Jeffrey Ewert, un meurtrier condamné qui étudiait à l’Université McGill, n’y est plus inscrit, a confirmé l’établissement.
Dans une note adressée lundi aux étudiants, l’université McGill les a informés de cette décision, sans préciser s’il s’était retiré de son plein gré ou si l’université avait annulé son inscription.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
La note de service, envoyée par la vice-rectrice Angela Campbell, indique que l’université McGill entame également un examen indépendant du processus d’admission, en commençant par la Faculté de droit. Cet examen devrait s’échelonner sur plusieurs mois.
«L’objectif de cet examen est de s’assurer que les procédures existantes sont suffisamment rigoureuses, qu’elles définissent clairement les responsabilités et qu’elles reflètent nos valeurs, notre mission académique et notre devoir de diligence», a écrit Mme Campbell.
Dans une déclaration distincte adressée à CTV News, un porte-parole de l’université McGill a indiqué que les lois provinciales sur la protection de la vie privée empêchaient l’université de divulguer davantage de détails concernant le statut d’inscription de Jeffrey Ewert. Il a également précisé que la vérification des antécédents judiciaires ne faisait généralement pas partie du processus d’admission dans les universités canadiennes.
Sa présence sur le campus de McGill a déclenché un débat sur la sécurité à l’université et sur la question de la seconde chance. Certains étudiants ont défendu sa présence sur le campus, soulignant que la Commission des libérations conditionnelles du Canada avait jugé qu’il ne présentait aucun danger et avait autorisé sa libération conditionnelle de jour. D’autres étudiants ont toutefois estimé que l’université avait mis en danger les femmes présentes sur le campus, en particulier les étudiantes, et que McGill aurait dû faire preuve de plus de transparence concernant cette situation.
Ewert a commencé ses études à McGill en août, après que sa liberté conditionnelle de jour eut été prolongée en juin pour une durée supplémentaire de six mois. Il purge toujours une peine à perpétuité après avoir été reconnu coupable de meurtre au deuxième degré et de tentative de meurtre pour des agressions distinctes commises contre des femmes dans les années 1980 en Colombie-Britannique, alors qu’il était âgé d’une vingtaine d’années.
Dans le premier cas, il a rencontré une jeune femme dans un bar et lui a proposé de la raccompagner chez elle. Il l’a ensuite étranglée jusqu’à ce qu’elle perde connaissance, puis l’a agressée sexuellement. Elle est décédée des suites de cette agression.
Quelques semaines plus tard, il a commis une deuxième agression contre une jeune fille de 15 ans. Il l’a violemment battue et étranglée après qu’elle eut repoussé ses avances. Croyant qu’elle était morte des suites de l’agression, il l’a jetée dans un fossé; elle a été retrouvée le lendemain. Elle a subi de graves lésions cérébrales ; elle est désormais aveugle et tétraplégique.
Ewert, qui est aujourd’hui âgé d’une soixantaine d’années, a été replacé en détention le 25 octobre après qu’un mandat de suspension a été lancé, le Service correctionnel du Canada menant actuellement une «évaluation approfondie de la situation», avait déclaré à l’époque Kevin Antonucci, porte-parole du SCC.
«Le CSC peut suspendre la libération conditionnelle d’un délinquant lorsqu’il existe des motifs raisonnables de croire que celui-ci a enfreint une condition de sa libération ou que le risque qu’il représente ne peut plus être géré en toute sécurité au sein de la communauté.»
Quelques jours avant qu’il ne soit renvoyé en détention, des étudiants ont publié une lettre de 83 pages détaillant plusieurs allégations de comportements inappropriés sur le campus, notamment des accusations selon lesquelles Ewert aurait abordé de jeunes camarades de classe de sexe féminin sous l’emprise de l’alcool lors d’événements organisés pour les nouveaux étudiants et aurait fait en sorte que des étudiantes se sentent en insécurité.
L’avocate d’Ewert n’a pas répondu lundi à une demande de commentaires.
Elle a déclaré dans un communiqué publié le 23 octobre que les allégations contenues dans la lettre manquaient de contexte et que son client faisait l’objet d’une surveillance constante de la part des autorités compétentes, notamment en ce qui concerne l’utilisation de son téléphone portable, pendant sa période de liberté conditionnelle.
