Si plusieurs internautes se sont amusés à publier des photos d’eux en 2016 sur les réseaux sociaux, Noovo Info a décidé de faire la même chose… mais avec les maisons à travers le Québec.
Nos collègues de Noovo Moi avaient tenté le même exercice en 2020 afin de comparer les prix quatre ans plus tôt. Voici quelles maisons il était possible d’acheter en 2016 avec 300 000 $ et ce que ce budget permet dorénavant d’acquérir 10 ans plus tard selon les propriétés affichées sur Centris.
Hochelaga-Maisonneuve
En 2016

Située dans Hochelaga-Maisonneuve, il était possible de se procurer cette petite maison unifamiliale de type «shoebox» pour moins de 300 000$. Elle était toutefois affichée comme étant « pour rénover sérieusement ou pour démolir ».
En 2026

À Hochelaga-Maisonneuve, il est dorénavant possible de se procurer un condo de 441 pi2 qui comprend une chambre. Cette unité de condo est actuellement affichée à 299 000 $, soit un peu en-bas du budget de 300 000 $.
Le prix médian pour acheter une maison unifamiliale détachée à Montréal a d’ailleurs pratiquement atteint les 720 000 $ au deuxième trimestre de 2025, selon les données colligées dans une étude récurrente de Royal LePage.
En d’autres mots, le prix afin de s’installer dans une propriété de ce type atteint presque les trois-quarts de million de dollars. Tout dépendant du montant de la mise de fonds des acheteurs et du type de propriété désirée, il faut compter un revenu brut requis d’au moins 108 000 $ pour souscrire une telle hypothèque sur l’île.
St-Canut
En 2016

À Saint-Canut, un quartier de Mirabel populaire et très familial, on pouvait acheter cette maison comprenant 4 chambres, 2 salles de bain, un grand terrain de 12 500 pieds carrés, une piscine hors terre, une remise et un atelier.
En 2026

Pour le même quartier, plusieurs condos de deux chambres et d’une salle de bain sont en vente pour un montant qui varie entre 289 000 $ et 298 500 $. Aucune maison unifamiliale n’est actuellement en vente dans ce secteur, sauf quelques maisons mobiles.
Pour 294 900 $, il est possible de devenir propriétaire d’un condo à l’étage supérieur de huit pièces, dont deux chambres.
Candiac
En 2016

À Candiac en 2016, 300 000 $ correspondait à une maison en rangée à aire ouverte, incluant un garage souterrain, cependant en bordure de l’autoroute. On y comptait 3 chambres et 2 salles de bains.
En 2026

En mettant une limite de 300 000$ pour la ville de Candiac, la plateforme Centris ne trouve aucun résultat. Il est toutefois possible de trouver un condo pour 309 900 $. La propriété comprend cinq pièces, dont deux chambres et une salle de bain.
L’Ancienne-Lorette
En 2016

Cette maison de 4 chambres avec garage est située en banlieue, à L’Ancienne-Lorette. Celle-ci n’avait alors appartenu qu’à un seul propriétaire et avait été assez bien rénovée au cours des années. Le terrain manquait toutefois un peu d’aménagement, soulignait l’annonce à l’époque.
En 2026

Encore une fois, aucun résultat de recherche n’est actuellement généré dans ce secteur avec un budget de 300 000$.
Pour 324 000 $, il est toutefois possible d’acheter un condo d’une superficie nette de 1 044 pieds carrés. La propriété est constituée de neuf pièces, dont deux chambres et une salle de bain.
Trois-Rivières
En 2016

Pour ce prix à Trois-Rivières, on pouvait se procurer une maison neuve au style contemporain incluant 3 chambres et 2 salles de bains, avec un foyer et des planchers chauffants. Cette propriété avait auparavant servi de maison modèle pour un développement.
En 2026

Plusieurs maisons sont en vente pour un peu moins de 300 000$ à Trois-Rivières. Une maison de 6 727 pieds carrés est actuellement affichée à 299 000 $. La propriété comprend neuf pièces, dont trois chambres à coucher au rez-de-chaussée et une salle de bain.
Le prix médian d’une propriété à Trois-Rivières pourrait atteindre 430 000$ au quatrième trimestre de 2026, une hausse de 10%, selon Royal LePage. Si le prix des maisons demeure abordable à Trois-Rivières comparativement à d’autres villes du Québec, il n’en demeure pas moins que l’accès à la propriété est difficile.
Chicoutimi
En 2016

Pour un prix de 300 000$, on pouvait acheter cette maison à deux étages avec 4 chambres et 3 salles de bain située dans un beau quartier de Chicoutimi. La propriété comprenait un très grand terrain.
En 2026

