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Des vignerons critiquent la SAQ pour avoir choisi Uber Eats comme service de livraison

«C’est fâchant quand on voit que la SAQ choisit Uber, une compagnie américaine.»

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Des vignerons critiquent la SAQ pour avoir choisi Uber Eats comme service de livraison Par Lila Mouch | La Société des alcools du Québec (SAQ) a choisi Uber Eats pour mener un projet pilote de livraison. Une offre qui en fait sourciller plusieurs, alors que des alternatives québécoises pour la livraison auraient pu être priorisées.

La Société des alcools du Québec (SAQ) a choisi Uber Eats pour mener un projet pilote de livraison. Une offre qui en fait sourciller plusieurs, alors que des alternatives québécoises pour la livraison auraient pu être priorisées.

Plusieurs vignerons de la province estiment d’ailleurs qu’il s’agit d’une opportunité ratée pour la Société d’État d’encourager les entreprises du Québec.

«C’est fâchant quand on voit que la SAQ choisit Uber, une compagnie américaine. C’est une belle opportunité ratée parce que beaucoup d’entreprises québécoises pourraient exister à livrer toutes sortes de choses dont de l’alcool», souligne notamment Vincent Laniel vigneron au vignoble Très-Précieux-Sang.

Le hic, c’est que les vignerons du Québec peuvent livrer leurs produits à condition que ce soit réaliser par leurs employés, avec leurs propres véhicules. Ils n’ont toutefois pas le droit de faire affaire avec une compagnie de livraison.

«On n’ira pas chercher les Américains pour transporter nos vins. Mais au niveau de tous les vignerons québécois, on ne comprend pas. On ne comprend pas pourquoi il y a une sourde oreille à Québec», soutient Charles-Henri De Coussergues, vigneron et copropriétaire du Vignoble de l’Orpailleur.

Près de 150 produits seront livrés sur l’île de Montréal dans le cadre du projet pilote. Pour le moment, les détails concernant les produits choisis n’ont pas été dévoilés, mais la SAQ a confirmé à Noovo Info que ce seraient les produits les plus populaires, incluant des produits québécois.

Or, selon Sébastien Daoust, propriétaire du vignoble Les Bacchantes, même si la SAQ inclut des produits québécois, le projet pilote n’aidera pas à mettre de l’avant les vins du Québec.

«Même si, avec quelques produits du Québec, ce ne sera pas tous les produits du Québec qui vont être là. Et il ne faut pas oublier que beaucoup de produits du Québec ne sont tout simplement pas à la SAQ. Ça va probablement nuire, à un certain niveau, à la visibilité des vins du Québec», dit-il.

Un partenariat avec Uber Eats pour attirer les jeunes?

La SAQ pourrait avoir choisi de faire un partenariat avec Uber Eats pour tenter d’atteindre la génération Z, selon Jay Grandmont, consultant en marketing d’influence.

«L’image de marque est très forte d’Uber Eats. Donc de venir associer ça (la SAQ) à Uber Eats, c’est comme si on profite aussi de cette notoriété-là, de cette marque-là qui est très connue des jeunes. Il y a une décision marketing là-dedans qui a été prise», indique-t-il.

Pour M. Laniel, le partenariat de la SAQ avec Uber Eats semble avoir été pris dans un «mouvement de panique» pour rejoindre le maximum de jeunes, qui sont moins portés à consommer de l’alcool que les autres générations. Mais il souligne avoir de la misère à croire que c’est ce qui permettra à la Société d’État de rejoindre leurs objectifs.

«Je ne pense pas que c’est ça qui va faire consommer soudainement toute la génération Z», dit-il.

Le projet pilote arrive trois ans après que la LCBO, l’équivalent de la SAQ en Ontario, ait mis en place la livraison via Uber Eats pour le vin et la bière uniquement. La SAQ promet que leurs livreurs seront formés à l’éthique des ventes de la Société d’État et déploiera 92 zones SAQ avant cet été.

Voyez le reportage de Lila Mouch dans la vidéo.