La première ministre sortante, Christine Fréchette, affirme que le gouvernement du Québec «surveille étroitement» 30 000 emplois répartis dans une soixantaine d’entreprises qui seraient vulnérables aux droits de douane imposés par l’administration Trump.
La caravane de la cheffe caquiste a fait escale jeudi matin à Sainte-Julie, sur la rive sud de Montréal, chez Alu MC3.
Cette entreprise fabrique des structures d’aluminium et elle «a perdu l’équivalent de 10 % de ses contrats d’exportation» en raison de «la guerre tarifaire», incluant un important contrat de fabrication de 10 000 lampadaires pour la Floride, a expliqué Christine Fréchette.
«Ça nous montre l’impact que peuvent avoir ces tarifs», a indiqué la cheffe caquiste en mêlée de presse, en précisant que l’ensemble des droits de douane américains pourraient affecter les activités d’une soixantaine d’entreprises au Québec, qui comptent 30 000 emplois.
«C’est pas 30 000 emplois qui sont à risque, a-t-elle nuancé. Parce que dans chacune de ces entreprises, c’est une partie, probablement, des travailleurs qui seraient à risque avec la guerre tarifaire.»
Elle a toutefois prévenu que la liste «pourrait s’allonger» si le conflit commercial s’aggrave.Quoi qu’il en soit, Christine Fréchette s’est présentée comme la meilleure personne pour gérer la situation.
«Jusqu’à maintenant, on a bien géré la crise, a-t-elle indiqué. Moi je suis sur le terrain, je connais l’économie.»
Mais son adversaire libéral Charles Milliard est d’avis que «c’est assurément plus de 30 000 emplois qui seront affectés».
C’est ce qu’il a déclaré lors d’une visite dans une érablière de la région de Chaudière-Appalaches jeudi après-midi.
Invité à préciser sa pensée, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a indiqué que «quand on fait une extrapolation du nombre de secteurs touchés, le manufacturier, le forestier, l’aluminium, c’est impossible que ce soit seulement 30 000».
Appui aux démarches de Mark Carney
Lors du point de presse jeudi matin, Christine Fréchette a également mentionné qu’elle appuyait les démarches du premier ministre Mark Carney visant à resserrer les liens entre le Canada et l’Union européenne.
«Tout rapprochement de cette nature-là contribue à ouvrir de nouveaux marchés, à resserrer nos liens, nos partenariats stratégiques», a-t-elle dit en précisant «qu’avant même que le fédéral commence à discuter d’un rapprochement avec l’Union européenne, nous-même avons fait des démarches auprès de certaines instances de l’UE».
Questionnée à savoir s’il elle craignait que le rapprochement entre le Canada et l’UE puisse provoquer une réaction négative du président américain, Christine Fréchette a dit être d’avis que Donald Trump semble plus «vouloir faire de la pression sur l’Union européenne» que sur le Canada en raison de ce partenariat.
«Ça me fend le cœur»
Christine Fréchette semble avoir été saisie par l’émotion lorsque les journalistes lui ont demandé de commenter la situation dans un campement de personnes en situation d’itinérance à Montréal. Le Service de police de la Ville de Montréal a indiqué avoir retrouvé un enfant d’un an dans ce campement de fortune.
«Ça me fend le cœur, je suis une maman, je ne peux pas croire», a indiqué la cheffe caquiste en expliquant que «c’est un dossier qui doit être travaillé par l’ensemble des partenaires, que ce soit municipal, le gouvernement du Québec, le fédéral, le secteur privé et les organismes communautaires».
Elle a ajouté qu’elle souhaite discuter avec la mairesse de Montréal pour déterminer «qui a quelle responsabilité dans ce cas précis là».
Elle est également d’avis qu’il faut «faire un suivi» pour avoir «un portrait clair de qui compose ces camps là» et déterminer s’il y a d’autres enfants.
Féchette analysera la décision concernant Élections Québec
Christine Fréchette a également été appelée à réagir sur la décision d’un juge de la Cour supérieure du Québec qui a ordonné à Élections Québec, mercredi, d’envoyer par courrier des documents d’information en français et en anglais aux électeurs.
L’organisme électoral envoyait des documents électoraux uniquement en français, afin de se conformer à la nouvelle loi provinciale sur la langue de la Coalition avenir Québec.
«On va prendre le temps d’analyser cette décision-là» et «on va rester déterminés à respecter à la fois les droits linguistiques des anglophones, mais également respecter nos lois en matière du fait français», a indiqué la cheffe caquiste.
Dans la décision rendue mercredi, le juge Sylvain Lussier fait état d’un «risque de préjudice sérieux et irréparable pour les Québécois qui ne comprennent pas le français» et craint qu’en l’absence de document en anglais, «un grand nombre d’aînés anglophones» ne puissent pas exercer leur droit de vote.
Des soins vétérinaires plus abordables
Jeudi après-midi, la cheffe de la Coalition avenir Québec a annoncé une série de mesures qu’elle compte mettre en place pour rendre les soins vétérinaires plus abordables.
La CAQ veut notamment obliger les cliniques vétérinaires à «afficher, en ligne et dans leurs locaux, le prix de services courants, comme la consultation, la vaccination, la stérilisation ou les soins dentaires de base».
L’objectif étant de permettre aux propriétaires d’animaux de comparer plus facilement les prix avant de choisir une clinique.
