Société

Voici pourquoi les dates de péremption coûtent aux Canadiens des milliards de dollars en gaspillage alimentaire

«Les dates de péremption indiquent le moment où la qualité est optimale. Elles n’ont rien à voir avec la sécurité.»

Publié le 

Food waste in Canada Naomi Hansen donne une «deuxième vie» aux restes de légumes en les utilisant pour préparer du bouillon. (CTV News)

Selon un récent rapport, la confusion entourant les dates de péremption entraîne chaque année au Canada le gaspillage de milliards de dollars de nourriture sûre et comestible.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Le rapport de l’organisme de récupération alimentaire Deuxième récolte révèle que 12,3 milliards de dollars de nourriture n’arrivent pas dans les rayons des épiceries ou sont retirés prématurément en raison de «dates de péremption arbitraires».

«Personne ne produit, ne prépare ou n’achète de la nourriture pour la jeter, alors arrêtons de faire ça», a déclaré Lori Nikkel, PDG de l’organisme.

Les aliments préemballés dont la durée de conservation est de 90 jours ou moins doivent porter soit une date de péremption, soit une date d’emballage, selon l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Les produits dont la durée de conservation est supérieure à 90 jours ne sont pas tenus d’afficher une date de péremption, selon Mme Nikkel, mais elle précise que de nombreux produits s’orientent vers cette pratique.

«Les dates de péremption indiquent le moment où la qualité est optimale. Elles n’ont rien à voir avec la sécurité.»

—  Lori Nikkel, PDG de l'organisme Deuxième récolte

Les dates de péremption ne sont pas les mêmes que les dates d’expiration.

Les dates d’expiration sont obligatoires sur quelques produits, notamment le lait maternisé. Ces produits ne doivent pas être consommés après la date d’expiration.

Une étude de l’Université Dalhousie suggère que la plupart des Canadiens se fient aux dates de «à consommer de préférence avant» pour déterminer si un aliment est sûr, ce qui entraîne un gaspillage alimentaire inutile.

«Nous estimons que les dates de “à consommer de préférence avant” coûtent aux ménages entre 150 et 300 dollars par année, simplement parce qu’ils jettent des aliments parfaitement sûrs», a déclaré Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de recherche en sciences analytiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie.

Deuxième récolte souhaite que l’étiquetage soit plus clair afin d’aider les consommateurs à faire la distinction entre sécurité et qualité. Le groupe demande que les dates inutiles soient retirées de certains aliments de longue conservation et réclame une stratégie nationale pour la réduction du gaspillage alimentaire.

Conseils pour lutter contre le gaspillage alimentaire

C’est en jetant des concombres visqueux dans son bac à compost que Naomi Hansen a pris conscience qu’elle avait des choses à apprendre sur la réduction du gaspillage alimentaire.

Cette chroniqueuse culinaire et autrice, basée à Saskatoon, s’efforce activement de réduire le gaspillage alimentaire au quotidien. C’est un objectif qu’elle s’est fixé depuis cinq ans et sur lequel elle a littéralement écrit un livre.

Le premier chapitre de son nouveau livre, Building a Sustainable Kitchen, porte sur la réduction du gaspillage alimentaire.

Mme Hansen fait l’inventaire de tout ce qui se trouve dans sa cuisine pour s’assurer de savoir ce qu’elle a et quand elle doit le consommer. Elle congèle les aliments avant qu’ils ne se gâtent et utilise les restes de légumes, comme les écorces et les tiges, pour faire du bouillon.

«Ce sont juste des petites choses qu’on met en pratique et qui finissent par devenir des habitudes», a-t-elle dit à CTV News.

«Ça permet d’économiser de l’argent et, par rapport à d’autres gestes pour le climat, je dirais que c’est relativement facile à mettre en œuvre.»

Mme Hansen consomme les aliments même après leur date de péremption, pourvu qu’ils aient été conservés correctement. Mais elle n’en arrive souvent pas là, grâce à la façon dont elle gère ses provisions.

«Je note les aliments qu’il faut utiliser et ceux qui risquent de se gâter plus vite», a-t-elle expliqué. «Ensuite, je consulte cette liste régulièrement. Avant d’aller au magasin, avant d’acheter d’autres aliments, je regarde la liste.»