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L’escadron des Snowbirds ne s’envolera plus jusqu’au début des années 2030

S’adressant aux journalistes mardi, David McGuinty n’a pas voulu s’engager sur une date précise pour le retour des Snowbirds dans les airs.

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L'escadron des Snowbirds lors du spectacle aérien de la Fleet Week à San Francisco, le 10 octobre 2025. Photo AP/Godofredo A. Vásquez L'escadron des Snowbirds lors du spectacle aérien de la Fleet Week à San Francisco, le 10 octobre 2025. (Godofredo A. Vásquez/The Associated Press)

Les Snowbirds entament leur dernier chapitre.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Après plus de cinq décennies dans les airs, le gouvernement fédéral annonce que la célèbre équipe de voltige aérienne des Forces canadiennes effectuera sa dernière saison avec les avions qui l’ont rendue célèbre.

Le ministre de la Défense, David McGuinty, a officiellement annoncé mardi à la Base des Forces canadiennes de Moose Jaw que le Canada allait retirer de la circulation et remplacer les jets CT-114 Tutor des Snowbirds, qui ont longtemps servi, marquant ainsi un tournant pour l’un des symboles les plus reconnaissables du pays.

Dans un communiqué, le ministère de la Défense nationale (MDN) indique qu’il prévoit remplacer la flotte de l’Aviation royale canadienne (ARC) par un nouvel avion, le CT-157 Siskin II, dans le cadre d’un effort de modernisation qui ne devrait pas être achevé avant le début des années 2030.

«Ainsi, le Canada pourra perpétuer sa solide tradition en matière de démonstration aérienne grâce à une flotte moderne qui permettra, ultimement, de reconstituer la formation distinctive de neuf avions de l’équipe», indique le communiqué.

Comme l’a rapporté CTV News pour la première fois au début du mois de mai, la saison des spectacles aériens de 2026 sera la dernière pour les Tutors après plus de 60 ans de service.

S’adressant aux journalistes à Moose Jaw, en Saskatchewan, mardi, M. McGuinty n’a pas voulu s’engager sur une date précise pour le retour des Snowbirds dans les airs.

«Nous avançons aussi vite que possible. C’est notre plan», a soutenu M. McGuinty, ajoutant que «des négociations sont en cours avec le constructeur».

M. McGuinty a également indiqué que de plus amples détails seraient communiqués prochainement sur le nombre de nouveaux avions CT-157 Siskin II qui seront achetés pour les Snowbirds.

Plus tôt ce mois-ci, lors d’une intervention à la Chambre des communes, M. McGuinty a laissé entendre que des préoccupations en matière de sécurité étaient à l’origine des changements prévus.

Interrogé directement sur le fait de savoir si la sécurité était la raison derrière la décision d’achat, le ministre n’a pas voulu répondre, mais a précisé que cela venait «sur recommandation de la Force aérienne». Il a également soutenu que la flotte actuelle «est bien placée pour servir pendant une autre saison».

En 2021, le gouvernement de l’ancien premier ministre Justin Trudeau s’était engagé à verser 30 millions de dollars pour prolonger leur durée de vie grâce à des mises à niveau destinées à les maintenir en service jusqu’en 2030.

La lieutenante-générale Jamie Speiser-Blanchet, commandant de l’Aviation royale canadienne, a indiqué aux journalistes que, bien que 11 des jets Tutor aient bénéficié de mises à niveau du poste de pilotage, des études de faisabilité ont révélé «des défis techniques en raison de l’âge des appareils».

«C’est pourquoi (la flotte actuelle des Snowbirds) sera retirée du service en 2027 plutôt qu’en 2030», a ajouté Mme Speiser-Blanchet.

Le premier ministre Mark Carney, quant à lui, a déclaré que son gouvernement avait hérité de cette décision.

«Comme de nombreux Canadiens, j’ai apprécié les démonstrations des Snowbirds au fil des ans — elles sont absolument extraordinaires et une source de fierté», a dit M. Carney lors d’une allocution devant les journalistes à Saint-Michel-des-Saints, au Québec.

«J’ai hérité d’une situation où les avions avaient littéralement atteint la fin de leur vie.»

—  Mark Carney, premier ministre du Canada

«Nous avons besoin de cette fierté nationale»

Mardi, M. McGuinty a insisté sur le fait que le plan consistait à garder les Snowbirds à Moose Jaw.

«Le plan est de continuer à appeler la flotte les Snowbirds, et le plan est… de garder la flotte ici à Moose Jaw, là où nous croyons qu’elle a sa place», a indiqué le ministre de la Défense.

Avant d’apprendre la décision du MDN, d’anciens pilotes des Snowbirds et des passionnés d’aviation de Moose Jaw espéraient le meilleur tout en se préparant à la fin d’une époque.

«Nous ne manquons pas de symboles nationaux ici au Canada, mais nous avons besoin de cette fierté nationale», a affirmé Roger Blager, président du Moose Jaw Flying Club. «Et je pense que les Snowbirds en sont probablement le symbole, et nous en sommes fiers à Moose Jaw.»

Pour des générations de Canadiens, ces avions à réaction rouges et blancs sont synonymes de ciels d’été et de fierté nationale. Depuis 1971, les Snowbirds émerveillent les foules avec leur formation emblématique de neuf avions — une image caractéristique de l’aviation canadienne.

Aujourd’hui, cette époque touche à sa fin et l’attention se porte désormais sur une tournée d’adieu — une dernière chance pour les Canadiens de voir les avions qui ont défini les Snowbirds pendant plus d’un demi-siècle. Une dernière représentation avec les jets Tutor est prévue en octobre à Sacramento, en Californie.

Au Hopkins Dining Parlour, un lieu de rassemblement populaire des Snowbirds à Moose Jaw, le personnel réfléchissait déjà à l’impact de l’équipe sur la communauté.

«Je connais beaucoup de gens qui vivent à Moose Jaw et dans les environs qui s’arrêtent dans ce qu’ils font pour regarder un survol», a exprimé Bonnie Johnson, une ancienne employée de Hopkins. «Ça donne la chair de poule à beaucoup de gens. J’ai vu des gens s’arrêter dans la rue pour applaudir.»

À Moose Jaw, on revendique sans complexe les Snowbirds, souvent appelés les «Moose Jaw Snowbirds».

«Ils sont le cœur et l’âme de Moose Jaw — ils sont très importants. Ce n’est pas seulement une question de fierté nationale. Nous sommes extrêmement fiers d’eux.»

—  Roger Blager, président du Moose Jaw Flying Club

Fraser Tolmie, député conservateur de la Saskatchewan et ancien maire de Moose Jaw, avait mis en garde contre cette suspension avant l’annonce de mardi et critiqué l’approche du gouvernement fédéral, affirmant qu’il existait des «alternatives», comme présenter un spectacle modifié.

«C’est une équipe emblématique. C’est maintenant plus que jamais que nous avons besoin de cette équipe. Elle fait partie de notre identité nationale, et ce n’est pas le moment de sacrifier quelque chose comme ça», a indiqué M. Tolmie.

Avec des informations de Stephanie Ha pour CTV News

Graham Richardson

Graham Richardson

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Ottawa Bureau Chief, CTV National News