Estrie

Vers un retour des touristes québécois au Vermont?

«Le tourisme est terrible depuis que Donald Trump est au pouvoir.»

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Vers un retour des touristes québécois au Vermont? Le Vermont est pour bon nombre de Québécois le lieu idéal pour une escapade d’un week-end. À moins de 2h de Montréal et 2h30 de Sherbrooke, Burlington accueillait habituellement des centaines de milliers de touristes québécois chaque année. Mais avec le contexte socio-politique actuel, la destination touristique a perdu de son éclat auprès des visiteurs provenant de l’autre côté de la frontière.

Le Vermont est pour bon nombre de Québécois le lieu idéal pour une escapade d’un week-end. À moins de 2h de Montréal et 2h30 de Sherbrooke, Burlington accueillait habituellement des centaines de milliers de touristes québécois chaque année. Mais avec le contexte socio-politique actuel, la destination touristique a perdu de son éclat auprès des visiteurs provenant du nord de la frontière.

«Le tourisme est terrible depuis que Donald Trump est au pouvoir», lance d’emblée Rick Sharp, propriétaire de Burlington Segways and Electric Bikes.

Rick Sharp, propriétaire de Burlington Segways and Electric Bikes.
Relation Québec-Vermont Rick Sharp, propriétaire de Burlington Segways and Electric Bikes. (Noovo Info)

Le commerce de la rue principale enregistre une baisse de 40% à 50% de ses visiteurs canadiens depuis les deux dernières années. C’est sans compter les touristes européens qui sont aussi de 30% à 40% moins nombreux dans son magasin depuis l’arrivée en poste de la nouvelle administration.

Pour la sénatrice démocrate de l’État du Vermont, Martine Larocque Gulick, il n’y a pas de doute: «la vie devient de plus en plus difficile» pour les Vermontois ces jours-ci. Il y a évidemment le coût de vie, influencé notamment par les tarifs et les contre-tarifs entre le Canada et les États-Unis, mais aussi les impacts sur le tourisme de son État.

«Je comprends les actions des Québécois, je comprends tout à fait qu’ils ne veulent pas venir, c’est juste», lance résignée, dans un français impeccable, la sénatrice dont la mère est originaire de Montréal.

Martine Larocque Gulick, sénatrice démocrate de l’État du Vermont, septembre 2026.
Martine Larocque Gulick Martine Larocque Gulick, sénatrice démocrate de l’État du Vermont, septembre 2026. (Noovo Info)

Mais tous n’ont pas le même son de cloche que Rick Sharp. Certains commerçants rencontrés sur la rue Church, l’artère piétonne emblématique du centre-ville de Burlington, estiment que les Québécois se sont fait plus nombreux cet été que le précédent.

«Nos chiffres démontrent qu’on connait une hausse [des ventes]. Puis on entend beaucoup plus l’accent [...] qu’on aime tant», raconte Trena Isley, qui revoit les visages d’habitués montréalais dans son magasin. Un retour apprécié par celle qui a subi les tarifs de son propre gouvernement l’an dernier sur les produits d’importation asiatiques qui font la renommée de son Tradewinds.

D’autres commerçants nous ont rapportés que les Québécois sont encore nombreux quotidiennement et que leur visite est plutôt stable.

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Un couple de Québécois rencontrés attablés sur la terrasse du Ken’s Pizza&Pub nous expliquent que pour eux, les voyages aux États-Unis ne font plus partie de leur boycott. «J’avais besoin de voir la mer», nous exprime la femme qui revient d’une escapade à Cape Cod, dans le Massachusetts. Son conjoint ajoute que pour lui, le boycott se fait plutôt à la maison, dans les choix des produits achetés. «Moi, personnellement, maintenant je me dis que c’est dans les mains de nos gouvernements respectifs.»

À ceux pour qui le boycott perdure, Rick Sharp dit ne pas blâmer les Canadiens de ne plus visiter le Vermont. Il blâme plutôt directement le président Trump, qui «a insulté les Canadiens avec l’histoire du 51e État» et avec les tarifs.

La sénatrice Larocque Gulick, comme la majorité des Vermontois rencontrés, fonde beaucoup d’espoir dans les élections de mi-mandat.

D’ici-là, elle souhaite rappeler aux Québécois que «les Vermontois pour la plupart n’ont pas voté pour Trump» et ne soutiennent pas ses politiques. Mais même si la sénatrice dit comprendre les Québécois, elle ne cache pas sa tristesse de ne plus les voir dans les rues de son État.