Quelques maisons, qui comprennent par exemple trois chambres et deux salles de bain, sont actuellement à vendre pour moins de 300 000$ à Chicoutimi.
Pour 278 000$, il est possible de devenir propriétaire d’une maison de 6 175 pieds carrés avec 13 pièces. La demeure est constituée de trois chambres à coucher, une salle de bains et une salle d’eau. Il y a également un garage sur la propriété.
Gaspé
En 2016

En Gaspésie, ce montant pouvait acheter une petite ferme. Cette propriété comprend une maison datant de 1920 complètement rénovée avec 4 chambres, 2 salles de bain et un poêle au bois. Le terrain comportait quant à lui plus de 6 hectares avec un bâtiment pour abriter des animaux. La ferme était aussi équipée pour faire la culture de céréales et de petits fruits.
En 2026

Dans le secteur Gaspé, de nombreuses maisons sont actuellement affichées sous la barre des 300 000$. Ces dernières ont pour la plupart trois chambres. Pour 297 850 $ incluant les taxes, il est possible d’acheter cette propriété avec vue sur la mer à proximité du parc Forillon. On peut y trouver quatre chambres et une mezzanine. La superficie habitable est de 1 420 pieds carrés.
Des prix toujours à la hausse
Selon les données de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), le prix médian des unifamiliales a poursuivi sa flambée en 2025, où la moitié des maisons au Québec se sont vendues au-dessus de 491 500$.
Par rapport à 2024, il s’agit d’une hausse de 9%.
Le prix médian des copropriétés a quant à lui augmenté de 5 % pour atteindre 398 000 $. Le prix médian des plex a connu la plus forte augmentation à l’échelle de la province, soit de 13 %, avec une valeur médiane qui a atteint 660 000 $.
L’APCIQ note des bonds «spectaculaires» de prix à Saguenay (+22 %), Trois-Rivières (+30 %) et Drummondville (+21 %).
Pour 2026, Marc Lefrançois, courtier immobilier agréé chez Royal LePage, estime qu’on pourrait assister à un «certain essoufflement » au niveau de la hausse des prix des maisons.
«C’est sain d’ailleurs de voir ça parce qu’un moment donné un marché ne peut pas monter de façon significativement plus élevée que, par exemple l’augmentation des salaires, et rester sain», a-t-il précisé.
M. Lefrançois note qu’il ne faudrait pas s’étonner non plus que certaines villes présentent des augmentations de prix. Ça pourrait être le cas notamment pour la Ville de Québec.
La «guerre des enchères» – qui a connu son apogée pendant la pandémie – était encore présente en 2025 selon le type d’achat et le lieu de vente.
«Tout ce qui peut s’adresser à un premier acheteur ou à quelqu’un qui est en location qui déménage vers une propriété, jusqu’à 700 000$, c’est la folie furieuse dans bien des marchés. Sur l’île de Montréal moins, mais dans les régions oui […] : une propriété de 500 000$ ou 600 000$ était souvent vendue sur le coup de 3, 4 ou 5 offres simultanées»
Les acheteurs auront peut-être un certain sursis en 2026, avec un peu plus de choix et une plus grande capacité de négocier, mais il ne faut pas s’attendre à ce que le prix des maisons baisse, a prévenu Marc Lefrançois.
«Au niveau financier, la pression malheureusement va être là, il va y avoir des sacrifices ou des choix à faire», a-t-il mentionné.
Les ventes immobilières devraient reprendre
L’agence nationale du logement du pays prévoit une reprise des ventes immobilières cette année, même si la demande devrait rester inférieure aux moyennes historiques en raison de la faible croissance économique.
La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) indique mardi que la reprise de la demande immobilière sera menée par l’Ontario et la Colombie-Britannique, où les marchés devraient rebondir après avoir connu certaines de leurs ventes les plus faibles depuis des décennies.
Selon les prévisions de base de l’agence, 489 000 logements devraient être vendus en 2026, à un prix moyen de 698 000 $, contre 470 000 logements vendus en 2025 à un prix moyen de 680 000 $.
Les mises en chantier devraient s’élever à 247 000 en 2026, en baisse par rapport aux 259 000 prévues en 2025, les promoteurs immobiliers étant confrontés à des coûts de construction élevés, à une demande plus faible et à une augmentation des stocks de logements invendus.
La SCHL note que les risques de baisse de ses perspectives sont plus probables que les risques de hausse et prévient que, si le Canada entre dans une légère récession cette année, les résultats refléteront une demande plus faible.
Dans ce scénario alternatif, la SCHL prévoit 480 000 résidences vendues et un prix moyen de 693 000 $ pour 2026. Les mises en chantier sont estimées à 243 000 pour l’année.
-Avec des informations de Marie-Ève Laforte pour Noovo Moi, Jennifer Gravel pour Noovo Info et La Presse canadienne
