Le premier ministre fédéral, Mark Carney, s’est souvenu de la tragédie survenue il y a un an au festival Lapu Lapu, à Vancouver, qui a ébranlé un pays tout entier.
Dans une déclaration publiée dimanche, il a déclaré que la tragédie ayant coûté la vie à 11 personnes durant les célébrations de l’indépendance des Philippines était un «acte de violence insensé».
«[Elle] a laissé un vide immense dans le cœur des familles, des proches et des communautés philippines du Canada et du monde entier», a affirmé M. Carney.
Le premier ministre a voulu profiter de «ce jour solennel» pour commémorer les victimes de l’attaque au véhicule-bélier, qui ont fait preuve «de force, de solidarité et de compassion».
Son homologue de la Colombie-Britannique, David Eby, a souligné que l’attaque était «une indescriptible tragédie qui était sans précédent». Selon lui, celle-ci demeure tout aussi incompréhensible que le jour où elle est survenue.
Il a mentionné que «cet attentat gratuit et vicieux» a tué 11 personnes, en a blessé plusieurs dizaines autres et a traumatisé un plus grand nombre de gens jusqu’à la fin de leurs jours.
M. Eby a dit que cet anniversaire était le moment pour honorer et pleurer ces victimes tout «en démontrant une solidarité avec la communauté philippine et tous ceux dont la vie a été changée à jamais par cette tragédie».
«Cette tragédie ne devrait jamais paraître normale. Elle devrait toujours nous choquer et nous horrifier. Et il est impossible de faire la paix avec l’ampleur des dégâts», a-t-il ajouté.
Un an plus tard, Antonio Ortega, ancien membre du conseil d’administration de Filipino BC, constate que «le traumatisme est toujours présent» dans la communauté philippine de Vancouver.
«Je suis en plein processus de guérison, mais il faut reconnaître que la communauté n’est pas encore complètement guérie», a-t-il soutenu.
Les réflexions de M. Ortega surviennent alors qu’une vague de messages de deuil déferle sur les rues, tandis que les drapeaux sont en berne à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique et dans les hôtels de ville de la région métropolitaine de Vancouver.
Il estime que l’anniversaire de l’attaque est un moment privilégié pour la communauté afin de poursuivre son chemin vers la guérison, en trouvant du réconfort à l’église, en priant et en se rassemblant.
M. Ortega se dit touché par les marques de respect et de solidarité, les messages et la mise en berne des drapeaux en hommage aux victimes, et se sent privilégié de vivre à Vancouver et au Canada.
Il confie toutefois avoir des sentiments mitigés quant au déroulement de l’année écoulée, notamment en raison de la controverse entourant la gestion des dons destinés aux victimes de l’attaque.
Il explique avoir quitté son poste au sein du conseil d’administration de Filipino BC par souci de transparence et de responsabilité, et non pour diviser la communauté.
«Les victimes pleuraient et n’ont pas reçu l’aide à laquelle elles avaient droit», déplore-t-il.
Les dons recueillis après l’attaque par Centraide Colombie-Britannique, par exemple, ont servi à soutenir des organismes caritatifs communautaires et d’autres organisations plutôt qu’à verser l’argent directement aux victimes.
«Nous sommes conscients de la confusion et de la frustration que suscite la structure du fonds. Des situations comme la tragédie de Lapu Lapu sont complexes et nous ont incités à revoir la communication concernant les fonds d’urgence afin de clarifier les attentes», a indiqué Centraide Colombie-Britannique sur son site web.
L’organisme Filipino BC a déclaré dans un communiqué qu’étant un organisme de bienfaisance enregistré, il ne peut verser d’argent comptant sans restriction aux survivants. Il travaille plutôt «en étroite collaboration avec les familles pour couvrir les dépenses admissibles, soit directement, soit par l’intermédiaire de fournisseurs de services, conformément à la réglementation fiscale applicable aux organismes de bienfaisance».
M. Ortega considère qu’il est essentiel d’aller de l’avant, tout en continuant de se souvenir de cette tragédie «inoubliable».
— Avec la collaboration de Nono Shen pour La Presse canadienne
