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Informatique quantique: il faut que le Québec garde son avance, plaide un expert

«Si on est capable de rapidement parler de mise en marché, on va demeurer le leader mondial [...].»

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ab03f3c1c4021ed054d99b06a9961fe99cac6b9bc69b9cd18261f4f6d1e3d745.jpg L’ordinateur quantique d’IBM à Bromont dans cette photo de courtoisie. (La Presse Canadienne | Crédit IBM)

L’un des rares ordinateurs quantiques dans le monde est au Québec et plus d’entreprises canadiennes pourront profiter de sa capacité de calcul.

Des universités et entreprises avaient déjà accès à l’ordinateur quantique IBM Quantum System One, situé à Bromont en Estrie. Leurs travaux se faisaient toutefois dans un contexte de recherche et développement.

La firme Levio pourra toutefois élargir ce créneau à la stratégie d’affaires, en vertu d’un accord avec l’organisme sans but lucratif PINQ2, responsable de gréer l’accès à l’ordinateur d’IBM.

«On a besoin d'avoir des modèles applicatifs, a dit le chef de la technologie et de l'intelligence artificielle chez Levio, Marc-Antoine Pinard, en entrevue. S’il n'y a pas de modèle applicatif, ça va mourir dans l’œuf.»

Le Québec serait en tête en ce qui a trait à la science entourant l’informatique quantique. Il faut maintenir cette longueur d’avance lorsque viendra le temps de développer des applications commerciales, a plaidé M. Pinard.

«Si on est capable de rapidement parler de mise en marché, on va demeurer le leader mondial parce qu'il y a juste trois (autres plaques tournantes de l’informatique quantique en ce moment)», a-t-il ajouté.

Il donne l’exemple de l’intelligence artificielle où Montréal avait une longueur d'avance en recherche fondamentale, mais les applications commerciales ont connu leur essor aux États-Unis. «Si on avait été capable aussi de faire la mise commerciale, on aurait pu être la Californie», a-t-il souligné.

L’informatique quantique ouvre de nouvelles possibilités pour les entreprises qui utiliseront cette technologie.

M. Pinard donne l’image «du four à micro-ondes de l’informatique» lorsqu’on lui demande comment il vulgariserait ce qu’est l’informatique quantique, car elle permet de traiter des calculs complexes beaucoup plus rapidement.

«Ça a été inventé pour évaluer des spectres de possibilités infinies», a-t-il expliqué.

Cette plus grande capacité à analyser de multiples scénarios sera utile pour aider les entreprises à renforcer leurs hypothèses.

Il a donné l’exemple de l’évaluation des risques pour un assureur-dommage, tandis que les changements climatiques ont rendu l’analyse des données passées moins fiables. «C’est plus que ce que l’intelligence artificielle peut calculer», a expliqué M. Pinard.

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste