Société

Une mobilisation pour empêcher l’expulsion d’un Montréalais vers le Mexique

«Je n’ai jamais vu de situation aussi tragique pour un enfant.»

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L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ouvre des enquêtes sur le dumping et subventionnement présumés de rayonnages en acier en provenance de la Chine. Un insigne de l’ASFC, à Richmond, en Colombie-Britannique, le vendredi 3 octobre 2025.... L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ouvre des enquêtes sur le dumping et subventionnement présumés de rayonnages en acier en provenance de la Chine. Un insigne de l’ASFC, à Richmond, en Colombie-Britannique, le vendredi 3 octobre 2025. LA PRESSE CANADIENNE (DARRYL DYCK)

Une campagne est en cours pour suspendre l’expulsion d’un Mexicain résidant à Montréal, dont le beau-fils souffre de graves problèmes de santé et dont la compagne attend un autre enfant.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

L’avocate de la famille affirme qu’Andres est la seule source de revenu de la famille et qu’il risquerait d’être victime de violences s’il retournait dans son pays.

«Le père biologique de l’enfant a été tué sous ses yeux. Il souffre donc, bien sûr, d’un grave syndrome de stress post-traumatique. [La mère de l’enfant] aussi», a indiqué Me Anne Cécile Khouri-Raphael, une avocate spécialisée en droit des réfugiés qui représente cet homme.

Andres n’est pas le vrai nom de cet homme. CTV News protège son identité pour des raisons de sécurité.

Bien que cet homme soit passible d’expulsion, elle a déclaré que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) devait également évaluer l’intérêt supérieur de l’enfant, qui souffre de graves problèmes de santé.

«Je n’ai jamais vu de situation aussi tragique pour un enfant. Vous savez, toute séparation est tragique, mais pour des enfants dont le père a été assassiné sous leurs yeux, qui ont souffert d’une forme de cancer, qui sont très malades, dont la mère a beaucoup de mal à s’en sortir et qui est enceinte. Vous savez, pourquoi?», a affirmé Mme Khouri-Raphael.

Une militante communautaire qui travaille avec la famille a indiqué qu’il y avait eu une augmentation de ce type d’expulsions entraînant la séparation des familles ces dernières années, ajoutant que les tribunaux ne devraient pas séparer les familles dans ce genre de situation.

«On ne devrait jamais séparer une famille», a déclaré Maryse Poisson, directrice de l’intervention sociale au Collectif Bienvenue.

« Il n’est pas normal que nous devions travailler toute la nuit pour déposer des requêtes devant les tribunaux. Ces renvois ne devraient tout simplement pas avoir lieu. Nous devrions avoir une politique pour les empêcher», a expliqué Maryse Poisson, directrice de l’intervention sociale au Collectif Bienvenue, une organisation qui soutient les demandeurs d’asile.

Selon Mme Poisson, le chef de famille était un ancien membre de l’armée mexicaine qui menait des opérations contre les trafiquants de drogue et qui a vu ses collègues se faire tuer par les cartels.

Elle a ajouté qu’il courait un risque sérieux d’être tué s’il était renvoyé dans son pays d’origine — un fait que l’ASFC ne peut ignorer.

Elle a précisé qu’Andres avait trouvé du travail à Montréal et qu’il subvenait financièrement aux besoins de sa famille pendant la procédure d’immigration.

Me Khouri-Raphael a déposé mercredi une requête devant la Cour fédérale pour suspendre l’expulsion, avant celle d’Andres prévue le 12 mai.