De plus en plus de Québécois sont préoccupés sur l’usage du français dans les commerces et entreprises. L’Office québécois de la langue française (OQLF) a enregistré une hausse des plaintes depuis un an sur le non-respect de la Charte de la langue française.
«L’augmentation constante du nombre de plaintes depuis quelques années témoigne de la préoccupation croissante des Québécoises et des Québécois quant à leur droit de travailler, d’être informés et de recevoir des services en français», a-t-on mentionné par communiqué.
Selon les dernières données publiées, l’organisme a reçu 11 125 plaintes entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026. Cela représente une hausse de 7% par rapport à l’année précédente qui comptait 10 371 plaintes.
Mais pourquoi? Les Québécois se plaignent principalement sur la langue de service, représentant ainsi 35% des plaintes selon l’OQLF. Les autres raisons mentionnées assez couramment sont la langue de la documentation commerciale, y compris celle diffusée sur les sites Web et les réseaux sociaux (33 %), la langue de l’affichage public et commercial (16 %), la langue des inscriptions sur les produits (6 %) et la langue du travail (5 %).
L’organisme a également constaté que le nombre des plaintes diffèrent selon les régions. Plus de 50% des plaintes visaient une entreprise de la région de Montréal, tandis que 10% des plaintes visaient des entreprises de la Montérégie, 9% pour des entreprises en Outaouais (9%). Seuls 6% des plaintes visaient des entreprises dans la Capitale-Nationale et à Laval.
«Lorsqu’une plainte est jugée recevable et fondée, l’Office accompagne l’entreprise concernée dans la mise en place de solutions concrètes», a-t-on précisé par communiqué, ajoutant que les entreprises l’ont suivi dans 95% des cas.
Un restaurant visé à Montréal
Dernièrement, le restaurant Arthurs Nosh Bar, situé sur la rue Notre-Dame Ouest à Montréal, a attiré l’attention de l’OQLF en raison du mot yiddish inscrit sur la vitrine.
«Nosh est un mot yiddish qui signifie “manger un morceau”, comme grignoter», a expliqué Raegan Steinberg, propriétaire du Nosh Bar d’Arthur. «Bar est en français ou en anglais, c’est bilingue, mais nosh, qui est un mot yiddish, n’est pas conforme.»
Ce mot figure également dans les dictionnaires anglais avec la même définition, et l’OQLF a précisé que le français doit occuper deux fois plus d’espace que toute autre langue visible sur les enseignes publiques.

Bien que nosh ne soit écrit qu’en petites lettres au bas de deux des vitrines, Mme Steinberg a affirmé que l’OQLF ne considère pas non plus que son enseigne principale soit en français.
Dans un communiqué, l’OQLF a écrit: «Une entreprise peut conserver sa signalisation actuelle et y ajouter des éléments qui assurent la prédominance claire du français, comme une description ou un slogan, par exemple.»
La propriétaire a avoué qu’elle n’était pas encore prête à accepter cela. «Je pense qu’il doit y avoir une meilleure façon de concilier la préservation de la langue française et la célébration des autres cultures», avait-elle dit à CTV News.
Même si Raegan Steinberg est prête à collaborer avec les inspecteurs, elle vivait mal les interruptions pendant qu’elle tente de faire fonctionner son entreprise.
Avec des informations de CTV News

