la vie publique et en élargissant les exigences en matière d'affichage en français, d'utilisation du lieu de travail et de communications commerciales.
Pour M. Lyle, la controverse suscitée par le panneau illustre une tendance qui s'inscrit dans un climat politique plus large.
«Cela fait partie des efforts du gouvernement provincial pour nous polariser, nous distraire avec des choses qui ne sont pas vraiment importantes, qui ne sont pas nécessaires, alors qu'il y a des problèmes bien plus importants à régler au Québec», a-t-il évalué.
Il a également parlé de sa place dans la société québécoise.
«On m'a dit plusieurs fois dans ma vie que je n'étais pas Québécois - ou pas Québécois, plus précisément - mais je le suis, et je suis très fier de l'être.»
L'OQLF n'a pas précisé quand elle conclurait son examen du dossier du Pub Burgundy Lion. Pour l'instant, M. Lyle a indiqué que l'enseigne au-dessus de la porte demeurera telle quelle.

