La gouverneure générale Mary Simon, dont le mandat prendra fin le mois prochain, insiste sur le fait qu’elle a pris «au sérieux» l’apprentissage du français, malgré les critiques dont elle a fait l’objet au cours de son mandat.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
«Je veux simplement que les Canadiens sachent que j’ai pris [l’apprentissage du français] au sérieux», a soutenu Mme Simon lors d’une entrevue diffusée dimanche dans l’émission Question Period de CTV.
«Même si le français a été un sujet de controverse, je pense que j’ai fait le travail qu’on m’a confié», a ajouté la gouverneure générale sortante par la suite.
Nommée par l’ancien premier ministre Justin Trudeau en 2021 en tant que première gouverneure générale autochtone, Mme Simon est bilingue en anglais et en inuktitut. Mais depuis sa nomination, elle a fait face à des critiques persistantes de la part des Canadiens francophones concernant son manque de maîtrise du français, l’autre langue officielle du Canada.
Interrogée par l’animatrice Vassy Kapelos au sujet de ces critiques, Mme Simon a répondu que «chaque Canadien a le droit d’exprimer ce qu’il ressent».
Bien qu’elle ait indiqué que les cours suivis ces dernières années avaient considérablement amélioré sa capacité à comprendre et à lire le français, la «partie conversationnelle» reste un défi.
«La difficulté et le défi sont liés à mon âge. De plus, je pense que la courbe d’apprentissage change probablement à mesure que l’on vieillit», a indiqué Mme Simon.
«Je peux tenir de courtes conversations, mais je dois encore assembler les mots dans ma tête, ce qui n’est pas vraiment une conversation fluide.»
— Mary Simon, gouverneure générale sortante
Mais elle a également indiqué que, bien que les langues autochtones ne soient pas visées par la Loi sur les langues officielles, elle estime qu’elles «sont tout aussi importantes que l’anglais et le français».
«Je pense qu’il y a des langues partout au pays qui sont en voie de disparition, et pour moi, ce n’est pas quelque chose que nous devrions simplement ignorer. Je pense que nous devons faire davantage pour les langues autochtones», a souligné Mme Simon.
Lors de son premier discours en tant que gouverneure générale, en juillet 2021, elle a affirmé qu’on lui avait «refusé» la possibilité d’apprendre le français alors qu’elle fréquentait une école publique fédérale, mais elle a ajouté qu’elle était «profondément déterminée à poursuivre (ses) études en français».
Depuis Vincent Massey en 1952 — le premier gouverneur général nommé sur recommandation du premier ministre —, tous les gouverneurs généraux ont parlé à la fois l’anglais et le français, bien que certains aient été critiqués pour leur manque de maîtrise de la langue au début de leur mandat.
Un conseil pour sa successeure?
La semaine dernière, le premier ministre Mark Carney a nommé l’ancienne juge de la Cour suprême du Canada, Louise Arbour, au poste de prochaine gouverneure générale. Elle prendra ses fonctions le 8 juin.
Interrogée par Vassy Kapelos pour savoir si elle avait des conseils à donner à Mme Arbour, Mary Simon a évoqué la réconciliation et l’importance d’être aux côtés des Canadiens dans les moments difficiles.
«J’ai le sentiment, depuis quelques années, que mon héritage repose sur le travail que j’ai accompli en matière de réconciliation, mais aussi sur le fait d’avoir été une dirigeante qui s’est tenue aux côtés des Canadiens et qui a été présente lors des moments décisifs de difficulté», a déclaré Mme Simon à Mme Kapelos.
Quant à ses projets pour l’avenir, elle a indiqué qu’elle comptait se consacrer à l’écriture et travailler sur les questions de santé mentale, précisant que «plus d’informations seront disponibles d’ici peu».
«J’ai toujours été très passionnée par la santé mentale et la situation du Canada en ce qui concerne la façon dont nous prenons soin des personnes en situation de crise ou aux prises avec des problèmes de santé mentale», a exprimé Mme Simon.
Avant de devenir gouverneure générale, Mary Simon était diplomate et a occupé le poste d’ambassadrice du Canada au Danemark de 1999 à 2002, en plus d’être une dirigeante inuite.
Elle a également présidé pendant six ans la Conférence circumpolaire inuite, une organisation non gouvernementale multinationale représentant environ 180 000 Inuits au Canada, au Groenland et en Alaska.

