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60 000$ de plus que le prix affiché: la surenchère immobilière continue de faire mal à Québec

La surchauffe s’est poursuivie en janvier dans la grande région de Québec, selon des données exclusives obtenues par Noovo Info.

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60 000$ de plus que le prix affiché: la surenchère immobilière continue de faire mal à Québec

Pas facile d’acheter une propriété dans la Capitale-Nationale. Alors que Québec était déjà en 2025 la ville canadienne où le prix des maisons avait le plus augmenté, la folie ne semble pas sur le point de s’essouffler. Noovo Info a appris que près du tiers des transactions conclues dans la grande région de Québec en janvier dernier ont fait l’objet d’une surenchère, gonflant souvent les prix de plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Dans la ville de Québec, 31 % des vendeurs ont obtenu plus que le prix qu’ils demandaient, 28 % sur la Rive-Sud et 21% dans la banlieue nord de la ville.

Concrètement, la surenchère pour une unifamiliale dépassait en moyenne 60 000 $ en janvier. Pour un condo, il s’agit d’une surenchère de 37 000 $ et presque 100 000 $ de plus pour un petit immeuble résidentiel de 2 à 8 logements.

Un marché qui frustre les jeunes Québécois

Bien que de nombreux jeunes Québécois affirment vouloir accéder à la propriété au cours des cinq prochaines années, un sondage révèle que la quasi-totalité d’entre eux pourraient se retrouver dans une situation où leurs meilleures intentions se heurtent à la dure réalité et continueront à payer pour leur logement.

Une enquête Léger réalisée pour l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) a révélé qu’en 2025, 43% des 18-34 ans affirment avoir l’intention d’acheter une maison d’ici cinq ans.

Or, seul un tiers des personnes interrogées (33 %) dans la même tranche d’âge ont effectivement acheté une maison au cours des cinq dernières années.

Cette étude intervient à la suite d’une autre réalisée fin 2025, qui avait révélé que la capacité des Québécois à acheter une maison individuelle s’était détériorée au cours de la dernière décennie et que l’épargne restait un obstacle majeur à l’achat d’un bien immobilier.

L’APCIQ y va d’un autre constat: la capacité d’achat immobilier des jeunes a diminué depuis 2022.

Selon les récentes données, les jeunes sont plus nombreux à être propriétaires à Québec (44 %) qu’à Montréal (35 %).

Toutes tranches d’âge confondues, 21 % des Québécois ont déclaré avoir l’intention d’acheter bientôt une résidence principale.

Un marché toujours favorable aux vendeurs

Selon l’étude, le Québec reste un marché favorable aux vendeurs alors que 14 % des propriétaires prévoient de vendre leur résidence principale dans les cinq ans.

En outre, plus de la moitié de ces vendeurs potentiels ont déclaré qu’ils pourraient reporter leur projet de vente s’ils ne trouvaient pas un bien immobilier répondant à leurs besoins.

«Le marché de la revente a fait preuve d’une résilience remarquable depuis 2020», lance Charles Brant, directeur de l’analyse de marché à l’APCIQ.

«Les Québécois continuent de planifier leurs projets immobiliers à long terme, mais ils le font désormais avec plus de prudence et de réflexion, ce qui renforce l’importance des conseils d’un courtier immobilier.»

—  Charles Brant, directeur de l’analyse de marché à l’APCIQ

Comme on pouvait s’y attendre, la tranche d’âge où les vendeurs sont plus nombreux que les acheteurs est celle des 55 ans et plus. L’enquête a révélé que moins d’une personne sur dix (9%) a l’intention d’acheter dans cette tranche d’âge, contre 13% qui sont prêtes à vendre.

Hausse du prix moyen

Dans la tranche d’âge des 18-34 ans, les Québécois ont payé en moyenne 36 000 $ de plus pour leur propriété en 2025 (392 000 $) qu’un an auparavant, selon l’enquête.

Il s’agit de la plus forte augmentation parmi toutes les tranches d’âge.

Selon l’APCIQ, la flambée des prix a conduit davantage de jeunes à s’endetter davantage, à acheter en commun, à compter sur des membres de leur famille pour obtenir des prêts ou simplement à reporter leurs achats.

«Ce que nous observons chez les jeunes adultes, c’est un écart de plus en plus prononcé entre le désir d’acheter et la capacité réelle d’agir», a expliqué M. Brant. «Ce n’est pas un manque d’intérêt, mais plutôt une question d’accessibilité financière.»

Avec un prix moyen de 485 000 $, les Québécois ont payé 28 000 $ de plus en 2025 pour leur propriété qu’en 2024.

Dans l’ensemble, l’APCIQ affirme que les chiffres montrent un taux de propriété toujours faible au Québec par rapport aux autres provinces du Canada.

«Même si le marché fait preuve de résilience, il est toutefois devenu de plus en plus inaccessible pour les jeunes générations», déplore Simon Langelier, directeur des relations gouvernementales et des affaires publiques à l’APCIQ. «Le gouvernement du Québec et les municipalités doivent mettre en place des conditions qui facilitent et accélèrent l’accès à la propriété pour les jeunes ménages.»

-Avec Daniel J. Rowe, CTV News