La Ville de Granby met en place une deuxième politique jeunesse, une réponse notamment à l’inquiétude grandissante qui accompagne la montée, entre autres, du masculinisme, de l’homophobie et du racisme dans certaines écoles secondaires de l’Estrie.
La mairesse de Granby, Julie Bourdon, est d’avis qu’il est essentiel d’aborder ces thèmes et de travailler en prévention auprès des jeunes. «Il faut leur apprendre à travailler la tolérance et le vivre-ensemble […]. Pour nous, c’est un enjeu de société», a-t-elle expliqué mercredi.
Des élèves rencontrés par Noovo Info ont confirmé que des cas de discrimination existent bel et bien en milieu scolaire. «On n’est plus dans l’ancien temps, il faudrait changer de mentalité et grandir parce que ce n’est pas normal d’avoir des propos comme ça», a confié une élève.
Selon Rafaël Provost, directeur général de l’organisme Ensemble pour la diversité, les enjeux auxquels les jeunes doivent faire face sont effectivement nombreux: racisme, violence, sexisme, masculinisme, homophobie, transphobie, etc. «Tout y passe. Chaque jour, je reçois un courriel ou un appel d’une école pour nous dire: “On est dépassés, on manque d’outils, venez nous aider”.»
La liste d’attente d’Ensemble pour la diversité comporte d’ailleurs le nom de 85 écoles qui souhaitent obtenir de l’aide et faire de la prévention auprès des élèves. «Les écoles veulent collaborer avec les organismes communautaires; souvent, ce qui manque, ce sont les moyens ou le pont à créer entre nous. De voir qu’une ville nous permet aujourd’hui de faire ça, c’est un grand pas vers l’avant. Les enjeux sont urgents», a raconté Rafaël Provost.
Le directeur général du Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs, Carl Morissette, affirme ne pas noter d’enjeux particuliers liés au masculinisme dans les écoles de son territoire, mais ajoute que l’organisation ne veut pas non plus attendre d’être confrontée à ces enjeux pour agir. «C’est vraiment d’y aller en prévention pour offrir un lieu d’apprentissage sain à nos élèves», a-t-il mentionné.
La politique jeunesse de la municipalité aborde ainsi différents enjeux sociaux qui touchent directement les jeunes de 12 à 17 ans, soit environ 7500 élèves. «Notre jeunesse, c’est notre avenir, il faut en prendre soin», a conclu la mairesse de Granby, Julie Bourdon.

