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Crise au PLQ: «l’homme d’Ottawa»

La première session parlementaire de Pablo Rodriguez aura permis de constater que le PLQ a été pris d’assaut par des gens du PLC.

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Chronique Antonine Yaccarini |Crise au PLQ: «L’homme d’Ottawa» Chronique Antonine Yaccarini |Crise au PLQ: «L’homme d’Ottawa» (Montage Noovo Info et image tirée de La Presse canadienne)

La première session parlementaire de Pablo Rodriguez aura permis de constater que le PLQ a été pris d’assaut par des gens du PLC. À voir la gestion des risques et de la crise actuelle, il semble que ces gens aient sous-estimé le niveau de difficulté de faire de la politique à Québec.

D’abord, rappelons quelques faits: plusieurs employés du Parti libéral du Canada ont donné à la campagne de Pablo Rodriguez. Plusieurs, aussi, ont été «bénévoles». Je mets des guillemets parce que nous avons appris que plusieurs d’entre eux ont reçu de l’argent de l’équipe de campagne. Et finalement, plusieurs occupent aujourd’hui des postes décisionnels, soit dans l’équipe parlementaire, à Québec, soit pour le Parti libéral.

Mais un autre personnage ottavien s’est invité dans la nouvelle émission quotidienne préférée des Québécois, et à lui seul, il souligne à grands traits ce qui fait le plus mal à Pablo Rodriguez.

Que se passe-t-il avec Fayçal El-Khouri ?

L’intervention du député libéral fédéral a soulevé plusieurs questions à Québec. Combien de sous a-t-il amassés pour la campagne? Avec quel objectif? Lui a-t-on offert ce qu’il souhaitait en retour de son «aide»? Désormais, des instances se penchent sur ces questions, et sur d’autres. L’Assemblée nationale a banni les brownies, le DGEQ, l’UPAC et un juge à la retraite ont été appelés à faire la lumière sur le financement de la campagne de M. Rodriguez et ses agissements.

À Ottawa ? Bof.

Alors qu’un député fédéral a été montré du doigt par les révélations du bureau d’enquête de Québecor, il ne se passe rien. Pas de suspension le temps qu’on fasse la lumière, pas d’explication, pas de commentaire de son chef, pas de conséquences.

Ça brasse au PLQ, à la CAQ et chez QS, mais «ça va bien au PQ», selon Paradis La crise au Parti libéral du Québec (PLQ) éclipse les réelles préoccupations des Québécois, a déploré le député du Parti québécois (PQ) Pascal Paradis.

L’opposition a beau poser des questions, ça ne colle pas.

Pourquoi?

Parce que la culture à Ottawa est différente, parce que les élus sont moins exposés, parce que la Chambre des communes semble plus loin de nous.

À Ottawa, quand Passeport Canada n’est plus capable d’imprimer des passeports, pas d’imputabilité. Quand l’Agence du Revenu du Canada ne peut pas dire quel est votre plafond de cotisation pour vos CELI, pas d’imputabilité. Quand on ne sait pas exactement combien de migrants en situation irrégulière sont sur le territoire, pas d’imputabilité. Au-delà des dossiers, c’est une manière d’être. De faire. Une culture.

Même, la structure de la période de questions à Ottawa favorise également le manque d’imputabilité. Il y a plus de questions qu’à Québec, moins de temps pour les poser, peu de temps pour y répondre. On passe les sujets aussi rapidement qu’on doom scroll sur TikTok. Paf paf! Allez, on enchaîne. Le tout entrecoupé de tonnerres d’applaudissements.

À Québec, on prend davantage de temps. On ne passe pas d’une affaire à l’autre toutes les 30 secondes ! On va un peu plus au fond des choses. Les applaudissements y sont proscrits, ce qui donne un air plus sérieux à l’exercice.

Les journalistes parlementaires suivent le tout avec attention. Il est bien difficile de se cacher ou de se sauver derrière des lignes creuses.

Les scandales ne collent pas

C’est peut-être pour toutes ces raisons que l’appareil fédéral se retrouve si souvent avec des fiascos dont personne n’est responsable. On laisse pourrir des problèmes et on finit toujours par tous en payer le prix quand la situation est devenue intenable. Personne n’y gagne… sauf peut-être les ministres qui s’en sortent trop bien.

C’est dans cette culture que Pablo Rodriguez et une partie de son entourage ont évolué.

Crise au PLQ: l’UPAC déclenche une enquête criminelle Rien ne va plus au Parti libéral du Québec: l’Unité permanente anticorruption annonce ouvrir une enquête criminelle sur le parti.

Pablo Rodriguez a surestimé la valeur de son expérience politique. Être ministre au fédéral pendant plusieurs années est plus facile que d’être chef d’un parti au palier québécois. Il est en train de l’apprendre à la dure.

Quand des questions se posent, on peut dire «je ne sais pas» à Ottawa. C’est plus difficile de le faire à Québec. Un ex-ministre fédéral qui a eu une carrière florissante est aujourd’hui qualifié «d’innocent», de «naïf» et de «candide». Ça décoiffe.

Il est facile d’être l’homme de Québec à Ottawa. Il l’est moins d’être l’homme d’Ottawa à Québec.

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