Politique

Quoi penser du nouveau conseil des ministres?

Plusieurs éléments importants méritent d’être soulignés, selon notre collaborateur Jean-François Daoust.

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Daoust conseil des ministres (La Presse canadienne)

Promesse tenue, le Parti québécois a su imposer un régime minceur avec la formation de son conseil des ministres.

On le sait, bâtir un conseil des ministres est un exercice délicat. Il faut tenir compte de divers aspects (régionaux, de genre, etc.) qui restreignent la marge de manœuvre du premier ministre et qui, ultimement, fera beaucoup de déçus.

Dans ce contexte, il est plus facile d’ajouter des postes de ministres que de réduire la taille de son Conseil des ministres.

Et pourtant, Paul St-Pierre-Plamondon a tenu promesse: il a réduit le nombre de ministres à 22. La CAQ en comptait 28.

Pensez-y: ça aurait été très facile de simplement faire six heureux supplémentaires.

Chapeau!

Un cabinet en zone paritaire

Le cabinet est en zone paritaire (entre 40-60 % de femmes). C’est important. Cet impondérable n’est jamais assuré, même s’il est de plus en plus la norme. C’est une bonne chose que cette norme se renforce avec le gouvernement actuel.

Le grand retour de Nicolas Girard, ou l’étoile montante oubliée

Un mot sur Nicolas Girard, ministre des Transports. Il a été député du PQ de 2004 à 2012, avant d’être défait dans Gouin par Françoise David.

On a peu parlé de lui durant la campagne, mais Nicolas Girard était un parlementaire extraordinaire à l’époque. Il avait notamment mis en lumière le scandale autour du ministre libéral de la Famille, Tony Tomassi, qui a par la suite été reconnu coupable de fraude. La Presse parlait de Girard comme de la « bête noire » des libéraux.

Nicolas Girard à la période des questions du 7 décembre 2011. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Nicolas Girard à la période des questions du 7 décembre 2011. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Il sera très intéressant de voir s’il a toujours la même fougue plus d’une douzaine d’années après avoir quitté la politique active.

Les dossiers importants ne manqueront pas, que ce soit les ponts de Québec, de Montréal, ou en général, l’enjeu du transport en commun.

Une première : la représente du Roi absente

Fait à noter, le premier ministre a demandé à la représente du Roi, la lieutenante-gouverneure, de ne pas être présente à l’assermentation du conseil des ministres. C’est une première. Et c’est un autre pas vers l’enrayement de la monarchie, ce symbole du colonialisme, au Québec.

Il fallait une dose d’audace pour le faire, mais, comme pour le serment au Roi, PSPP a illustré que c’est possible d’oser et de changer les choses.

Une femme responsable du dossier de l’indépendance du Québec : pas anodin

Catherine Gentilcore est la responsable du dossier de l’Accession du Québec à l’indépendance.

C’est une décision stratégique de confier le dossier à une femme, car un des défis majeurs du PQ concerne l’écart entre les hommes et les femmes dans l’appui à l’indépendance. Systématiquement, les femmes sont moins favorables que les hommes à l’indépendance.

Le mouvement indépendantiste doit mettre de l’avant des leaders féminins pour tenter de combler cet écart et Catherine Gentilcore fait très probablement partie de la solution pour le PQ.

La région de l’Outaouais délaissée?

Le seul reproche évident qui ressort de la présentation du nouveau gouvernement, ou à tout le moins « l’incongruité » qui saute aux yeux est le fait que l’Outaouais ne soit pas représenté malgré une élue du PQ dans la région.

C’est Camille Pellerin-Forget, député de la région de la Montérégie, qui sera la responsable régionale. Elle a toutefois été candidate en Outaouais en 2022 et y a œuvré longtemps. Mais elle aura le fardeau de démontrer qu’elle peut bien représenter les intérêts de la région au conseil des ministres.

Jean-François Daoust

Jean-François Daoust

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Professeur de science politique