La CSQ demande au gouvernement Legault de faire porter les élections sur ses récents projets de loi, s’il croit vraiment que la population les appuie.
«Qu’il aille en élection là-dessus et nous verrons ensuite», a lancé le président de la Centrale des syndicats du Québec, Éric Gingras, au cours de sa traditionnelle conférence de presse de début d’année, mardi à Montréal.
«La chose honnête et responsable à faire, c’est de soumettre ces orientations au vote», a-t-il ajouté.
Il fait référence non seulement aux projets de loi que les centrales qualifient d’antisyndicaux, comme celui sur la gouvernance et la transparence des syndicats, ainsi que celui qui encadre l’exercice et les répercussions des conflits de travail, mais également au projet de loi sur la constitution québécoise.
«Tous les projets de loi ont un fil conducteur, présentement, qui est celui d’affaiblir les contre-pouvoirs», s’est exclamé M. Gingras.
«Vous regardez, que ce soit le projet de loi 1 ou 3, mais aussi d’autres, ce qu’on dit, c’est ‘vous n’aurez plus le droit, pour telle ou telle raison, de contester les décisions du gouvernement’. Est-ce que c’est ça qu’on veut au Québec? Est-ce qu’on veut augmenter le pouvoir décisionnel des gouvernements, sans avoir une capacité, entre les élections, d’avoir notre mot à dire? Nous, on pense que non», a-t-il lancé.
Il avoue qu’il ne croit pas que le premier ministre François Legault ferait porter une campagne électorale sur ces projets de loi controversés, «parce qu’il sait très bien que ce n’est pas une priorité pour personne».
Réflexion sur l’éducation
Sur un autre thème, M. Gingras croit que la revendication, maintes fois réitérée par la CSQ, de tenir une réflexion en profondeur sur l’éducation, de la petite enfance à l’enseignement supérieur, fait son chemin.
La centrale de l’éducation demande en effet une réflexion plus globale sur ce qu’on attend de l’école, son rôle en matière d’égalité des chances, ses moyens face aux élèves ayant des besoins particuliers. On pourrait aussi y discuter de violence dans les écoles, de littératie, de la place du religieux.
Et, selon M. Gingras, il faut aller au-delà des interventions ponctuelles sur des sujets ciblés. «On peut, en début d’année comme ça, parler du vouvoiement, parler du téléphone cellulaire, il y a de ça quelques mois. Mais, à la fin, ce sont de petits gestes qui ne changent pas réellement le réseau pour les gens qui y travaillent. Il faut y aller plus en profondeur et ça, ça prend une grande réflexion.»
Depuis que la CSQ revendique cette grande réflexion, il rapporte que les partis politiques sont maintenant à l’écoute. Il croit qu’avec la campagne électorale qui aura lieu dans les prochains mois, l’idée de tenir cette grande réflexion sur l’éducation suscitera une certaine adhésion.

