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Anthropic lance un modèle haut de gamme moins cher

Ce lancement survient alors que les inquiétudes quant à une perte de contrôle des IA domine l’Assemblée générale de l’ONU.

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Des pages du site web d'Anthropic et les logos de l'entreprise s'affichent sur un écran d'ordinateur à New York, le 26 février 2026. Des pages du site web d'Anthropic et les logos de l'entreprise s'affichent sur un écran d'ordinateur à New York, le 26 février 2026. (Patrick Sison/AP Photo/Patrick Sison)

Anthropic a lancé mardi une nouvelle version de son intelligence artificielle Claude, proche des performances de son modèle de pointe mais nettement moins chère, dix jours après l’appel de son patron Dario Amodei à ralentir le développement de l’IA.

Baptisé Opus 5.5, ce modèle occupe le deuxième rang de la gamme d’Anthropic, derrière Fable, l’IA de pointe de la start-up de San Francisco, qu’il égale toutefois «sur la plupart des tâches» pour un prix inférieur de 20%, annonce l’entreprise.

Ce lancement survient alors que les inquiétudes quant à une perte de contrôle des IA domine l’Assemblée générale de l’ONU: plus de 20 chefs d’État ont réclamé lundi des tests obligatoires, en opposition à Donald Trump qui a rejeté mardi tout «projet mondialiste» de contrôle. Dario Amodei doit s’exprimer mercredi devant le Conseil de sécurité.

Après les dérapages de l’été, qui ont vu des modèles d’Anthropic et de son rival OpenAI quitter leur milieu confiné pour s’introduire sur des plateformes en ligne, les deux entreprises de San Francisco avaient freiné quelques jours le travail sur leurs nouvelles IA, avant de reprendre.

Le 12 septembre, Dario Amodei a appelé à «temporiser» l’amélioration de l’IA, aussitôt rejoint par Sam Altman (OpenAI) et Elon Musk, et moqué par Donald Trump, pour qui ces alertes sont des «canulars».

Opus 5.5 est le premier modèle lancé depuis cet appel. Anthropic ne revendique pas de gain de capacité par rapport à Fable et lui applique les mêmes garde-fous en matière de cybersécurité, de biologie et de conception de modèles d’IA.

Concrètement, une requête jugée risquée par ces garde-fous est «réorientée de façon transparente» vers un modèle plus ancien et moins puissant: Opus 4.8, sorti en mai, pour «la plupart des tâches de cybersécurité», Opus 5, la version de juillet, pour la biologie.

Un modèle d’IA est trop dangereux pour être rendu public, selon ses développeurs Les dirigeants des banques canadiennes et les autorités de régulation se sont réunis le 10 avril dernier pour discuter des risques posés par Claude Mythos Preview, le nouveau modèle d’IA d’Anthropic, que l’entreprise juge si puissant qu’elle a décidé de ne pas le rendre public.

Anthropic affirme aussi, selon ses propres tests, qu’Opus 5.5 est «le modèle le plus performant que nous ayons testé à ce jour» en matière d’alignement, c’est-à-dire de respect des consignes de ses concepteurs.

Selon les tests de l’entreprise, Opus 5.5 tente de franchir les limites qui lui sont fixées «environ 85% moins souvent» qu’Opus 5, tout en montrant «des signes» qu’il «soupçonne souvent qu’il est évalué», ce qui complique la prédiction de son comportement réel, reconnaît Anthropic.

Deux organismes extérieurs, METR et Frontier Design, l’ont évalué avant sa sortie.

Facturé 20% moins cher que son prédécesseur Opus 5, Opus 5.5 consomme aussi moins de calcul, pour un coût réel en baisse de 40% sur un usage type selon Anthropic, et répond plus de 30% plus vite.

Cette baisse de coût revendiquée intervient à quelques semaines d’une introduction en Bourse attendue d’Anthropic, alors que les puissants laboratoires américains, sommés de rentabiliser les centaines de milliards investis sur eux, doivent affronter la forte concurrence des modèles ouverts à bas prix, notamment chinois.

Les modèles d’entrée de gamme d’Anthropic, Haiku et Sonnet, doivent recevoir leur mise à jour au niveau 5.5 «dans les prochaines semaines».