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SPVM: Ian Lafrenière nomme Me Anne-Marie Boisvert comme observatrice indépendante

«Si elle relève une irrégularité ou un manque de collaboration du SPVM, elle devra m’en informer sans délai.»

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Le vice-premier ministre du Québec et ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, répond aux questions des journalistes avant de se rendre à une réunion du caucus précédant la session législative, à Rivière-du-Loup, au Québec, le vendredi 1er... Le vice-premier ministre du Québec et ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, répond aux questions des journalistes avant de se rendre à une réunion du caucus précédant la session législative, à Rivière-du-Loup, au Québec, le vendredi 1er mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, a nommé samedi Me Anne-Marie Boisvert comme observatrice indépendante afin d’assurer un suivi de l’enquête concernant les allégations de racisme visant des policiers montréalais.

M. Lafrenière a précisé dans une publication sur son compte X que le mandat de Me Boisvert sera de «vérifier que les enquêtes du SPVM, tant criminelle que disciplinaire, sont menées avec intégrité et impartialité» et de lui remettre un rapport avec ses constats et recommandations.

Au cours des prochaines semaines, Me Boisvert va rencontrer le directeur du SPVM, Fady Dagher, afin d’établir la façon dont ils vont travailler, a mentionné le ministre lors d’une entrevue par téléphone.

«Si elle se rend compte qu’il y a des anomalies ou des irrégularités dans les enquêtes, ou qu’il n’y a pas de collaboration du SPVM, elle doit m’aviser et, rapidement, je vais prendre une décision», a-t-il fait savoir.

«J’ai confiance dans le processus du SPVM, mais vous comprenez que je mets quand même une limite très claire que, si ce n’est pas respecté, on va agir rapidement», a soutenu M. Lafrenière.

Le ministre a également indiqué que l’observatrice offrira ses observations à la Commission de la sécurité publique de Montréal, après en avoir convenu avec la mairesse Soraya Martinez Ferrada.

Il a par ailleurs précisé que Me Boisvert n’avait pas de délais particuliers pour rendre compte de ses constatations.

Le SPVM a annoncé le 12 juin dernier avoir démantelé une équipe du poste de quartier 39, à Montréal-Nord, en raison d’allégations graves de comportements racistes.

Jusqu’à présent, l’enquête amorcée en mars par le SPVM a mené à la suspension de 2 policiers — dont les dossiers ont été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales — et à la réaffectation de 14 autres.

L’enquête du SPVM concerne des allégations de «gestes et de comportements inacceptables». Selon ce qu’ont rapporté plusieurs médias, des policiers auraient notamment coupé les cheveux de citoyens racisés afin d’en faire des «trophées».

Habituée des pratiques policières

M. Lafrenière a expliqué qu’il a été convaincu par la «rigueur, l’intégrité et l’impartialité» de Me Boisvert.

Le ministre a d’ailleurs insisté sur son CV, rappelant qu’elle a notamment fait partie du Comité de surveillance de l’Unité Permanente Anti-Corruption (UPAC).

«Elle connaît déjà le rôle de s’enquérir, de poser des questions sur des processus policiers, elle l’a déjà fait», a-t-il souligné.

Et il ne s’agit pas de la première fois qu’elle collabore avec le ministère de la Sécurité intérieure, puisqu’elle a présidé un groupe de travail chargé de revoir la politique québécoise de gestion des collaborateurs de la justice, alors nommé Commission Boisvert.

Elle a aussi été à la tête d’un groupe d’experts mandaté par le ministre de la Sécurité publique du Canada pour revoir les orientations des Équipes intégrées des polices des marchés financiers.

«Autant au fédéral qu’au provincial, elle a eu des mandats où elle devait revoir les pratiques policières», a mentionné M. Lafrenière.

«Je trouve que c’est une personne qui est assez intéressée dans la chose policière, sans faire partie de la grande famille policière. (...) Pour moi, c’était la bonne personne», a-t-il ajouté.

L’enquête publique n’est «pas exclue»

Le ministre a par ailleurs fait savoir qu’une enquête publique «n’est pas exclue au terme de l’enquête criminelle».

Il répond ainsi à une demande faite jeudi par quatre groupes de la société civile, qui veulent que le gouvernement déclenche une commission d’enquête publique sur «le racisme policier et le profilage racial au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM)».

Racisme allégué au SPVM: faut-il des enquêtes dans tous les corps policiers? Par Lila Mouch | Depuis les allégations de discrimination et de racisme au sein du Service de police de Montréal, plusieurs voix se sont élevées non seulement chez les élus, mais aussi dans les organismes communautaires pour exiger une enquête indépendante. Mais pour le Sommet Jeunes Afro, il faut une commission d’enquête publique sur le racisme au sein de tous les corps policiers du Québec.

Hoodstock, la Clinique juridique de Saint-Michel, la Ligue des droits et libertés ainsi que l’Association canadienne des libertés civiles ont transmis une lettre à la première ministre Christine Fréchette pour lui faire part de leur demande.

«J’ai des demandes de faire une enquête publique. Ça ne me dérange pas une enquête publique, mais si je fais ça présentement, je vais nuire complètement à l’enquête criminelle», a toutefois nuancé M. Lafrenière.

Le ministre se fait ainsi l’écho de la première ministre, qui avait confirmé vendredi qu’elle ne ferme pas la porte à déclencher une enquête publique, soulignant que «toutes les possibilités sont sur la table».

Mme Fréchette a toutefois rappelé qu’elle veut d’abord attendre de connaître le résultat de l’enquête qui est déjà en cours.

En plus de nommer une observatrice indépendante, le ministre compte également regarder avec le commissaire à la déontologie policière pour qu’il puisse commencer des enquêtes, «sans nuire au processus criminel».

Il souhaite aussi trouver des chercheurs qui pourraient prendre des rapports faits sur le SPVM en matière de profilage racial et faire des recommandations au service de police.

Le ministre a par ailleurs insisté sur l’importance des comités de vigie, demandant à la police montréalaise de s’assurer d’en avoir.

Avec des informations de Mathieu Paquette pour La Presse Canadienne

Audrey Sanikopoulos

Audrey Sanikopoulos

Journaliste