La controverse entourant la prise de parole du PDG d’Air Canada en anglais seulement après la tragédie qui a coûté la vie à deux pilotes, dont le Québécois Antoine Forest, à l’aéroport new-yorkais de LaGuardia ne s’estompe pas.
Et les excuses formulées par le chef d’entreprise ne changeront rien au fait que Michael Rousseau ne veut tout simplement «pas apprendre le français», estime la ministre de l’Emploi Pascale Déry, qui occupait le rôle de directrice des relations médias pour le compte du transporteur aérien.
«Bien franchement, la crise a pris d’importantes proportions avec raison. Tout le monde s’entend pour dire que c’est inacceptable», a indiqué l’élue dans les couloirs de l’Assemblée nationale jeudi. «Il y a cinq ans on a traversé cette même crise. Il avait des engagements et il avait promis d’apprendre le français et il ne l’a pas fait […] Apprendre le français, à mon avis, il ne le fera pas parce qu’il ne le veut pas», a lancé la députée de Repentigny.
«Encore une fois, je veux prendre le temps d’offrir mes sincères condoléances aux familles [...] Tout ça éclipse cette tragédie», a relaté la politicienne.
Un peu plus tôt jeudi, M. Rousseau a présenté des excuses après le tollé provoqué par son message de condoléances n’incluant que deux mots français, un «bonjour» au tout début et un «merci» à la fin.
Dans sa missive, le PDG - qui aurait accumulé 300 heures de cours en français- s’excuse d’être «incapable de s’exprimer adéquatement» et assure que les efforts pour apprendre la langue de Molière se «poursuivent.»
M. Rousseau dit être «profondément attristé» que son manque de maîtrise du français ait «dévié l’attention du profond deuil des familles et de la grande résilience des employés d’Air Canada».
Les regrets exprimés par le PDG n’ont pas ému les élus à l’Assemblée nationale. Jeudi, la tempête continuait alors que les élus n’ont cessé de dénoncer la nouvelle crise chez Air Canada.
«Les larmes de crocodile de Michael Rousseau n’émeuvent pas personne», a notamment justifié le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, qui a appelé les deux membres québécois du conseil d’administration d’Air Canada à prendre position.
À Ottawa, les Communes ont convoqué M. Rousseau à venir s’expliquer devant le comité des langues officielles. Il devra s’y présenter avant le 1er mai prochain.
Michael Rousseau n’est pas étranger au tumulte causé par son unilinguisme. En 2021, le PDG soutenait vivre depuis 14 ans à Montréal sans avoir appris le français.
«J’ai toujours pu vivre à Montréal sans parler français et je pense que c’est à l’honneur de la ville de Montréal», avait-il mentionné, causant par le fait même une levée de boucliers.
Rappelons que le siège social d’Air Canada se situe dans la métropole québécoise et que l’entreprise est assujettie à la Loi fédérale sur les langues officielles.
