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Le pape exhorte les fidèles à Noël à se mobiliser face à la souffrance

«Comment alors ne pas penser aux tentes de Gaza, exposées pendant des semaines à la pluie, au vent et au froid.»

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Le pape Léon XIV préside la messe de Noël à la basilique Saint-Pierre au Vatican, le jeudi 25 décembre 2025. AP Photo/Gregorio Borgia Le pape Léon XIV préside la messe de Noël à la basilique Saint-Pierre au Vatican, le jeudi 25 décembre 2025. AP Photo/Gregorio Borgia (Gregorio Borgia)

Lors de son premier message de Noël, jeudi, le pape Léon XIV a exhorté les fidèles à se mobiliser face à ceux qui ont tout perdu, comme à Gaza, à ceux qui vivent dans la misère, comme au Yémen, et aux nombreux migrants qui traversent la Méditerranée et le continent américain en quête d’un avenir meilleur.

Le premier pape américain s’est adressé à quelque 26 000 personnes depuis la loggia surplombant la place Saint-Pierre pour la traditionnelle allocution papale «Urbi et Orbi», qui signifie «à la ville et au monde» et qui dresse un bilan des maux qui accablent le monde.

Alors que la foule s’était rassemblée sous une pluie battante pendant la messe papale à l’intérieur de la basilique Saint-Pierre, la pluie avait cessé lorsque Léon XIV a fait un bref tour de la place en papamobile, avant de prendre la parole depuis la loggia.

Le pape Léon a renoué avec la tradition de présenter ses vœux de Noël en plusieurs langues, tradition abandonnée par son prédécesseur, le pape François. Il fut particulièrement chaleureusement applaudi lorsqu’il salua l’assistance en anglais, sa langue maternelle, et en espagnol, la langue de son pays d’adoption, le Pérou, où il avait d’abord été missionnaire, puis archevêque.

Quelqu’un dans la foule a crié «Viva il papa !» («Vive le pape !») avant qu’il ne se retire dans la basilique. Léon ôta ses lunettes pour un dernier signe de la main.

Léon contemple la détresse du monde

Lors de son allocution traditionnelle, le pape souligna que chacun pouvait contribuer à la paix en agissant avec humilité et responsabilité.

«S’il s’impliquait véritablement dans la souffrance d’autrui et se montrait solidaire des faibles et des opprimés, alors le monde changerait», a soutenu le pape.

Léon a appelé à la «justice, à la paix et à la stabilité» au Liban, en Palestine, en Israël et en Syrie, à la prière pour «le peuple ukrainien tourmenté», et à la «paix et à la consolation» pour les victimes des guerres, des injustices, de l’instabilité politique, des persécutions religieuses et du terrorisme, citant le Soudan, le Soudan du Sud, le Mali, le Burkina Faso et le Congo.

Le pape a également exhorté au dialogue pour relever les «nombreux défis» en Amérique latine, à la réconciliation au Myanmar, au rétablissement de «l’ancienne amitié entre la Thaïlande et le Cambodge», et à l’aide aux victimes de catastrophes naturelles en Asie du Sud et en Océanie.

«En s’incarnant, Jésus a assumé notre fragilité, s’identifiant à chacun de nous: à ceux qui n’ont plus rien et ont tout perdu, comme les habitants de Gaza; à ceux qui sont en proie à la faim et à la pauvreté, comme le peuple yéménite; avec ceux qui fuient leur patrie pour chercher un avenir ailleurs, comme les nombreux réfugiés et migrants qui traversent la Méditerranée ou le continent américain», a affirmé le pape.

Il a également évoqué ceux qui ont perdu leur emploi ou qui en cherchent un, notamment les jeunes, les travailleurs sous-payés et les personnes incarcérées.

La paix par le dialogue

Plus tôt dans la journée, Léon XIV a célébré la messe de Noël depuis l’autel central, sous la balustrade de la basilique Saint-Pierre, ornée de guirlandes de fleurs et de bouquets de poinsettias rouges. Des fleurs blanches étaient déposées au pied d’une statue de Marie, mère de Jésus, dont la naissance est célébrée le jour de Noël.

Dans son homélie, le pape Léon a souligné que la paix ne peut naître que du dialogue.

«Il y aura la paix lorsque nos monologues seront interrompus et que, enrichis par l’écoute, nous nous agenouillerons devant l’humanité de l’autre», a-t-il soutenu.

Il a évoqué le sort des habitants de Gaza, «exposés pendant des semaines à la pluie, au vent et au froid», la fragilité des «populations sans défense, éprouvées par tant de guerres», et celui des «jeunes gens contraints de prendre les armes, qui, sur le front, ressentent l’absurdité de ce qu’on leur demande et les mensonges qui imprègnent les discours pompeux de ceux qui les envoient à la mort».

Des milliers de personnes ont rempli la basilique pour la première messe de Noël du pape, brandissant leurs cellulaires pour immortaliser la procession d’ouverture.

Cette période de Noël marque la fin des célébrations de l’Année sainte, qui s’achèveront le 6 janvier, jour de l’Épiphanie, commémorant la visite des rois mages à l’enfant Jésus à Bethléem.