Société

SAQ et Uber Eats: un syndicat voudrait que ses membres offrent le service

La SAQ a annoncé son projet pilote avec Uber Eats pour la livraison de 150 produits sur l’île de Montréal à compter de la fin du mois de février.

Mis à jour le 

Publié le 

Un travailleur livre une caisse de bouteilles d'alcool dans une succursale de la Société des alcools du Québec (SAQ) à Montréal. Un travailleur livre une caisse de bouteilles d'alcool dans une succursale de la Société des alcools du Québec (SAQ) à Montréal. (Christinne Muschi/La Presse canadienne)

Le syndicat qui représente des travailleurs de la Société des alcools du Québec qui livrent déjà des bouteilles d’alcool dans les restaurants et les succursales de la SAQ, demande au ministre des Finances d’intervenir pour annuler le contrat avec Uber Eats pour dispenser ce service.

La SAQ a annoncé son projet pilote avec Uber Eats pour la livraison de 150 produits sur l’île de Montréal à compter de la fin du mois de février.

Depuis, des voix se sont fait entendre pour dénoncer ce recours à une entreprise américaine plutôt que d’ici, mais la SAQ a assuré que son choix ne constituait «pas un jugement de valeur sur les entreprises québécoises».

« Les entreprises locales qui ont été considérées ne disposent actuellement ni des capacités logistiques ni des plateformes technologiques spécialisées en livraison alimentaire nécessaires pour un projet de cette nature», avait fait valoir la société d’État, lorsque des critiques avaient été formulées.

N’empêche, la section locale concernée du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, qui représente 1100 travailleurs dans les centres de distribution de la SAQ, fait valoir que ceux-ci font déjà la livraison d’alcool dans les restaurants et les succursales de la SAQ et qu’ils seraient donc capables de livrer aussi à domicile.

Des vignerons critiquent la SAQ pour avoir choisi Uber Eats comme service de livraison Par Lila Mouch | La Société des alcools du Québec (SAQ) a choisi Uber Eats pour mener un projet pilote de livraison. Une offre qui en fait sourciller plusieurs, alors que des alternatives québécoises pour la livraison auraient pu être priorisées.

«Nos membres, nos livreurs, sont habitués de faire de la livraison.avec le public, puisqu’ils vont dans des restaurants, dans des succursales. Puis, ils sont prêts à travailler, à faire de la livraison à domicile», a fait valoir en entrevue Danick Soucy, président du syndicat.

Il ajoute que l’argent des taxes et impôts resterait ainsi au Québec, en plus d’éponger les pertes d’emplois qui surviendront à cause de l’automatisation à la SAQ.

«C’est une façon, aussi, d’éponger des pertes d’emplois, avec des salaires décents, qu’on va subir avec l’automatisation qui s’en vient. Donc, ce serait un projet très intelligent à mettre sur pied», fait-il valoir.

M. Soucy souhaite donc que le ministre des Finances, Eric Girard, intervienne dans le dossier. «C’est pour ça qu’on interpelle le ministre Girard. On veut que le politique se positionne. Parce qu’on se rend compte que ça va en contradiction avec les positions politiques» d’achat ici, depuis le litige avec les États-Unis à cause de l’imposition de droits de douane à l’encontre du Canada.

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste