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Sinistrés depuis un mois, l’assurance refuse de payer les réparations de leur maison

«C’était terrible. Mon joli petit bureau était recouvert de boue, il y avait un trou dans le mur.»

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Coquitlam mudslide
Coquitlam mudslide De la boue atteignant par endroits jusqu'à 1,20 mètre s'est déversée dans la maison. (Jeannie Dmytroetz via CTV News)

Un couple âgé dont la maison a été touchée par une coulée de boue à Coquitlam, en Colombie-Britannique, le mois dernier, n’a toujours pas pu réintégrer son domicile.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

Mais alors même que les coûts de réparation ne cessent d’augmenter, ce qui les inquiète davantage, c’est ce que révèle l’évaluation préliminaire de la coulée de boue réalisée par la ville concernant leur propriété.

Tom Dmytronetz, âgé de 90 ans, et sa femme, Eileen Dmytronetz, âgée de 88 ans, dormaient lorsque de fortes pluies ont déclenché une coulée de boue qui s’est abattue sur leur maison le 19 mars.

«C’était terrible. Mon joli petit bureau était recouvert de boue, il y avait un trou dans le mur», se souvient Eileen.

La coulée a enfoncé les portes de la maison du couple, laissant par endroits jusqu’à 1,20 mètre de boue à l’intérieur.

«Mon mari a trouvé un arbre dans l’entrée principale. Et il y avait une bûche qui s’était frayé un chemin jusqu’à l’entrée principale, puis sous l’escalier», se souvient Jeannie Dmytronetz, la belle-fille du couple.

Les personnes âgées faisaient partie des résidents de cinq propriétés évacués par hélicoptère après que la coulée a bloqué Pipeline Road.

Le couple a depuis appris que leur assurance ne couvrait pas les glissements de terrain et qu’ils n’étaient pas éligibles à l’aide financière provinciale en cas de catastrophe.

«Bien que les répercussions aient été localisées et significatives pour les personnes touchées, les dommages matériels causés par cet événement n’atteignent pas le seuil requis pour une aide financière en cas de catastrophe (DFA)», indique un courriel du ministère de la Gestion des urgences et de la Préparation au changement climatique.

Bien que la famille et les amis aient effectué la majeure partie des travaux de réparation, les personnes âgées devront tout de même débourser des dizaines de milliers de dollars pour couvrir les frais.

«À ce stade de leur vie, c’est une somme considérable», a dit leur belle-fille.

Mais les coûts de réparation ne sont peut-être pas le plus grand obstacle auquel ils sont confrontés.

Un rapport géotechnique préliminaire de la ville de Coquitlam, considéré comme une première évaluation d’urgence visant à garantir la sécurité, a conclu que leur maison serait «dangereuse à réoccuper […] sans la mise en place de travaux de protection pour atténuer le risque».

«Ils ont bien dit “inhabitable”, mais si vous lisez la suite, il est précisé «inhabitable sous certaines conditions», a expliqué Jeannie.

Elle a précisé que les conditions sont les suivantes: «en cas de fortes précipitations, ils doivent veiller à quitter les lieux».

Dans un communiqué de la ville, Jaime Boan, directeur général de l’ingénierie et des travaux publics, a indiqué que les résultats du rapport géotechnique ont déterminé que le glissement de terrain avait pris naissance dans « une zone intacte du bassin versant du ruisseau Fulawka, sur des terres provinciales appartenant à la Couronne ».

La ville indique que la province sera en mesure de donner des conseils sur les prochaines étapes pour évaluer, contrôler et surveiller les risques dans la zone.

Le ministère de la Gestion des urgences et de la Préparation au changement climatique a déclaré qu’il soutenait Coquitlam dans la réalisation de travaux d’urgence à la suite du glissement de terrain.

Le ministère de la Gestion de l’eau, des terres et des ressources a écrit dans un courriel adressé à CTV News qu’il finançait des projets d’atténuation des catastrophes, mais n’a pas précisé ce qui serait fait, le cas échéant, dans cette zone.

Tout cela n’est guère rassurant pour Tom et Eileen, qui vivent sur leur propriété depuis trois décennies, mais ne savent toujours pas quand ils pourront rentrer chez eux.

«Ce n’était pas notre boue. Elle ne venait pas de notre terrain», a affirmé Eileen.

Le couple séjourne chez leur fils et leur belle-fille, qui s’inquiètent eux aussi que de futurs glissements de terrain ne touchent leur propre maison.

«(Nous sommes) vraiment inquiets. Il faut faire quelque chose, sinon ce sera dangereux pour nous tous d’être ici. Pas seulement pour eux, mais pour nous tous.»

—  Jeannie Dmytroetz

Elle a expliqué que pendant des décennies, il n’y avait eu aucun problème, mais qu’au cours des neuf dernières années, il y avait eu trois glissements de terrain, le dernier étant le plus grave.

Ils s’inquiètent des dérivations de ruisseaux qui ont eu lieu en amont et qui sont mentionnées dans le rapport de la ville. Selon ce rapport, la province a déclaré qu’une de ces dérivations devait être supprimée.

La famille Dmytronetz estime qu’il est temps que quelqu’un prenne ses responsabilités et réduise le risque de glissement de terrain afin qu’ils puissent se sentir à nouveau en sécurité chez eux.