La consommation d’alcool est moins populaire chez les jeunes de la génération Z. La SAQ a donc ajusté le tir dans sa stratégie publicitaire, notamment avec l’aide d’influenceurs et des médias sociaux.
Mais est-ce socialement acceptable d’encourager les jeunes à boire de l’alcool?
Pour Anne Elizabeth Lapointe, directrice générale de la Maison Jean-Lapointe, la société d’État devrait plutôt être ravie que les jeunes adultes aient ce rapport différent face à l’alcool.
«On le sait statistiquement que plus tu retardes le moment de ta première expérimentation avec une substance, moins de risque de devenir dépendant plus tard dans la vie», souligne-t-elle.
Elle explique que l’alcool a été légalisé il y a très longtemps et s’est popularisé avant que la société ne connaisse les dommages que l’alcool peut causer.
«Ce que la recherche nous dit, c’est plus on a une vision positive et moins on connait les enjeux ou les risques, plus on va avoir tendance à consommer souvent et en grande quantité», soutient Laurence Ruel, chargée de projet en substances psychoactives à l’Association pour la santé publique du Québec.
La SAQ coûte très cher à l’État
Légalement, la SAQ n’a aucune obligation de tenir compte de la santé publique, souligne Mme Ruel. La mission de la société d’État n’inclut que le commerce de l’alcool.
Et la SAQ relève du ministère des Finances, elle a donc une vocation 100 % commerciale.
«La SAQ rapporte environ 1,4 milliard $ et les coûts en santé et services sociaux reliés à l’alcool, c’est plus de 3,4 milliards $», explique Mme Ruel.
La SAQ a décliné notre demande d’entrevue, mais a confirmé par courriel qu’en tant que société d’État à vocation commerciale, elle souhaite demeurer en phase avec les nouvelles habitudes de consommation et a assuré que ses campagnes publicitaires sont rigoureusement encadrées par la Régie des alcools, des courses et des jeux, qui relève aussi du gouvernement provincial.
«Ça fait des années qu’on oublie que l’alcool est une substance psychoactive et maintenant on est rendus à se questionner collectivement de la place qu’on veut lui donner», mentionne Mme Ruel.
À voir aussi: Éduc’alcool veut accroître son indépendance sur la SAQ

