Société

«On va devenir dépendant des États-Unis»: le milieu agricole inquiet pour la gestion de l’offre

«Si on fait des importations, on vient tout débalancer le système», déplore un agriculteur.

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Les impacts de nouveaux droits de douane sur la gestion de l’offre inquiètent l’industrie laitière C’était au tour de représentants de l’industrie agroalimentaire de rencontrer la première ministre Christine Fréchette. Au cœur des discussions, la gestion de l’offre, un soutien essentiel à la stabilité financière des producteurs agricoles.

La pression monte autant au gouvernement fédéral qu’au gouvernement du Québec pour faire face aux possibles tarifs douaniers de 50 % sur une multitude de produits canadiens à partir du 19 août.

Une deuxième cellule de crise s’est tenue vendredi à Montréal, où Christine Fréchette s’est réunie avec des représentants du secteur agroalimentaire, qui craignent des concessions concernant le secteur laitier.

«Il y a beaucoup qui est en jeu dans le cadre des négociations actuelles, c’est indéniable, soutient la première ministre. Pour nous, c’est incontournable de préserver la gestion de l’offre, on en a fait une ligne rouge à ne pas dépasser.»

Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois, a déploré la gestion du dossier par le premier ministre Mark Carney, qui décidera quel compromis le Québec devra faire concernant la nouvelle vague de tarifs douaniers.

Le milieu agricole, lui, se plaint d’avoir déjà fait des concessions en 2018 lorsque le nouvel accord de libre-échange liant le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) a été signé.

«Il y a eu une augmentation de croissance de 150 % au niveau de l’accès au marché. Alors ils (les États-Unis) sont déjà là, c’est déjà dans l’ACEUM. On ne peut pas, à chaque fois augmenter ces niveaux-là, parce qu’on se met à risque au niveau de notre système et au niveau des entreprises agricoles», déplore Martin Caron, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Rappelons que la gestion de l’offre, ce système canadien qui permet depuis 60 ans d’assurer un approvisionnement local stable à un prix encadré, est très importante pour tous les producteurs agricoles.

«On produit exactement ce dont les Canadiens ont besoin. Ça évite qu’on fasse de la surproduction et qu’on se nuise entre producteurs agricoles. L’idée en arrière de ça, c’est qu’on ne veut pas faire de l’exportation, mais, si on fait des importations, on vient tout débalancer le système», souligne Mathieu Charbonneau, de la ferme Lait Charbonneau.

Il affirme que de laisser une plus grande place aux produits américains aura des conséquences dévastatrices pour la production agricole d’ici.

«Un coup que c’est bien dévitalisé, que les producteurs agricoles ont tous crevé parce que le prix n’a pas été soutenu par la gestion de l’offre, on va être dépendant des Américains», affirme M. Charbonneau.

Le président de l’UPA rappelle d’ailleurs que l’autonomie et la sécurité alimentaire sont le sujet de l’heure dans plusieurs pays actuellement et souligne que la gestion de l’offre nous permet d’y répondre.

À voir dans la vidéo.