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Les choix de Pablo

Un mois après le début de cette crise, plusieurs éléments restent encore inconnus.

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Chronique Victor Henriquez | Les choix de Pablo Chronique Victor Henriquez | Les choix de Pablo (Montage Noovo Info et image tirée de La Presse canadienne)

Depuis le 17 novembre dernier, le Parti libéral du Québec et son chef, Pablo Rodriguez, sont embourbés dans leur pire crise depuis son accession à la chefferie en juin 2025. Cette crise, dont on ne connaît pas encore tous les éléments, a été déclenchée par la mise à pied de Geneviève Hinse, la cheffe de cabinet de l’opposition officielle, une employée dont la supérieure hiérarchique était la cheffe parlementaire, Marwah Rizqy, mais qui était le choix du chef non-élu du PLQ, Pablo Rodriguez.

Un mois après le début de cette crise, plusieurs éléments restent encore inconnus. Pourquoi Marwah Rizqy a-t-elle mis à pied la cheffe de cabinet ? Pourquoi n’a-t-elle pas voulu aviser son chef ? Qu’a-t-elle appris qui a justifié la présence d’un avocat lors de toutes les rencontres qu’elle a eues avec son chef ? Sur quels événements enquête l’UPAC ? Et j’en passe.

Cependant, nonobstant ces inconnues, plusieurs décisions ont été prises par les libéraux. Marwah Rizqy n’est plus cheffe parlementaire ni membre du caucus libéral, Sona Lakhoyan a été exclue temporairement du caucus pendant que la commissaire à l’éthique fait enquête à son sujet, une enquête indépendante dirigée par le juge à la retraite Jacques R. Fournier.

Maintenant que la session est finie, il y aura un peu moins de pression publique quotidienne sur le chef libéral, mais ça ne veut pas dire que la situation va se calmer. Au contraire, Pablo Rodriguez aura certainement à faire des choix importants durant les prochaines semaines afin de tenter de se sauver de cette crise. Si c’est encore possible.

Un départ qui ne règle pas tout

C’est l’option privilégiée par de nombreux analystes, par plusieurs militants et par une quinzaine d’anciens élus libéraux qui recommandent à Pablo Rodriguez de quitter son siège « parce que personne n’est plus important que le parti ». En termes de gestion de crise, il est vrai que la crédibilité du principal porte-parole du PLQ est fortement ébranlée, non seulement par les allégations, mais aussi par un certain désordre dans la communication qui a rythmé le dernier mois.

À sa défense, il est vrai que la situation est très particulière. Dans le cas qui nous occupe, les faits sont inconnus ou incomplets et ils sont constamment en évolution. Toutes les rumeurs sont devenues des vérités et, même incomplètes, elles ont influencé la perception publique.

Le manque de faits vérifiés ralentit ou bloque la prise de décisions et les faits nouveaux ont le potentiel de contredire des déclarations précédentes. Dans ce contexte, le chef libéral aurait dû limiter les décisions définitives et remettre l’emphase sur le fait qu’il n’a pas les informations suffisantes pour agir plus qu’il ne le fait. Les enquêtes indépendantes lui auraient aussi permis de s’engager à agir lorsque les faits seront connus, tout en demandant à la population de réserver son jugement pour ce moment-là.

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Maintenant que la perception négative s’est fait sentir dans le plus récent sondage (baisse de 6 points dans les intentions de vote), la question que tous se posent est de savoir s’il doit quitter immédiatement ou s’il peut attendre le résultat des enquêtes. À mes yeux, s’il démissionne, ce qui semblera être un certain aveu de culpabilité risque, dans l’opinion publique, de lui coller à la peau et le tout sera fort dommageable pour sa réputation à court et moyen terme. Mais surtout, un éventuel nouveau chef n’aura pas d’éléments supplémentaires pour agir différemment ou pour gérer la crise d’une autre façon.

Au contraire, ce nouveau chef sera condamné à débuter son mandat en pleine crise réputationnelle avec un caucus qui a majoritairement appuyé Pablo Rodriguez et une députée indépendante qui ne risque pas de lui donner plus d’informations que ce qu’il possède en ce moment. Une solution qui m’apparaît donc très partielle à ce moment-ci.

Prendre le taureau par les cornes

La meilleure défense, c’est l’attaque, disent certains spécialistes du sport. Dans le cas de Pablo Rodriguez, c’est peut-être l’option de la dernière chance. Il est clair que plusieurs éléments restent en suspens et risquent de continuer à hanter le chef libéral, mais quitte à voir son leadership remis en question publiquement par des membres et d’anciens élus, aussi bien prendre l’offensive.

À défaut de pouvoir agir immédiatement, l’option qu’il lui reste est de tenter d’imposer un nouveau narratif. Rapidement, en janvier, il pourrait présenter des actions concrètes et des engagements afin de montrer un certain contrôle sur la situation et un plan de match clair après le dépôt des résultats des enquêtes.

Ce plan d’action, d’ailleurs, devra répondre à plusieurs questions vitales pour son leadership. Comment pourra-t-il démontrer qu’il est encore le premier choix de la majorité des membres actifs de son parti ? Est-il prêt à se présenter devant ses membres afin de confirmer ce choix ? Aussi, une des qualités essentielles d’un chef est sa capacité à attirer des candidatures de renom et de qualité pour former une équipe qui peut aspirer à gouverner rapidement. Il devra donc démontrer, au bon moment, qu’il a encore cette capacité.

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Finalement, si des faits survenus lors de sa campagne à la chefferie font qu’il soit reconnu comme responsable de quelque geste illégal ou éthiquement inacceptable, que pense-t-il faire ? Annoncer d’avance le niveau d’imputabilité qu’il est prêt à s’imposer pourrait lui permettre de gagner un peu de temps.

Je ne sais pas si un tel plan clair serait suffisant, mais il permettrait au chef libéral de provoquer les discussions plutôt que de les subir. Dans le contexte actuel, il est normal que les membres du PLQ, inspirés par l’exemple de Mark Carney, se disent qu’un changement est encore possible et que cela leur donnerait au moins une chance à ce parti de se sortir de sa position actuelle.

Le chef libéral a le luxe de choisir son destin, mais il devra faire vite, car la patience de son caucus, de ses présidents d’association et de son exécutif de parti a des limites. Quitter ou s’exposer sont les seules options qu’il lui reste.

Ensuite, les membres du PLQ et les Québécois feront leur choix.

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