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Une délégation d’élus américains se rend au Groenland pour rassurer la population

«J’espère que le peuple danois ne perdra pas confiance dans le peuple américain.»

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Les sénateurs américains Thom Tillis (deuxième à partir de la gauche) et Chris Coons (deuxième à partir de la droite) se préparent à déposer une gerbe de fleurs devant un mémorial danois, à Copenhague, le 17 janvier 2026. PHOTO AP fournie par Ida Mar... Les sénateurs américains Thom Tillis (deuxième à partir de la gauche) et Chris Coons (deuxième à partir de la droite) se préparent à déposer une gerbe de fleurs devant un mémorial danois, à Copenhague, le 17 janvier 2026. (Ida Marie Odgaard/Ritzau Scanpix via Associated Press)

Une délégation bipartisane du Congrès américain a cherché samedi à rassurer le Danemark et le Groenland quant à son soutien, après que le président Donald Trump eut menacé d’imposer des droits de douane aux pays qui ne soutiendraient pas la prise de contrôle par les États-Unis de cette île stratégique de l’Arctique.

Le chef de la délégation, le sénateur démocrate Chris Coons a déclaré que les discours actuels autour du Groenland suscitaient des inquiétudes dans tout le royaume danois. Il a ajouté qu’il souhaitait apaiser la situation.

«J’espère que le peuple danois ne perdra pas confiance dans le peuple américain», a déclaré M. Coons à Copenhague, ajoutant que les États-Unis respectaient le Danemark et l’OTAN pour l’œuvre commune réalisée.

Par ailleurs, le général de division danois Søren Andersen, chef du Commandement conjoint de l’Arctique, a déclaré à l’Associated Press que son pays ne s’attendait pas à ce que l’armée américaine attaque le Groenland ou tout autre allié de l’OTAN. Il a expliqué que les troupes européennes récemment été déployées à Nuuk participaient à un exercice pour la défense de l’Arctique.

L’officier supérieur a ajouté que l’objectif n’était pas d’envoyer un message à l’administration Trump, même si la Maison-Blanche n’a pas exclu de prendre le territoire par la force.

«Je ne m’aventurerai pas sur le terrain politique, mais je dirai que je ne m’attends pas à ce qu’un pays de l’OTAN attaque un autre pays de l’OTAN, a-t-il souligné, samedi. Pour nous, pour moi, il ne s’agit pas d’envoyer un signal. Il s’agit en fait de former des unités militaires, de travailler avec nos alliés. »

L’armée danoise a organisé vendredi au Groenland une réunion de planification avec les alliés de l’OTAN, dont les États-Unis, afin de discuter de la sécurité de l’Arctique sur le flanc nord de l’alliance face à une menace russe potentielle. Les Américains ont également été invités à participer à l’opération Arctic Endurance au Groenland dans les prochains jours, a déclaré M. Andersen.

Au cours de ses deux ans et demi en tant que commandant au Groenland, le général Andersen a témoigné n’avoir vu aucun navire de combat ou de guerre chinois ou russe, malgré les affirmations de Donald Trump selon lesquelles ils se trouvaient au large des côtes de l’île.

Mais dans le cas improbable où les troupes américaines utiliseraient la force sur le sol danois, le général Andersen a confirmé l’existence d’une loi datant de la guerre froide régissant les règles d’engagement danoises.

«Mais vous avez raison, la loi danoise stipule qu’un soldat danois, s’il est attaqué, a l’obligation de riposter», a-t-il dit.

«Important pour le monde entier»

Samedi après-midi, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Copenhague. Plusieurs brandissaient le drapeau du Groenland, pour soutenir l’autonomie de l’île. D’autres brandissaient des pancartes avec des slogans tels que «Make America Smart Again» (Rendez l’Amérique intelligente à nouveau) et «Hands Off» (Ne touchez pas). 

«C’est important pour le monde entier, a déclaré une manifestante danoise, Elise Riechie, à l’Associated Press. Il existe de nombreux petits pays. Aucun d’entre eux n’est à vendre.»

D’autres rassemblements étaient prévus à Nuuk, la capitale groenlandaise, et ailleurs dans le royaume danois.

Les commentaires de M. Coons contrastaient avec ceux émanant de la Maison-Blanche.

«Il n’y a actuellement aucune menace pour la sécurité du Groenland», a soutenu M. Coons.

Pendant la visite de la délégation américaine au Danemark, Donald Trump a annoncé qu’il imposera une taxe à l’importation de 15 % aux produits provenant de huit pays européens qui s’opposaient à ses intentions de prendre le contrôle de l’île.

Il avait déclaré en début de semaine que tout autre scénario que la prise de contrôle de l’île arctique par les États-Unis serait «inacceptable». 

Au début de la semaine, les ministres des Affaires étrangères du Danemark et du Groenland ont rencontré à Washington le vice-président américain JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio. 

Cette rencontre n’a pas permis de résoudre les profondes divergences, mais a abouti à un accord sur la création d’un groupe de travail, dont l’objectif a ensuite donné lieu à des déclarations publiques très divergentes de la part du Danemark et de la Maison-Blanche. 

Les dirigeants européens ont insisté sur le fait que seuls le Danemark et le Groenland pouvaient décider de l’avenir de l’île. Le Danemark a déclaré cette semaine qu’il renforçait sa présence militaire au Groenland en coopération avec ses alliés.

«Il n’y a pratiquement pas de meilleur allié pour les États-Unis que le Danemark», a fait valoir M. Coons. Si nous agissons de manière à ce que les Danois se demandent s’ils peuvent compter sur nous en tant qu’alliés de l’OTAN, pourquoi d’autres pays chercheraient-ils à devenir nos alliés ou à croire en nos déclarations ?»