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Une centaine de participants manifestent lors d'un «die-in» contre les pesticides

Des rassemblements contre les pesticides se sont simultanément déroulés samedi à Québec, Ottawa, Sherbrooke, Saguenay, Terrebonne, Blainville et Val-David.

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Des manifestants font un «die-in» contre les pesticides à Montréal, le samedi 31 octobre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Coralie Laplante Des manifestants font un «die-in» contre les pesticides à Montréal, le samedi 31 octobre 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Coralie Laplante)

Plus d’une centaine de personnes, dont plusieurs étaient déguisées en ce jour d’Halloween, ont voulu faire valoir que «les pesticides tuent» en effectuant un «die-in» samedi devant les bureaux de Santé Canada, à Montréal.

Les participants se sont couchés sur le sol en face du complexe Guy-Favreau, au centre-ville, au fur et à mesure que des personnes vêtues de combinaisons blanches circulaient dans la foule en faisant semblant d’éprendre des pesticides sur les manifestants.

Les enfants prenant part à l’événement étaient invités à tracer à la craie les contours des personnes au sol, afin de laisser une trace de l’action. Les organisateurs avaient disposé devant l’immeuble un cercueil et des pierres tombales faites de carton, sur lesquelles on pouvait lire le nom de plusieurs maladies, de façon à créer un «cimetière».

Une personne déguisée en la mort elle-même, jugée sur des échasses, circulait également dans la foule, vêtue de sa longue robe noire et brandissant sa faux.

Thibault Rehn, directeur général de Vigilance OGM, l’un des organismes qui ont mis sur pied la manifestation, a affirmé que l’action visait à «dénoncer les reculs historiques que le gouvernement Carney est en train de mettre en place sur le dossier des pesticides».

«Les pesticides sont des produits chimiques qui sont à la base faits pour tuer, faits pour tuer des insectes, faits pour tuer des mauvaises herbes, mais ça a aussi énormément d’impacts, on le voit au fur et à mesure de la science, sur les humains», a-t-il soutenu, indiquant que le «die-in» visait à reprendre la symbolique de l’Halloween pour faire passer ce message.

Les organisateurs déplorent l’adoption du projet de loi C-30 en juin dernier, qui permet de réautoriser l’utilisation de pesticides qui ont été interdits par Santé Canada. Ils sont aussi inquiets de la section 13 du vaste projet de loi C-31, présentement à l’étude, qui viendrait modifier certaines dispositions du budget. La section 13 viendrait modifier la Loi sur les produits antiparasitaires pour mettre fin à l’obligation de réévaluer tous les 15 ans les pesticides homologués.

«Pour nous, c’est comme donner l’autorisation à vie des pesticides et donc, on s’oppose à ce projet de loi», a fait valoir M. Rehn.

«La question qui se pose, c’est à quels besoins répondent la loi C-30 et la loi C-31? Quel citoyen a signé pour manger plus de pesticides, pour en boire plus?», a dit au micro Maude-Hélène Desroches, du Réseau des fermiers de familles, qui rassemble des fermes qui produisent des légumes biologiques et qui faisait partie des organisateurs de la manifestation.

«Les vrais besoins, c’est plutôt de se donner les moyens d’encadrer les bonnes pratiques agricoles, de protéger la biodiversité, nos sols, l’environnement, nos cours d’eau», a-t-elle ajouté.

Geneviève Dussault, une participante à la manifestation, le visage peint en vert, arborait un costume de «citrouille malade» et une pancarte sur laquelle on pouvait lire «Carney nous tue à petit feu».

«On ne peut plus se permettre de ne rien faire, puis de rester silencieux», a-t-elle dit, invitant les citoyens à faire valoir leur désaccord.

Rébecca Pétrin, directrice générale de l’organisme Eau secours, prenait part à la manifestation avec sa famille. Elle y participait en tant que citoyenne et Mère au front, arborant l’épinglette de cœur vert de l’organisation, pour demander de réduire les pesticides à la source.

«C’est une aberration, alors qu’on devrait diminuer la quantité de produits chimiques qu’on épand dans notre nourriture, alors qu’on a de plus en plus de preuves que ça porte atteinte à la santé humaine, le gouvernement du Canada va dans le sens inverse. Ça n’a vraiment pas de sens», a-t-elle déclaré.

«On trouve ça dommage que notre santé soit mise de côté pour faire plus de profits», a pour sa part déploré Sarah Mollier.

À la suite du Sommet Canada-Union européenne qui s’est déroulé cette semaine à Montréal, Mme Mollier a dénoncé «un gros manque de sens vis-à-vis de faire des partenariats, notamment avec l’Union européenne».

«Pourquoi ne pas s’aligner sur leurs normes en termes agricoles, si justement on veut exporter et faire du commerce avec eux?», a-t-elle demandé.

Le porte-parole de la ministre fédérale de la Santé Marjorie Michel, Alexandre Bergeron, a indiqué dans un courriel envoyé à La Presse Canadienne samedi que le projet de loi C-31 est toujours à l’étude par le Comité permanent des finances et qu’ils attendent ses conclusions avec intérêt.

«Santé Canada continuera d’appliquer des normes scientifiques rigoureuses, de surveiller les pesticides tout au long de leur cycle de vie et de prendre des mesures réglementaires chaque fois que les données probantes indiquent qu’un produit pourrait présenter des risques accrus, tout en accordant la priorité aux réévaluations qui doivent être entreprises plus rapidement», a écrit M. Bergeron.

En ce qui concerne le projet de loi C-30, M. Bergeron a fait valoir que «la santé et la sécurité des Canadiens seront toujours (leur) priorité».

«La hausse du coût des aliments est une préoccupation majeure pour les Canadiens et continue d’exercer une pression importante sur les ménages. C’est pourquoi notre nouveau gouvernement a modifié les mandats prévus par la Loi sur les produits antiparasitaires et la Loi sur l’Agence canadienne d’inspection des aliments, a-t-il affirmé. En ce qui concerne les situations où la sécurité économique pourrait être priorisée, ces pouvoirs sont destinés à être utilisés uniquement dans des circonstances exceptionnelles et ne sont pas exercés à la légère.»

Une pétition demandant l’abrogation des modifications à la Loi sur les produits antiparasitaires apportées par le projet de loi C-30 ainsi que le retrait des dispositions modifiant cette même loi dans le projet C-31 se trouve sur le site web de la Chambre des communes et a recueilli pour l’instant plus de 19 000 signatures. La pétition est portée par un député du Bloc québécois, Maxime Blanchette-Joncas.

Des rassemblements contre les pesticides se sont simultanément déroulés samedi à Québec, Ottawa, Sherbrooke, Saguenay, Terrebonne, Blainville et Val-David.

Victimes des pesticides du Québec, l’Union paysanne, les Greniers agricoles et Mères au front ont aussi participé à l’organisation de ces manifestations.

Coralie Laplante

Coralie Laplante

Journaliste