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Mark Carney a parlé du Groenland et de la souveraineté de l’Arctique avec Xi Jinping

La Chine, qui se considère comme un État proche de l’Arctique, adopte une posture de plus en plus agressive dans la région.

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Le premier ministre Mark Carney tient une conférence de presse au parc Ritan à Pékin, en Chine, le vendredi 16 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick Le premier ministre Mark Carney tient une conférence de presse au parc Ritan à Pékin, en Chine, le vendredi 16 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Sean Kilpatrick)

Le premier ministre Mark Carney a abordé la souveraineté du Groenland et les menaces du président américain, Donald Trump, à l’égard de ce territoire lors de sa rencontre avec le président de la Chine, Xi Jinping, vendredi à Pékin.

M. Carney a dit avoir trouvé «un large consensus» avec le président chinois au cours de cette discussion.

«J’ai discuté avec le président Xi de la situation au Groenland, de notre souveraineté dans l’Arctique, de la souveraineté du peuple groenlandais et du peuple danois, et j’ai constaté que nos points de vue concordaient largement à cet égard», a déclaré M. Carney.

Il a ajouté que la position du Canada était que le Groenland, un territoire semi-autonome du Danemark, devait déterminer son propre avenir.

Rappelant que le Danemark est membre de l’OTAN, M. Carney a déclaré que le partenariat restait intact. «Nos obligations en vertu des articles 5 et 2 de l’OTAN restent inchangées et nous les soutenons pleinement», a-t-il lancé.

L’article 5 est l’accord de défense collective de l’alliance, qui stipule qu’une attaque contre un membre constitue une attaque contre tous. Il n’a été invoqué qu’une seule fois en 75 ans d’histoire de l’OTAN, à la suite des attentats du 11 septembre aux États-Unis.

M. Trump insiste sur le fait que les États-Unis doivent contrôler le Groenland pour des raisons de sécurité nationale et a affirmé qu’il s’en emparerait «qu’il le veuille ou non».

Vendredi, il a annoncé aux journalistes qu’il envisageait d’imposer des droits de douane aux pays qui s’opposaient à ses projets concernant le Groenland.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a indiqué que les États-Unis souhaitaient acheter l’île, ce que les responsables du Groenland et du Danemark ont déclaré impossible.

Visite en Chine: Mark Carney rencontre son homologue Li Qiang Le Canada entre dans une «nouvelle ère de relations» avec la Chine, a affirmé le premier ministre Mark Carney en marge d'une rencontre avec le premier ministre chinois, le 15 janvier, à Pékin.

La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a déclaré qu’une prise de contrôle de l’île par les États-Unis marquerait la fin de l’OTAN.

M. Trump a également argumenté que si les États-Unis ne contrôlaient pas le Groenland, la Russie ou la Chine tenteraient de s’en emparer. Les experts de l’Arctique jugent que cette affirmation est infondée.

La Chine, qui se considère comme un État proche de l’Arctique, adopte une posture de plus en plus agressive dans la région, notamment en organisant des exercices militaires conjoints avec la Russie près de territoires canadiens et de l’Alaska.

La dernière politique de défense du Canada met en garde contre les ambitions de la Chine et de la Russie dans l’Arctique et affirme que les intérêts de la Chine «divergent de plus en plus» de celles d’Ottawa en matière de défense et de sécurité.

Cette politique a été publiée en mai 2024, avant que M. Carney n’entre en fonction et n’entame un important renouveau des relations avec la Chine.

Le premier ministre a déclaré vendredi aux journalistes que son gouvernement avait renforcé la présence militaire du Canada dans l’Arctique pour qu’elle soit efficace «365 jours par an sur terre, en mer et dans les airs».

Plusieurs pays européens ont récemment envoyé des troupes au Groenland, en coordination avec le Danemark, en réponse aux menaces de M. Trump.

Le bureau du ministre de la Défense, David McGuinty, n’a pas répondu aux questions visant à savoir si des militaires canadiens se trouvaient sur ce territoire.

«Bien que les Forces armées canadiennes ne lancent aucune nouvelle opération pour le moment, nous menons plusieurs opérations conjointes avec nos alliés européens, notamment au Groenland», a indiqué par courriel la porte-parole Maya Ouferhat.

M. Carney a affirmé que le Canada et le Danemark travaillaient ensemble dans le cadre de l’OTAN et du Nordic-Baltic Eight. Il a ajouté qu’Ottawa prévoyait d’ouvrir officiellement un consulat à Nuuk, la capitale du Groenland, le mois prochain.

La rencontre entre M. Carney et M. Xi en Corée, qui est survenue en octobre, et son voyage à Pékin cette semaine représentent les premières interactions entre les dirigeants des deux pays depuis 2017.

Dans un communiqué publié après la rencontre, le cabinet du premier ministre a déclaré que le Canada et la Chine étaient «tous deux de fervents partisans du multilatéralisme».

Au terme de sa rencontre bilatérale avec le président Xi, M. Carney a annoncé que les deux pays avaient conclu un accord visant à réduire considérablement leurs droits de douane respectifs sur les véhicules électriques chinois et les produits agricoles canadiens.

— Avec des informations de l’Associated Press

Sarah Ritchie

Sarah Ritchie

Journaliste