Dans un match dirigé par deux Néo-Écossais mercredi soir à Halifax, c’est Kori Cheverie et la Victoire de Montréal qui ont eu le meilleur sur Troy Ryan et les Sceptres de Toronto. Mais Cheverie et ses joueuses ont dû patienter et ont aussi un peu joué avec le feu.
Marie-Philip Poulin a trouvé le fond du filet lors de la séance de tirs de barrage et la Victoire a quitté le Scotiabank Centre avec un gain de 2-1.
Il s’agissait du tout premier match de la Ligue professionnelle de hockey féminin présenté dans la capitale de la Nouvelle-Écosse et 10 438 spectateurs y ont assisté, soit une salle comble.
En plus de voir son équipe ajouter deux points au classement, Cheverie avait le bonheur de retourner dans son coin de pays, elle qui est originaire de New Glasgow, en Nouvelle-Écosse. Avant la rencontre, elle a été accueillie avec une chaleureuse ovation de la part des spectateurs.
«Kori en a tellement fait depuis notre arrivée. Honnêtement, hier (mardi), elle était partout. Elle veut simplement redonner. Et de voir cette ovation, il n’y a rien de surprenant à cela», a déclaré Poulin lors de la conférence de presse d’après-match.
«Elle représente tout pour la communauté, pour nous, pour tout le monde. C’est tellement mérité et je suis heureuse que nous ayons pu récolter cette victoire pour elle», a ajouté la capitaine de la Victoire.
Cheverie n’oubliera probablement pas de sitôt cette soirée derrière le banc de la Victoire.
«C’était incroyable de voir les jeunes filles et les jeunes garçons dans les estrades porter nos chandails, crier nos noms et vouloir nos autographes. C’est vraiment très spécial», a-t-elle déclaré.
«Je pense que c’est tellement important que ces moments significatifs se produisent dans le hockey et que notre sport continue de se développer», a également mentionné Cheverie.
Le but de Poulin a été le seul marqué en 10 essais en fusillade. Il est venu à la toute première tentative, à l’aide d’un tir qui a battu Raygan Kirk du côté du bloqueur.
Poulin en a tenté un deuxième, Abby Roque a été envoyée deux fois et Laura Stacey, en une occasion, sans succès, chez la Victoire.
À l’autre extrémité, Ann-Renée Desbiens s’est dressée devant Kiara Zanon, Daryl Watts, Natalie Spooner, Emma Maltais et Sara Hjalmarsson lors des tirs de barrage.
La Victoire (2-1-0-1 - 8 points) a inscrit ce troisième gain consécutif même si elle a été tenue en échec lors de cinq supériorités numériques, incluant un à quatre contre trois en prolongation.
«Nous travaillons sur notre avantage numérique tous les jours, comme la plupart des équipes, à travers de petites réunions et des échanges avec les joueuses. Nous abordons chaque match de la même manière et nous avons vraiment aimé ce que nous avons vu jusqu’à présent cette saison. Les joueuses mettent en pratique ce sur quoi nous travaillons ensemble», a déclaré Cheverie à ce sujet.
«Vous savez, a-t-elle ajouté, c’est un match où nous n’avons pas marqué en avantage numérique. Donc, nous allons continuer à l’étudier, à l’évaluer et à essayer de nous améliorer.»
À sa première partie en carrière dans la LPHF, Maya Labad a marqué le seul but de la Victoire en temps réglementaire contre Kirk, qui a fait face à 31 rondelles devant le filet des Sceptres (2-0-1-2 - 7 points).
Anna Kjellbin a trompé la vigilance de Desbiens, qui a réalisé 35 arrêts.
La Victoire traversera le pays d’est en ouest en vue de sa prochaine sortie, le samedi 20 décembre à Vancouver face aux Goldeneyes. Trois jours plus tard, la Victoire se déplacera à Seattle pour se mesurer au Torrent.
Les quatrièmes trios s’imposent
La période initiale a été l’affaire des quatrièmes trios, et le premier à se manifester a été celui des Sceptres.
Kjellbin, l’ancienne défenseuse de la Victoire, a ouvert la marque après 3:26 de jeu.
Le jeu a pris naissance en zone centrale quand la défenseuse Kelly-Ann Nadeau a perdu le contrôle de la rondelle.
Emma Woods s’est emparé du disque et l’a glissé à Clara Van Wieren, sur le flanc gauche, dans la zone de la Victoire.
Montrant un beau flair offensif, Kjellbin a abandonné sa position à la pointe droite pour se diriger vers le filet. Habilement, elle a fait dévier la passe transversale de Van Wieren derrière Desbiens, qui n’y pouvait rien.
La riposte montréalaise est venue environ neuf minutes plus tard. Tout a commencé par une mise en jeu en zone torontoise gagnée par Alexandra Labelle.
Après un tir des poignets de Kati Tabin bloqué devant le filet, Willoughby a récupéré le disque et tenté un tir que Kirk a stoppé. Bien postée devant le filet, Labad a pris le retour et l’a poussé jusque dans le fond du filet.
Le score est resté le même à l’issue de la deuxième période, et ce n’est pas parce que les Sceptres n’ont pas donné d’occasions à la formation montréalaise de se détacher.
Les joueuses de la Victoire ont joué en quatre occasions différentes en avantage numérique au deuxième vingt, incluant pendant les 87 premières secondes de l’engagement à la suite d’une infraction signalée à la toute fin du premier vingt.
Des 10 tirs de la Victoire en deuxième période, sept ont été obtenus lors de ces supériorités numériques, mais aucun n’a été vraiment menaçant.
Dominées 24-18 au chapitre des tirs après 40 minutes, les joueuses de la Victoire ont joué avec plus de conviction au troisième vingt, mais pas assez pour empêcher le match de se rendre en prolongation.
À mi-chemin de cette prolongation, Emma Maltais croyait avoir mis fin au duel lorsqu’elle a battu Desbiens d’un bon tir, sur une échappée.
Toutefois, le but a aussitôt été refusé et une punition a été appelée contre Renata Fast pour obstruction. Fast a carrément bloqué la route à la défenseuse Jessica DiGirolamo qui tentait de compléter son repli.
