Arrivés au Québec en 2023, dans le cadre d’un programme d’étude, un couple et leurs deux enfants pourraient être forcés de retourner en France.
Après que Karim Cassin-Montana, le conjoint, ait obtenu un permis de travail post-diplôme, le droit à travailler de sa conjointe, Marine Lapouyade, qui est enseignante dans une école primaire de Sherbrooke, a été refusé.
Ce qui devait être une aventure stimulante s’est transformé en épreuve administrative semée d’embûches pour ce couple établi au Québec depuis deux ans.

Marine et son mari ont tout quitté et consenti d’importants sacrifices financiers et personnels pour bâtir ici un avenir qu’on leur avait présenté comme prometteur. Aujourd’hui coincée en statut implicite, Marine attend depuis des semaines une réponse.
«Je suis enseignante et mon mari a un métier en demande. On se demande pourquoi j’ai été refusée alors qu’on est intégré et on remplit tout ce qu’il faut pour être ici», explique Marine Lapouyade.
Le statut implicite de Marine lui donne le droit légal de continuer d’exercer sa profession et de rester au Canada pour une période indéterminée. D’ici un changement de statut, elle ne peut quitter le pays.
«On voulait aller en France pour visiter la famille. Étant donné son statut, elle ne peut pas se déplacer parce que sinon elle ne pourrait pas revenir au Canada ou elle ne pourrait plus travailler», explique Karim.
Selon le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Marine a omis de fournir certaines preuves et certains documents. Il est d’ailleurs inscrit dans un document que la demande a été refusée en août 2025, car la demanderesse n’a fourni aucune preuve que son conjoint est employé dans une catégorie FEER applicable, même si Karim mentionne avoir envoyé son contrat de travail au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.
«J’ai fourni l’intégralité des pièces demandées, soit la lettre de l’employeur, mon titre, ma fonction et mon salaire.»

Selon l’avocat spécialisé en immigration, Me Patrice Brunet, il y a une saturation des dossiers au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, alors il n’est pas rare de voir des erreurs. Selon lui, il n’existe toujours pas de système efficace et rapide pour corriger les erreurs du gouvernement.
«Il y a beaucoup d’incertitude et de volatilité qui a été créée, ce qui fait que nos clients sont perdus», ajoute Me Brunet.

Il ajoute aussi qu’il existe toujours des solutions, mais qu’il faut parfois faire preuve de patience.
Après avoir demandé des informations sur le refus de Marine, le bureau de la députée de Sherbrooke, Élizabeth Brière, a répondu par courriel ceci :
«Certains permis de travail ouverts et les permis potentiels délivrés aux conjoints de ces derniers font partie de cette catégorie particulière de permis pour lesquels on doit fournir un argumentaire ou fournir plus de détails sur la nature du dit emploi potentiel ou futur, versus par exemple les permis de travail ouverts ou fermés “réguliers”.»
— Bureau de la députée de Sherbrooke, Élizabeth Brière
L’abolition du Programme de l’expérience québécoise, en novembre dernier, vient ajouter une angoisse pour ce couple parce qu’ils espèrent, un jour, pouvoir obtenir la résidence permanente.
