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La bande de Gaza se prépare à de nouvelles pluies hivernales

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Siraj Obeid, 27 ans, regarde sa fille depuis leur tente dans un camp de fortune pour Palestiniens déplacés à Deir al-Balah, au centre de la bande de Gaza, le samedi 27 décembre 2025. (Photo AP/Abdel Kareem Hana) Siraj Obeid, 27 ans, regarde sa fille depuis leur tente dans un camp de fortune pour Palestiniens déplacés à Deir al-Balah, au centre de la bande de Gaza, le samedi 27 décembre 2025. (Abdel Kareem Hana/Associated Press)

Des enfants pieds nus jouaient sur le sable froid samedi, dans la bande de Gaza, tandis que des milliers de personnes déplacées préparaient leurs tentes délabrées en prévision d’une nouvelle vague de pluies hivernales.

Dans la ville de Deir al-Balah, au centre du territoire, certaines familles expliquaient vivre sous des tentes depuis environ deux ans, soit la majeure partie du conflit qui a ravagé le territoire.

Des pères consolidaient les tentes effilochées avec de vieux morceaux de bois ou inspectaient les bords déchirés des bâches. À l’intérieur de ces abris sombres, la lumière du jour, filtrée par de minuscules ouvertures, brillait comme des étoiles.

Des mères luttaient contre l’humidité, étendant le linge sur des perches ou des cordes pour le faire sécher au vent entre les averses qui transformaient les chemins en flaques. L’une d’elles a éloigné son jeune enfant d’une tache de moquette moisie.

«Cela fait deux ans que nous vivons sous cette tente. Chaque fois qu’il pleut et qu’elle s’effondre sur nous, nous essayons de la reconstruire avec des morceaux de bois, raconte Shaima Wadi, mère de quatre enfants déplacée de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. Avec le coût de la vie exorbitant et sans aucun revenu, nous avons du mal à acheter des vêtements pour nos enfants ou des matelas pour qu’ils puissent dormir.»

Le ministère de la Santé de Gaza, qui dépend du gouvernement du Hamas, a annoncé que des dizaines de personnes, dont un nourrisson de deux semaines, sont mortes d’hypothermie ou des suites de l’effondrement de leurs habitations endommagées par la guerre, sous l’effet des intempéries.

Les organisations humanitaires demandent l’autorisation d’acheminer davantage d’abris et d’aide humanitaire sur le territoire.

Les secouristes ont mis en garde la population contre le risque de rester dans les bâtiments endommagés. Mais avec une grande partie du territoire réduite à l’état de ruines, il est difficile de trouver un endroit où se protéger de la pluie.

«Je ramasse du nylon, du carton et du plastique dans les rues pour les tenir au chaud, explique Ahmad Wadi, qui brûle ces matériaux ou les utilise comme couvertures pour ses proches. Ils n’ont pas d’abris adéquats. Il fait un froid glacial, l’humidité est élevée et l’eau s’infiltre de partout. Je ne sais pas quoi faire.»

Négociations sur le cessez-le-feu

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, devrait se rendre à Washington dans les prochains jours. Les négociateurs et d’autres responsables discuteront de la deuxième phase du cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre.

Bien que l’accord ait globalement été respecté, sa mise en œuvre a ralenti. La dépouille du dernier otage pris lors de l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre, se trouve toujours à Gaza.

Parmi les défis de la prochaine phase du cessez-le-feu figurent le déploiement d’une force internationale de stabilisation, la mise en place d’un organe de gouvernance technocratique pour Gaza, le désarmement du Hamas et la poursuite du retrait des troupes israéliennes du territoire.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 414 Palestiniens ont été tués et 1142 blessés, selon le ministère de la Santé de Gaza. Il a indiqué que les corps de 679 personnes avaient été extraits des décombres au cours de la même période, la trêve permettant de sécuriser les recherches des dépouilles des victimes précédentes.

Le ministère a annoncé samedi que 29 corps, dont 25 retrouvés sous les décombres, avaient été transportés vers des hôpitaux locaux au cours des dernières 48 heures.

Opération en Cisjordanie

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a mentionné samedi dans un communiqué qu’une opération militaire se poursuivait dans une ville de Cisjordanie occupée, au lendemain de l’attaque perpétrée vendredi après-midi dans le nord d’Israël par un Palestinien qui a foncé avec sa voiture sur un homme avant de poignarder une jeune femme, tuant les deux victimes.

Selon le communiqué, l’armée avait encerclé la ville de Qabatiya, d’où, d’après M. Katz, l’assaillant était originaire, et menait des opérations dans la zone. Les autorités ont annoncé vendredi que l’assaillant avait été blessé par balle à Afula et transporté à l’hôpital.

Il est courant qu’Israël lance des raids dans les villes de Cisjordanie d’où proviennent les assaillants ou qu’il démolisse les maisons de leurs familles.

L’État hébreu affirme que ces actions permettent de localiser les infrastructures des militants et de prévenir de futures attaques. Les organisations de défense des droits de la personne qualifient ces actions de punition collective.

Une vidéo de l’AP diffusée samedi montrait des bulldozers israéliens entrant dans la ville et des soldats patrouillant.